Investir au Canada saura-t-elle cohabiter avec son écosystème?

Publié le 13/03/2018 à 15:55

Investir au Canada saura-t-elle cohabiter avec son écosystème?

Publié le 13/03/2018 à 15:55

Par François Normand

Source: 123rf

ANALYSE – Chasser en meute est efficace, du moins si les chasseurs ne se battent pas ensuite entre eux pour manger leur proie. Une métaphore qui illustre bien le défi auquel seront confrontées les agences de démarchage d’investissements étrangers au Québec avec la création d’Investir au Canada.


Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a donné ce mardi à Montréal plus de détails sur la mise sur pied officielle de la nouvelle agence fédérale pour attirer des investisseurs internationaux au Canada.


La création d’Investir au Canada survient alors que les stocks des investissements directs étrangers (IDE) au pays progressent bien, mais que ceux du Canada à l’étranger ont tendance à ralentir, selon Statistique Canada.



Ottawa injecte 218 millions sur 5 ans pour créer ce nouvel organisme qui relève d’Affaires mondiales Canada. Cette somme servira aussi à embaucher 25 délégués commerciaux afin d’améliorer le Service des délégués commerciaux du Canada.


L’enjeu de la cohabitation est de taille, alors qu’au Québec seulement, trois agences d’attraction des investissements directs étrangers (IDE), Montréal International, Québec International et Investissement Québec, parcourent le monde afin de convaincre des multinationales de s’établir ici.


Que se passera-t-il par exemple si Investir au Canada et Montréal International approchent la même entreprise étrangère afin d’investir dans l’intelligence artificielle au Canada?


Bien entendu, l’agence montréalaise mettra tout son poids dans la balance pour attirer cet investissement dans la métropole qui a fait de l’IA l’un de ses nouveaux pôles de développement économique.


Investir au Canada proposera-t-elle aussi à cette entreprise d’investir à Montréal ou lui suggérera-t-elle de regarder d’autres endroits au pays où l’écosystème (l’expertise, la main-d’œuvre, la réglementation, etc.) serait peut-être plus favorable à cet investissement?


Sans nier ce risque, le PDG de Montréal International, Hubert Bolduc, estime que les deux agences sauront certainement collaborer dans le meilleur intérêt du Canada, de Montréal et des investisseurs.


Selon lui, il y a un avantage à travailler avec une agence fédérale, car des agences de pays peuvent souvent ouvrir plus facilement des portes que des agences municipales comme Montréal International.


Du côté d’Investissement Québec, on ne s’inquiète pas non plus outre mesure de la création d’Investir au Canada, car l’agence québécoise collabore déjà avec Ottawa depuis des années sur différents dossiers d’attraction d’IDE.


Paul Buron, premier vice-président, gestion des mandats et des programmes gouvernementaux de la société d’État, n’entrevoit pas de problème à l’horizon si la nouvelle agence comprend bien son rôle.


Par exemple, dans le cas d’Investissement Québec, sa mission première est d’attirer des investissements au Québec. Elle ne fait pas d’arbitrage pour inciter une entreprise à choisir une ville ou une autre, en l’occurrence Montréal ou Québec.


C’est à Montréal International et Québec International de séduire un investisseur potentiel qui, ultimement, choisira l’implantation qui lui conviendra le mieux à long terme.


Une équipe expérimentée


Investir au Canada pourra compter sur une direction expérimentée.


Ian McKay dirige l’agence fédérale. Il a notamment oeuvré dans les marchés financiers internationaux, en plus d’avoir été conseiller politique auprès de ministres fédéraux. Il a aussi fait du démarchage au sein de la Vancouver Economic Commission.


L’homme d’affaires et philanthrope Mitch Garber est le président du conseil d’administration. Il a cumulé de l’expérience à l’international, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Israël et en Allemagne.


Les États-Unis sont de loin le principal pays investisseur au Canada. De 2012 à 2016, les IDE américains ont augmenté de 27% pour se chiffrer à 392,1 G$.


Sans surprise, le marché américain est aussi la principale destination des investissements du Canada à l’étranger. Sur la même période, ils ont bondi de 72% pour s’établir à 474,4 G$, soit largement supérieur à ceux des Américains au pays.



 


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