Entrevue CAQ: les régions et une offre pour l'Ontario

Publié le 11/09/2018 à 09:00

Entrevue CAQ: les régions et une offre pour l'Ontario

Publié le 11/09/2018 à 09:00

Par François Normand

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault (Photo: courtoisie)

CONSULTER LE CADRE FINANCIER DE LA CAQ


Si elle prenait le pouvoir, la Coalition avenir Québec (CAQ) s’appuierait sur Investissement Québec, le bras financier du gouvernement, pour dynamiser les régions en stimulant les investissements et les exportations.


En entretien à Les Affaires, le chef de la CAQ, François Legault, explique qu’il modifierait en profondeur la mission de la société d’État pour accroître sa portée dans toutes les régions du Québec.


«On veut complètement revoir le rôle d’Investissement Québec. On veut un Investissement Québec plus fort dans chaque région, avec plus d’autonomie, plus de moyens et aussi un mandat de démarchage d’investissements dans chaque région», explique le leader caquiste.


«Ce qu’on veut, ajoute-t-il, c’est qu’elle devienne une institution de haut niveau comme la Caisse de dépôt et placement du Québec.»


Selon lui, le nerf de la guerre est d’augmenter l’investissement privé non résidentiel aux quatre coins du Québec, tout en aidant en particulier les entreprises qui créent des emplois bien payés.


«Le défi au Québec, ce n’est évidemment pas le taux de chômage, le nombre d’emplois; c’est l’écart de salaire qu’il faut combler avec l’Ontario et le reste de l’Amérique du Nord», insiste François Legault, en précisant que cet écart avoisine les 11-12% depuis une quinzaine d’années.


Créer des emplois à 25$ de l’heure


Par l’entremise d’Investissement Québec, la CAQ souhaite créer des emplois payés plus de 25$ de l’heure dans le manufacturier 4.0 (des entreprises qui utilisent, connectent et intègrent les nouvelles technologies), l’intelligence artificielle et les technologies de l’information, des secteurs où la société d’État est déjà active.


Un gouvernement de la CAQ ferait aussi en sorte qu’Investissement Québec devienne un guichet unique pour tous les entrepreneurs du Québec, qui ont des projets d’une certaine taille (moyen et grand).


Ainsi, un entrepreneur contacterait d’abord l'organisme. Par la suite, celui-ci ferait le lien avec les autres ministères, incluant celui de l’Environnement, explique François Legault.


«On veut réduire la bureaucratie, réduire la difficulté qu’ont souvent les entrepreneurs qui doivent s’adresser à 5-6 ministères ou organismes», dit-il. Selon lui, il y a souvent des délais déraisonnables, notamment dans le secteur minier.


Entrepreneuriat et accompagnement


La CAQ veut aussi stimuler l’entrepreneuriat en régions.


Pour y arriver, elle financerait quatre écoles supplémentaires offrant des formations pour devenir entrepreneurs. Les caquistes créeraient aussi un programme de bourses à l’École d’entrepreneurship de Beauce, à Saint-Georges.


Comme la formation politique ne touche pas à la fiscalité des entreprises, elle miserait davantage sur l’accompagnement, à commencer par les exportateurs.


Ainsi, un gouvernement caquiste demanderait aux réseaux des délégations du Québec à l’étranger de documenter davantage les occasions d’affaires pour les exportateurs québécois en Asie et en Europe, et ce, afin de diversifier les marchés extérieurs.



Pour consulter le document complet, suivez le lien.


Des millions dans les poches des Québécois


Contrairement aux entreprises, l’ensemble des Québécois auraient plus d’argent dans leurs poches si la CAQ prenait le pouvoir :


-700 millions de dollars en réduction de taxe scolaire


-763 M$ en allocations familiales


-249 M$ pour la prématernelle à 4 ans


-245 M$ pour les « Maisons des aînés »


-200 M$ pour le service de maintien à domicile


La CAQ financerait ces mesures en se basant sur un scénario de croissance du PIB réel de 1,3% en 2018 et 2019, puis de 1,8% en 2021 et 2022 – un scénario plus optimiste que le cadre de référence du gouvernement actuel qui prévoit 1,3% par année.


Un gouvernement Legault présenterait aussi un budget équilibré. En revanche, la dette augmenterait en raison des immobilisations, «mais elle diminuerait par rapport au PIB», assure le chef caquiste.


Au 31 mars 2018, la dette brute représentait 49,6% du PIB québécois, selon le ministère des Finances du Québec. François Legault n’a toutefois pas précisé la cible pour la fin d’un premier mandat de la CAQ.


Zones d’innovation à «l’allemande»


Pour stimuler l’investissement privé au Québec, les caquistes créeraient aussi des zones d’innovation situées près des facultés de génie et des sciences de la vie, en l’occurrence à Québec, à Sherbrooke et à Montréal.


La CAQ en créerait aussi près de cégeps dans les régions où il n’y a pas d’université.


Investissement Québec serait appelée à aider les entreprises exportatrices (ou qui songent à le devenir) à faire breveter leurs innovations à l’étranger. Et la Bavière, l’une des régions de l’Allemagne, est une source d’inspiration pour François Legault.


«Le gouvernement de la Bavière paie les frais des entreprises bavaroises qui font breveter leurs innovations à l’étranger.»


Le chef caquiste souhaite aussi s’inspirer de la culture allemande pour commercialiser davantage d’innovations. Bref, amener davantage de bonnes idées des laboratoires aux planchers des usines.


En Allemagne, des universitaires travaillent souvent quelques années dans le secteur privé pour revenir ensuite à l’enseignement. Et vice-versa : des ingénieurs dans les entreprises séjournent dans les universités pour y faire de la recherche.


«C’est exactement ce qu’on veut faire pour les zones d’innovation, c’est le modèle allemand», soutient François Legault


Stratégie continentale pour le climat


Pour lutter contre les changements climatiques, la CAQ n’a pas vraiment une stratégie québécoise, mais plutôt une stratégie continentale : elle augmenterait substantiellement les exportations d’hydroélectricité dans le Nord-Est des États-Unis.


Cette stratégie permettrait de déplacer des énergies fossiles dans la production d’électricité -ce que fait déjà Hydro-Québec. «Ce serait la plus grande contribution du Québec dans le monde pour sauver la planète», dit le chef caquiste.


Pour accroître les exportations d’électricité, la CAQ miserait sur l’efficacité énergétique ainsi que sur la construction de nouveaux barrages et de parcs éoliens, et ce, même si la société d’État affirme actuellement avoir des surplus d’énergie.


Ces surplus pourraient servir davantage à stimuler l’investissement au Québec (alumineries, cryptomonnaies, etc.), mais à la condition qu'ils rapportent. «Si on investit un dollar, il faut que cela rapporte plus qu’un dollar», insiste François Legault.


Le chef caquiste a aussi dans le collimateur le marché de l’Ontario, alors que la province projette d’investir quelque 20 milliards de dollars pour rénover des centrales nucléaires. Une occasion en or pour le Québec, selon lui.


«Il n’y a pas de raison que la province mette 20 G$ dans le nucléaire, alors que nous avons de l’hydroélectricité, une énergie propre et beaucoup moins chère», dit-il.


Mais dans le même temps, François Legault est conscient qu’il y a des sensibilités politiques à respecter, à commencer par un sentiment d’indépendance énergétique.


Ainsi, s’il devient premier ministre le 1er octobre, la CAQ proposerait à l’Ontario de créer une nouvelle société d’État énergétique, où Hydro-Québec serait l’un des principaux actionnaires.


Cette stratégie permettrait de partager avec l’Ontario les bénéfices de la vente d’hydroélectricité dans cette province, tout en accordant à Hydro-Québec une nouvelle source de capital pour investir dans de grands projets énergétiques.


 


Lundi: Manon Massé, de Québec solidaire


Philippe Couillard, du Parti libéral du Québec


Jean-François Lisée, du Parti québécois.


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