Une avalanche de mesures destinées aux régions

Publié le 28/03/2017 à 16:29

Une avalanche de mesures destinées aux régions

Publié le 28/03/2017 à 16:29

Par René Vézina

[Photo: 123rf]

Plusieurs mesures du budget Leitao sont destinées aux régions du Québec, même si la notion de développement régional demeure élastique, à preuve des mesures qui touchent spécifiquement Québec et Montréal.


En tout, le gouvernement réserve 1,2 milliard (G) $ pour un panier de mesures associées d’une façon ou d’une autre au développement régional. Certaines touchent les municipalités elles-mêmes, d’autres viennent renforcer des créneaux et des initiatives stratégiques.


Une première enveloppe globale de 522 millions (M) de dollars cherche directement à soutenir les régions. À elles seules, Québec et Montréal en récoltent 212 M $, soit 40 %, pour la mise en œuvre de leur statut respectif de capitale nationale et de métropole. Québec reçoit 62 M $ et Montréal 150 $ pour assumer leur rôle et soutenir leur économie.


En parallèle, on attribue 310 M $ sur cinq ans à la création d’un Fonds d’appui au développement régional (FARR), à commencer par 30 M $ cette année. Chaque région devra mette sur pied un comité de sélection qui identifiera les projets les plus porteurs.


Par la suite, Québec réserve des montants destinés à des secteurs particulièrement stratégiques en région.


En premier lieu, on attribue 159,2 M $ additionnels à l’industrie agroalimentaire. L’essentiel va à l’investissement dans le secteur agricole, mais certaines mesures vont quand même attirer l’attention malgré les moyens modestes qui leur sont alloués, comme un nouveau programme de rabais d’électricité pour favoriser le développement des serres, avec 13,5 M $ sur quatre ans. On veut aussi, par exemple, accélérer le développement du secteur des boissons alcooliques, tout en permettant finalement aux distillateurs locaux de vendre leurs produits sur les lieux de fabrication, une demande maintes fois répétée.


Par ailleurs, Québec injecte 125 M $ de plus dans l’industrie touristique, sur cinq ans. Parmi les interventions envisagées, on bonifie de 35 M $ l’aide aux festivals et événements, la SEPAQ obtient 100 M $ pour investir dans ses équipements, et un nouveau plan de développement de la pêche au saumon et de la pêche sportive recevra 15 M $ pour régénérer ces activités souvent déterminantes hors des grands centres.


Un montant de 231 M $, lui aussi quinquennal, va à la protection de l’environnement, de la faune et des ressources renouvelables. Par exemple, on instaure un crédit d’impôt remboursable pour la mise aux normes des installations sanitaires résidentielles et des fosses septiques, mesure que réclame depuis longtemps la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Dans les régions rurales, la mesure sera bien accueillie.


On veut aussi favoriser la production des biocarburants, en plein essor au Québec, étendre le réseau de distribution du gaz naturel dans la grande région de Québec (mais pas en ville), en même temps qu’on réserve des fonds pour améliorer les connaissances des eaux souterraines, pour mieux gérer les populations de caribous et autres sujets qui reviennent régulièrement dans l’actualité.


La Stratégie maritime y trouve également son compte avec un budget additionnel de 54 M $ (quinquennal), y compris une enveloppe de 18 M $ pour appuyer l’économie des Iles-de-la-Madeleine, dont les citoyens auront dorénavant droit au plein montant de la déduction fiscale pour les habitants des régions éloignées, autrefois réservées aux résidents des zones nordiques. En moyenne, cet allègement passera de 450 $ à 900 $ par année.


Le Plan Nord n’est pas oublié, au moment où le prix des ressources semble sortir de son long engourdissement. On lui alloue un supplément de 45 M $, qui devrait entre autres permettre l’amélioration du réseau de communications de la Basse Côte-Nord et la réalisation d’un projet-pilote de serre commerciale au Nunavik.


Et dans l’avalanche des autres interventions qui peuvent avoir un impact certain en région, mentionnons la prolongation du congé fiscal pour les grands projets d’investissement, qui devait se terminer cette année. La période d’admissibilité est maintenant reportée à 2020. L’impôt à payer pourrait alors être réduit d’autant sur une période de 15 ans. On évalue à 8 G $ les investissements supplémentaires que la mesure pourrait générer, permettant la création de 4 700 emplois par année durant la construction, puis 12 000 emplois directs et indirects et 2,4 G $ en retombées fiscales.


À lire:
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