Transport collectif: Ottawa doit se réveiller

Publié le 22/10/2011 à 10:15, mis à jour le 22/10/2011 à 12:13

Transport collectif: Ottawa doit se réveiller

Publié le 22/10/2011 à 10:15, mis à jour le 22/10/2011 à 12:13

Par Valérie Lesage

Le président du Réseau de transport de la capitale (RTC) s’insurge devant la nature endormie du Canada face au développement des transports collectifs. Raymond Dion a lancé un cri du coeur hier à l’occasion du colloque de l’Association des transports collectifs du Québec (ATUQ) à Lévis.


«C’est incroyable! Le Canada est le seul pays de l’OCDE à ne pas avoir une politique nationale des infrastructures de transport. Il faut que le gouvernement fédéral s’investisse!» a dit M. Dion, ajoutant que le ministère des Transports du Québec devrait aussi faire beaucoup mieux, à la fois pour financer le développement et pour agir de manière concertée avec les autres acteurs.


Le RTC déposera sous peu son plan de mobilité durable, avec l’objectif de doubler le nombre de déplacements à bord de ses véhicules d’ici 2030 (afin que 20% des déplacements totaux se fassent avec le RTC). Pour atteindre cette cible ambitieuse, il faut financer très rapidement le développement du réseau. En province, les besoins en transports collectifs sont évalués à 30 milliards $.


«Ce n’est pas pour dans cinq ans ou dix ans, c’est demain qu’il faut l’argent! a-t-il plaidé, espérant le «réveil» du gouvernement fédéral.


 


LIRE Qui paiera pour le transport en commun?


 


Les gens d’affaires doivent s’impliquer


M. Dion a également réclamé une «grosse réflexion» de la part de la communauté d’affaires, qui devra aussi faire sa part pour la mobilité durable et participer avec les sociétés de transport et les gouvernements à une «grande séduction». L’influence des gens d’affaires est selon lui une clé essentielle à la prise de conscience collective de la nécessité d’investir massivement pour développer et utiliser les transports collectifs. Sans transports efficaces, les entreprises sont condamnées à des pertes de productivité, souligne-t-il.


Exemple de ce que peuvent faire les décideurs économiques : contribuer à l’achat de laissez-passer mensuels pour le transport collectif de leurs employés, ce que font plus de 80 organisations privées et publiques à Québec.


«Les employeurs ont de la difficulté à recruter et s’ils veulent avoir les meilleurs éléments pour travailler chez eux, ils doivent offrir les meilleures conditions d’accessibilité, donc de mobilité», a noté Raymond Dion.


Sans dire que c’était nécessairement la solution pour le Québec, il a aussi donné l’exemple de Lyon, en France, où une partie des taxes recueillies auprès des générateurs d’emplois sert à financer les transports en commun.


Récemment, la Chambre de commerce de Montréal a financé une étude sur le transport collectif, a aussi fait remarqué M. Dion, invitant les gens d’affaires de Québec à s’investir eux aussi.


«N’attendons pas d’être acculés au pied du mur et d’être dans une situation catastrophique comme à Montréal. Il faut agir en concertation si on veut une meilleure organisation des transports», a-t-il ajouté.


La congestion routière est en constante augmentation à Québec, où 75% des déplacements se font par des automobilistes en solo.


 

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