St-Hubert s'est fait voler son logo en Chine

Publié le 23/11/2015 à 15:29, mis à jour le 25/11/2015 à 12:26

St-Hubert s'est fait voler son logo en Chine

Publié le 23/11/2015 à 15:29, mis à jour le 25/11/2015 à 12:26

Par François Normand

Source de la Photo: Les Rôtisseries Saint-Hubert

Nul besoin de vendre des produits en Chine pour se faire voler son image de marque dans ce pays, le Groupe St-Hubert peut en témoigner. Une société chinoise utilise son logo pour vendre des biscuits de type «Whippet» en Chine, a appris Les Affaires.


Dans un entretien téléphonique, la porte-parole de St-Hubert, Josée Vaillancourt, a confirmé qu'une entreprise chinoise - son nom n'a pas été divulgué - utilisait le logo de la chaîne de restauration québécoise en Chine.


Le logo de l'entreprise chinoise –que nous avons vu sur une photo– est une copie conforme du poulet de St-Hubert, sauf qu'il est entièrement en noir et blanc, à l'exception de la crinière qui est rouge. Le nom St-Hubert apparaît aussi dans le logo. Les produits sont notamment vendus dans des magasins à Pékin.



Et sur la boîte, nous pouvons lire en anglais: «Premium Chocolat, Marshmallow Biscuits».



«Nous avons écrit à l'entreprise en question pour lui demander d'arrêter cette pratique», dit Josée Vaillancourt, en précisant que St-Hubert avait contacté cette société il y a quelques semaines. Or, à ce jour, elle n'a pas répondu à St-Hubert.


«Nous avons bâti notre marque sur notre notoriété. Nous ne voulons pas que des gens l'utilisent», insiste-t-elle.


Ce cas de violation de propriété intellectuelle est particulier, car St-Hubert ne vend aucun produit en Chine. C'est d'ailleurs pourquoi la marque «St-Hubert» n'est pas enregistrée dans ce pays.


Pourquoi donc copier son logo pour vendre des biscuits?


Selon la source de l'industrie en Chine qui a mis Les Affaires au fait de cette histoire, il peut tout simplement s'agir d'un entrepreneur chinois qui est venu au Québec, et qui a trouvé attrayant le logo de St-Hubert.


Quel est l'impact sur l'entreprise québécoise?


Comme la chaîne de restauration ne réalise aucune vente en Chine, cette situation n'aura pas d'impact négatif sur son chiffre d'affaires.


En fait, le seul risque auquel pourrait potentiellement s'exposer St-Hubert en est un de réputation.


Si des consommateurs en Chine tombaient malades après avoir mangé des biscuits et que l'information circulait sur les réseaux sociaux, des consommateurs québécois pourraient à tort associer St-Hubert à cet événement.


Pascal Lauzon, associé et avocat spécialisé en propriété intellectuelle chez BCF à Montréal, rappelle que les entreprises qui exportent ou qui font fabriquer des produits en Chine doivent toujours enregistrer leur marque dans ce pays.


L'enjeu est de taille puisque la Chine est devenue le deuxième marché d'exportation du Québec, sans parler des entreprises québécoises qui sont établies en Chine pour y vendre directement leurs produits.


En 2014, les exportations de marchandises du Québec en Chine ont totalité 2,8 milliards de dollars canadiens.


La Chine n'est pas le seul pays en cause.


En mai 2013, une étude publiée aux États-Unis affirmait que la violation de la propriété intellectuelle d'entreprises américaines par des groupes étrangers coûtait 300 G$US par année à l'économie américaine.


Un coût qui correspond au montant de l'ensemble des exportations annuelles des États-Unis en Asie, selon cette étude menée une commission coprésidée par un ancien ambassadeur des États-Unis en Chine.


Et selon cette commission, la Chine serait responsable de 50 % à 80 % de ces violations de propriété intellectuelle.


 


 


 


 


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