Reprise aux États-Unis? Oui, mais…

Publié le 16/01/2014 à 18:49

Reprise aux États-Unis? Oui, mais…

Publié le 16/01/2014 à 18:49

Par Valérie Lesage

L’optimisme est élevé à l’égard de la reprise économique aux États-Unis, capable de stimuler les exportations canadiennes, et donc la croissance au Québec comme au Canada. Mais il vaut mieux néanmoins éviter les lunettes roses, a prévenu jeudi l’analyste géopolitique Pierre Fournier de la Banque Nationale à l’occasion d’une journée de conférences sur les perspectives économiques 2014, organisée dans la capitale par le Cercle finance du Québec et l’Association des économistes québécois.


«La conjoncture favorisera une croissance plus forte en 2014, mais on est plus sceptiques face à l’idée d’une reprise durable avec une croissance de 3% à 4% à plus long terme», a fait valoir l’expert.


Si la révolution énergétique du gaz de schiste favorise une baisse des coûts de production qui accroît la compétitivité des États-Unis, tout en augmentant son autonomie, plusieurs indices économiques, politiques et socio-démographiques ont des impacts négatifs sur l’économie américaine, a relevé M. Fournier.


La concurrence mondiale est sans précédent et elle ne va pas reculer. Les profits élevés des entreprises américaines – à leur plus haut niveau depuis 1952 - sont un peu artificiels dans la mesure où les investissements sont au plus bas.


«Les actionnaires demandent ça (ces profits), mais pour que la reprise soit durable, il faut recommencer à investir de manière importante et créer des emplois payants», souligne Pierre Fournier.


Le taux de chômage a reculé de quelques points aux États-Unis depuis 2007, mais le taux d’emploi aussi. Et ce sont surtout des emplois à temps partiel qui se créent ou des emplois dans les secteurs d’activité où les salaires sont les moins élevés. Une tendance qui se poursuivra pendant les dix prochaines années, estime l’analyste.


«La jeune génération est plus susceptible d’être au chômage, de gagner un salaire plus bas ou d’occuper un emploi temporaire que la génération précédente. Cela pose des questions légitimes sur la capacité des consommateurs américains de rebondir.»


Il faut ajouter au tableau la stagnation des revenus, sauf pour le 10% de la population qui gagne les salaires les plus élevés.


Pierre Fournier considère par ailleurs que les effets du vieillissement de la population sur les dépenses des consommateurs sont sous-estimés. Les études démontrent que le sommet des dépenses de consommation des individus se situe en moyenne à 47 ans. Or, la génération des babyboomers a franchi ce cap.


«Cela a eu des effets dramatiques au Japon quand c’est arrivé. Il y a des effets en Europe aussi. Aux États-Unis, l’immigration aide, mais il y a aussi des impacts», note l’analyste de la Banque Nationale.


Il se réjouit de voir le déficit américain à la baisse, mais s’inquiète de constater les faibles investissements publics en éducation et formation. Le prix à payer pour poursuivre des études devient dissuasif.


Aussi invité à présenter ses observations devant le Cercle finance du Québec et l’ASDEQ, l’économiste et stratège en chef Stéfane Marion de la Banque Nationale s’est concentré sur le Québec. La province a moins souffert de la récession de 2008 que le reste du Canada, ce qui explique partiellement que la croissance économique y soit moins vigoureuse aujourd’hui. Toutefois, M. Marion estime que le Québec est à la traîne. Un des facteurs préoccupants selon lui est que 80% des emplois crées depuis 2007 l’ont été dans la construction et le secteur public. Il y a stagnation de la création d’emplois dans les PME, alors que la structure de l’économie québécoise repose sur les entreprises de 100 employés et moins.


«Une économie en croissance naturelle crée des entreprises. Mais le Québec est à la traîne», a observé M. Marion, ajoutant que le fardeau fiscal des PME québécoises est deux fois plus élevé qu’en Ontario.


«La fiscalité québécoise n’est avantageuse que pour les grandes entreprises», souligne-t-il.


Le fardeau fiscal est aussi dissuasif pour les consommateurs, a ajouté Hélène Bégin du Mouvement Desjardins. Les hausses de la TVQ nuisent à la relance des dépenses de consommation, observe-t-elle, ajoutant que c’est le plus grand facteur d’inquiétude qui pèse sur l’économie québécoise.


Elle prévoit que la croissance du PIB atteindra 1,8% en 2014 et ce sera grâce à la hausse des exportations, principalement vers les États-Unis.


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