Québec opterait pour la séquestration du CO2

Publié le 30/07/2008 à 09:56

Québec opterait pour la séquestration du CO2

Publié le 30/07/2008 à 09:56

Par lesaffaires.com
Le gouvernement du Québec aurait l'intention de financer la création d'une chaire d'étude sur la séquestration géologique du dioxyde de carbone (CO2), dont le mandat serait donné à l'INRS. Selon Radio-Canada, le ministère de l'Environnement devrait, d'ici peu de temps, accorder une subvention de cinq millions de dollars pour une période de cinq ans (2008-2013) à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) pour financer les travaux de cette chaire. La subvention proviendrait du Fonds vert, qui vise à soutenir des mesures ou des projets favorisant le développement durable. La séquestration du carbone consiste, grosso modo, à ensevelir profondément sous terre une quantité importante de CO2, de manière à éviter que ce gaz à effet de serre se retrouve dans l'atmosphère et contribue au réchauffement climatique. Cette perspective est toutefois loin de faire l'unanimité. Plusieurs groupes environnementalistes, dont la Fondation David Suzuki, sont d'avis que Québec devrait plutôt respecter son discours officiel et chercher à réduire les émissions à la source, rapportent ce matin Radio-Canada et la Presse canadienne. «L'avantage du Québec est vraiment dans les énergies renouvelables. Il n'y a pas beaucoup d'opportunités dans la séquestration du carbone. Cela semble être un détournement de l'approche du gouvernement du Québec», soutient Dale Marshall, de la Fondation David Suzuki. Il préférerait que les fonds alloués pour financer la future chaire soient utilisés autrement. Même son de cloche du côté de l'Action démocratique. Son porte-parole Simon-Pierre Diamond a souligné, en entrevue à Radio-Canada, qu'il n'y a pas de garantie sur l'efficacité de la séquestration du carbone. Il croit également que le Québec doit miser sur des changements aux modes de production. Rejoint au téléphone ce matin, le professeur Normand Mousseau du département de physique de l'Université de Montréal est d'avis que la séquestration du CO2 ne représente pas la solution la plus importante pour réduire les gaz à effet de serre. «Le Québec n'est pas un grand producteur de dioxyde de carbone. Où allons-nous prendre le CO2 pour le séquestrer?, lance-t-il à la blague. Devrons-nous attacher une petite poche derrière chaque automobile?» Normand Mousseau demeure donc pour le moins sceptique face à cette proposition du gouvernement québécois. Il est l'auteur du livre intitulé «Au bout du pétrole», qui vient de paraître aux éditions MultiMondes. Rappelons que l'Alberta et la Saskatchewan sont deux provinces qui misent déjà sur la captation et la séquestration du carbone.

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