Québec doit aider les PME à réduire leurs coûts de production

Publié le 29/10/2018 à 16:30

Québec doit aider les PME à réduire leurs coûts de production

Publié le 29/10/2018 à 16:30

Par François Normand

Le premier ministre du Québec François Legault (Photo: courtoisie)

Les attentes du monde des affaires sont élevées : le nouveau gouvernement caquiste de François Legault devra donc livrer rapidement la marchandise, à commercer par aider les PME à réduire leurs coûts de production, affirme la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).


En entretien à Les Affaires, Martine Hébert, vice-présidente principale à la FCEI, explique que les dirigeants de petites et moyennes entreprises ont trois priorités : réduire l’impact de la pénurie de main-d’œuvre, avoir une fiscalité plus avantageuse et alléger la bureaucratie.


La première priorité est devenue un enjeu de société, tant par l’ampleur du phénomène que par la complexité des stratégies à déployer pour atténuer l’impact du manque de personnel.


Certes, Québec peut aider les PME en accélérant et en facilitant par exemple l’embauche de travailleurs étrangers. Mais les solutions (productivité, salaire, formation, etc.) proviendront essentiellement des entreprises.


C’est pourquoi une fiscalité plus compétitive et une bureaucratie beaucoup moins lourde sont le nerf de la guerre aux yeux de la FCEI.


«Aux États-Unis, il y a une vaste réforme fiscale en cours. Il va falloir en tenir compte», insiste Martine Hébert, en précisant qu’il en va de la compétitivité fiscale des entreprises québécoises.


Par exemple, chez nos voisins américains, le taux d’imposition fédéral sur le bénéfice des sociétés passera de 35 à 21%. Ce taux ne tient toutefois pas compte du taux d’imposition dans les États américains.


Au Canada, le taux fédéral sur l’impôt des sociétés s’élève à 15%.


Par contre, les taux provinciaux varient. Ainsi, au Québec, une PME (dont les revenus excèdent 500 000$) paie un taux combiné de 26,7%, selon le Centre québécois de formation sur la fiscalité (CQFF).


Martine Hébert affirme que le gouvernement Legault peut aussi jouer sur la taxe sur la masse salariale que doivent payer les entreprises, «qui sont déjà très élevées», selon elle.


Dans son dernier budget, le gouvernement libéral de Philippe Couillard s’était engagé à réduire la taxe sur la masse salariale.


Ainsi, selon le magazine Conseiller (une publication sœur de Les Affaires), le taux de cotisation au Fonds des services de santé (FSS) des entreprises dont la masse salariale est d’un million de dollars ou moins devait diminuer graduellement jusqu’au 1er janvier 2022.


Dans quatre ans, le taux devait descendre à 1,25 %, pour les secteurs primaire et manufacturier, et à 1,65 %, pour les secteurs des services et de la construction.


Actuellement, le taux s’élève à 1,5 % pour les secteurs primaire et manufacturier, tandis qu’il est de 2,3 % pour les autres secteurs.


La FCEI espère que la CAQ gardera le cap, voire accélérera le rythme de réduction.



Une réglementation agile et intelligente


Sur le plan de la réglementation, les PME du Québec réclament une réglementation «plus agile et plus intelligente».


Selon Martine Hébert, Québec devrait notamment s’engager à retirer un règlement chaque fois qu’on en ajoute un nouveau.


Le gouvernement devait aussi prévoir «une clause PME » dans la réglementation, et ce, pour tenir compte que les petites et moyennes entreprises ont peu de ressources pour se conformer aux lois et règlements.


Enfin, en ce qui a trait à l’accompagnement des PME, la FCEI souhaite que les caquistes de François Legault respectent rapidement leur promesse de créer un guichet unique pour les entreprises du Québec.


«Peu importe l’organisme, il faut une instance qui fasse le lien avec les différents ministères», insiste Martine Hébert.


En entrevue à Les Affaires durant la campagne électorale, le chef caquiste avait déclaré qu’un gouvernement de la CAQ ferait en sorte qu'Investissement Québec devienne un guichet unique pour tous les entrepreneurs du Québec qui ont des projets d'une certaine taille (moyen et grand).


Un entrepreneur pourrait d’abord contacter IQ. Par la suite, le bras financier du gouvernement ferait le lien avec les autres ministères, incluant celui de l'Environnement.


«On veut réduire la bureaucratie, réduire la difficulté qu'ont souvent les entrepreneurs qui doivent s'adresser à 5-6 ministères ou organismes», avait déploré François Legault.


Selon lui, il y a souvent des délais déraisonnables, notamment dans le secteur minier.

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