Pour tirer pleinement parti de l'innovation

Publié le 12/11/2011 à 00:00, mis à jour le 10/11/2011 à 11:33

Pour tirer pleinement parti de l'innovation

Publié le 12/11/2011 à 00:00, mis à jour le 10/11/2011 à 11:33

Qu'on se le dise : sans innovation, point de salut !


Moteur de la croissance économique, l'innovation procure aux pays qui la pratiquent des avantages concurrentiels en matière d'offre commerciale ; elle contribue également à l'amélioration de la productivité des entreprises. Or, selon les données les plus récentes publiées par le Conference Board du Canada, notre pays ne figure pas au nombre des 10 économies les plus innovantes du monde.


Encourager les efforts de commercialisation des produits de la recherche au moyen d'incitatifs fiscaux est une des solutions à appliquer afin de remédier à cette situation déplorable.


Il ne fait aucun doute que le Canada soutient la R-D dans les entreprises canadiennes de toutes tailles et de tous secteurs, notamment par des programmes sans lesquels la R-D serait le privilège de grandes entreprises dotées de moyens financiers importants. À lui seul, le programme d'encouragements fiscaux de la Recherche scientifique et développement expérimental (RS&DE) du gouvernement du Canada apporte aux entreprises un appui de 3 milliards de dollars par an.


Comment expliquer que le Canada se classe 14e en matière d'innovation parmi les 17 pays sur lesquels porte l'étude du Conference Board ? Ou qu'il accuse un retard considérable quant au nombre de brevets en vigueur - près de 122 000 au Canada en 2008 par rapport à plus de 1,8 million aux États-Unis ?


Le Canada possède sans contredit les atouts nécessaires pour devenir un leader mondial de l'innovation : créativité, qualité de la main-d'oeuvre, situation économique favorable par rapport aux autres pays générateurs d'innovation. Quel est donc l'ingrédient manquant à notre réussite ?


Appuyer l'innovation et la commercialisation


Le programme de la RS&DE étant aujourd'hui axé exclusivement sur la recherche scientifique, il n'accorde aucun soutien à la mise en marché des produits issus de la recherche. Les travaux admissibles portent notamment sur le développement expérimental, la recherche appliquée et la recherche pure. Cela fait en sorte que les innovateurs et les entreprises d'ici favorisent la réussite scientifique, au détriment de la génération de revenus pouvant découler de la commercialisation des produits ou de l'obtention de brevets.


C'est pourquoi il est indispensable d'encourager la mise en marché de nos idées par nos innovateurs en revoyant le programme de RS&DE pour y introduire des incitatifs à la commercialisation.


Le gouvernement accorde actuellement un crédit d'impôt de 80 % du salaire d'une ressource interne participant activement à des efforts admissibles à ce programme. (D'autres barèmes s'appliquent à la sous-traitance et à l'achat de matériel.) Dans le cadre d'un programme modifié comportant un volet de commercialisation, une entreprise pourra toucher 50 % de ce crédit si sa recherche n'aboutit ni à la commercialisation du produit ni à l'obtention d'un brevet, mais elle obtiendra la totalité du crédit d'impôt si elle atteint ces objectifs. De plus, les efforts de commercialisation seront admissibles au crédit d'impôt.


La réussite commerciale de produits et services innovants stimulera la création d'emplois et l'investissement dans des projets de recherche, contribuant ainsi à la croissance fructueuse de l'innovation au Canada.


*Jean-François Rioux est président d'Alogient.

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