SNC-Lavalin veut faire sa part dans les pays émergents

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Juillet 2015

SNC-Lavalin veut faire sa part dans les pays émergents

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Juillet 2015

Par François Normand

Dans le cadre du projet de mine de nickel Ambatovy, SNC Lavalin a mis sur pied une initiative de développement des compétences locales (IDCLMC) sur mesure pour enseigner des métiers de base à 6 100 travailleurs.

SNC-Lavalin déploie de plus en plus son programme pour favoriser les retombées économiques locales (Local Resource Development Initiative) dans les marchés émergents. Jean-François Gascon, vice-président, responsabilité sociale, chez SNC-Lavalin, nous explique en entrevue le pourquoi et le comment de ce programme.


Les Affaires – Ce programme est-il une une stratégie pour redorer l’image de l’entreprise dans la foulée des allégations et des accusations pour corruption portées contre elle ?


Jean-François Gascon : Non, cela n’a absolument rien à voir avec le contexte extérieur ; ce n’est pas une stratégie de relation publique. On a créé différents programmes à compter de 1998. On les a simplement regroupés en un seul, en 2009, parce qu’on avait fait de ce programme un gros succès. On voyait aussi que la tendance du marché nous amenait à considérer de plus en plus les retombées locales de nos projets comme un service. Il commençait aussi à y avoir une forte demande.


 LA : Qu’offrez-vous concrètement aux entreprises ?


Jean-François Gascon : Nous offrons deux choses aux sociétés pour réaliser leurs projets au Moyen-Orient, en Afrique ou en Amérique latine. Et ce sont elles qui paient pour ce service, qui peut coûter de 3 à 15 millions de dollars. D’une part, nous formons pour elles les populations locales afin d’augmenter leur employabilité. Cela réduit leur besoin d’importer une main-d’œuvre étrangère, chinoise ou indienne par exemple, qui est plus coûteuse. D’autre part, nous cherchons à maximiser les retombées des projets pour le secteur privé local ou national, surtout pour les PME. Ces deux démarches favorisent l’acceptabilité sociale des projets dans les pays émergents. De plus, à long terme, notre programme permet aux entreprises réalisant un projet de réduire leurs coûts d’exploitation.


Par exemple, à Madagascar, pour le projet de nickel Ambatovy, le programme a coûté environ 12 M$. Et on estime avoir fait économiser au client une bonne centaine de millions de dollars en coût du capital pour la construction du projet [évalué à plus de 7 milliards de dollars].


LA : Comment le programme LRDI augmente-t-il le positionnement concurrentiel de SNC-Lavalin dans les pays émergents ?


Jean-François Gascon : Il permet de nous démarquer dans les appels d’offres dans lesquels il y a des composantes de retombées locales, et ça, il y en a de plus en plus. Cela nous donne aussi une grosse notoriété. Ce sont non seulement de gros projets qui sont très visibles, mais aussi des programmes qui ont des retombées significatives. Des milliers de travailleurs ont bénéficié de ce programme. Enfin, même si les grandes firmes d’ingénierie construction dans le monde peuvent faire la même chose que nous, ce type de démarche n’est pas en fait encore très développée. Notre façon de faire est donc un peu unique.


 


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