Les entreprises sont plus exposées à la violence politique

Publié le 17/04/2018 à 16:28

Les entreprises sont plus exposées à la violence politique

Publié le 17/04/2018 à 16:28

Par François Normand

Des soldats font leur ronde sur le site d'une raffinerie. (Getty)

Les entreprises et les investisseurs évoluent dans un monde plus dangereux, car les risques de violence politique augmentent en raison des tensions géopolitiques, d’un affaiblissement de la gouvernance démocratique libérale et des répercussions des conflits chroniques, affirme Aon, une firme spécialisée dans la gestion des risques, l’assurance et la réassurance.


La multinationale britannique vient de publier son analyse annuelle du risque politique dans le monde. Et pour une troisième année consécutive, les pays dont l’indice de risque a augmenté (17) sont plus nombreux que ceux dont l’indice a diminué (6).


Aon dresse trois constats :



  • 40% des pays dans le monde sont considérés comme étant exposés au risque de terrorisme et de sabotage



  • 60 % sont considérés comme étant exposés au risque de troubles civils



  • 33 % sont considérés comme étant exposés au risque d’insurrection, de guerre ou coup d’État


Aujourd’hui, 46 pays ou territoires ont maintenant un niveau élevé ou sévère de l’indice de risque, ce qui représente 22 % du total mondial, selon Aon.


Risque accru d'une guerre entre grandes puissances


Une situation qui fait dire à la firme que la probabilité d’un conflit entre États, impliquant des puissances majeures, est à son «point culminant» depuis la fin de la guerre froide.


«L’accroissement de la concurrence géopolitique jumelé à un leadership faible au sein de la diplomatie internationale a contribué à entretenir ou à augmenter les risques d’un conflit armé au cours de la dernière année», écrivent les analystes d’Aon.


Le risque terroriste est aussi en forte progression.


Le nombre d’attaques terroristes dans les pays occidentaux en 2017 (204) a plus que doublé par rapport à 2016 (96). Par contre, le nombre total de victimes dans ces deux années était globalement le même (1 092 en 2017).


Selon Aon, l’Afrique est le continent où la situation politique s’est la plus dégradée.


«Les conflits qui perdurent au sein des pays, l’érosion de la gouvernance démocratique et les scandales de corruption de plus en plus fréquents ont conduit à plus de violence politique», soulignent les analyses de la firme britannique.


Par exemple, des groupes tels que l’État islamique et Boko Haram profitent de la fragilité des institutions et de la faiblesse des frontières.


Par contre, c’est le Moyen-Orient (une région de l’Asie) qui abrite certains des pays les plus à risque dans le monde tels que ’Irak, la Syrie, le Yémen et l’Égypte.


«L’instabilité et la violence dans la région se sont propagées aux pays avoisinants, minant les échanges et le tourisme», indiquent les analystes d’Aon.


 


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