Les patrons doivent enseigner la résilience aux travailleurs

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Mars 2017

Les patrons doivent enseigner la résilience aux travailleurs

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Édition du 11 Mars 2017

Par Les Affaires

Mon premier emploi en vente pour une petite entreprise d'impression canadienne, il y a plus de 20 ans, était loin d'être prestigieux. Je vendais des imprimantes à partir d'une fourgonnette et je devais respecter un quota d'au moins 30 visites non sollicitées par jour. Pour ce faire, je devais apporter une imprimante de ma fourgonnette aux bureaux des clients potentiels pour effectuer des démonstrations et des essais gratuits.


J'ai été tenté à maintes reprises de remettre les clés et de tout remballer, mais j'ai tenu le coup pendant une année - qui m'a semblé aussi longue que toute une vie dans cette fonction. J'ai découvert, en cours de route, que je possédais un trait de caractère qui m'a bien servi tout au long de ma carrière et qui m'a permis de devenir un dirigeant d'entreprise efficace : la résilience.


Il est essentiel de persévérer dans l'adversité pour avancer. Cette qualité peut nous mener plus loin que le QI, la formation ou même l'expérience. C'est vrai pour toutes les fonctions et tous les secteurs d'activité dans chaque industrie partout dans le monde. Et pourtant, nous ne consacrons pas suffisamment de temps à l'acquisition de la résilience au sein de nos effectifs.


Même si certaines personnes semblent être nées avec la peau plus dure que d'autres, la résilience est une habileté que la plupart d'entre nous doivent acquérir et renforcer.


Le psychologue américain Martin Seligman a passé les 30 dernières années à étudier la résilience afin de comprendre pourquoi certaines personnes se remettent d'un revers et pourquoi d'autres éprouvent un sentiment d'impuissance. Avec son équipe de l'Université de Pennsylvanie, il a créé le programme de résilience Penn. Ensemble, ils conseillent les entreprises en matière de résilience pour réduire le nombre de celles qui ont du mal à affronter l'adversité et pour augmenter le nombre de celles qui s'épanouissent.


Les dirigeants d'entreprise doivent d'abord aider leurs employés à accroître leur force mentale. Pour y arriver, ceux-ci doivent être conscients que leur réaction émotionnelle à l'échec est fondée uniquement sur leurs propres perceptions de l'échec. S'ils croient qu'échouer c'est ne pas réussir la première fois, ils cesseront d'essayer. Être fort mentalement, c'est savoir qu'une situation est temporaire et qu'on a l'endurance émotionnelle requise pour chasser les pensées négatives et essayer de nouveau.


Ensuite, les employés doivent apprendre à déceler leurs forces et à définir la manière dont ils contribuent au projet ou à l'organisation. Cela les aidera à avoir la confiance nécessaire pour innover et avancer, même après des revers temporaires.


La dernière étape consiste à changer la façon dont nous communiquons avec nos collègues. Le fait de leur répondre de façon active et constructive plutôt que passive ou réticente les aidera à devenir plus résilients. Pensez au directeur qui dit simplement «bon travail» dans une évaluation de rendement et comparez-le à celui qui louange les réalisations précises d'un travailleur, et qui met l'accent sur la valeur et l'épanouissement personnel de ce dernier. Les employés du deuxième type de directeur surmonteront les revers beaucoup plus rapidement parce qu'ils ont une relation active et stimulante et qu'ils peuvent percevoir leur valeur.


Des études ont révélé que les personnes résilientes sont plus heureuses et plus satisfaites de leur vie. Au travail, les gens résilients vivent moins de stress et sont capables de s'épanouir dans leur carrière en misant sur ce qu'ils ont appris de leurs revers ou de leurs difficultés. Ils sont moins souvent absents du travail, sont plus productifs et peuvent s'adapter plus rapidement au changement.


Le marché mondial en pleine expansion transforme la façon dont nous travaillons et oblige les organisations à s'adapter à un rythme de changement sans précédent.


Le changement peut être une force positive qui pousse les personnes à se former et à se perfectionner et qui incite les organisations à évoluer et à prospérer. Il peut aussi sembler insurmontable aux employés et aux entreprises qui sont mal préparés.


Comme dirigeants, nous devons nous efforcer d'inculquer à nos employés la résilience et l'agilité mentale requises pour s'adapter et réussir dans ce monde en constante évolution.


Nous voulons tous être heureux, productifs, performants et fournir une valeur exceptionnelle à nos clients et à nos collègues. Notre réussite n'est pas garantie, et nos échecs n'ont pas à définir nos carrières. Ce sont notre optimisme et notre résilience qui nous aideront à réagir positivement aux situations difficiles et qui nous permettront de voir grand et d'avancer.


Comme dirigeants, nous pouvons aider à former des employés résilients qui peuvent traverser les périodes de changement, de pression, d'incertitude et d'ambiguïté et disposer de stratégies d'adaptation pour gérer le stress, surmonter les revers et continuer d'innover.


Ernie Philip, vice-président principal des services de gestion des documents chez Xerox Canada


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