La Fromagerie Boivin renaît de ses cendres

Publié le 17/11/2012 à 00:00

La Fromagerie Boivin renaît de ses cendres

Publié le 17/11/2012 à 00:00

La Fromagerie Boivin, de La Baie, se prépare à relancer sa production, près d'un an après l'incendie qui l'a forcée à déployer des trésors de débrouillardise pour survivre. Forte d'un premier contrat avec Kraft, la fromagerie saguenéenne profite de sa renaissance pour prendre de l'expansion.

«On aura une des plus belles usines au Canada. La plupart des fromageries utilisent des systèmes ajoutés avec le temps, mais nous, en rebâtissant à neuf, ça nous permet de rehausser les standards. Ça simplifiera la maintenance et ce sera plus convivial aussi», indique le directeur Luc Boivin, qui prévoit que la production reprendra le 27 novembre.

Le contrat avec Kraft, pour la production des bâtons Mooza, représentera près de la moitié du volume de production de la Fromagerie Boivin, dont le chiffre d'affaires sera de 30 à 40 millions de dollars. Le nombre d'employés passera de 85, avant l'incendie, à 120 avec la réouverture. Il pourrait augmenter encore, car la fromagerie prépare de nouveaux produits pour 2013, et sa collaboration avec Kraft pourrait aussi prendre de l'ampleur.

Un partenaire patient

Kraft avait déjà signé avec Boivin avant l'incendie de décembre 2011 et a patienté jusqu'ici. La reconstruction s'est faite en mode accéléré, sans plans ni devis détaillés, car aller en appel d'offres avec des plans fermes aurait prolongé de plusieurs mois l'arrêt de production.

«Ça demande une présence constante sur le chantier, car tout est à décider au quotidien», souligne M. Boivin, qui a dû, en plus, poursuivre l'exploitation de l'entreprise à distance.

En effet, la production de fromages a repris quelques jours après l'incendie, en trois endroits différents. La Fromagerie St-Fidèle, à La Malbaie, dont Boivin est actionnaire, a produit pour la Côte-Nord et le Saguenay, tandis que les marchés situés plus au sud ont été approvisionnés par deux fromageries de Québec et de Montréal.

«On a donné les paramètres de production qu'on voulait avoir, mais pas nos recettes. Le vrai Boivin va revenir sur la table avec notre redémarrage», explique Luc Boivin, qui craignait de voir ses concurrents gruger ses parts de marché.

Garder les employés au travail

La Fromagerie Boivin a réussi à garder sa clientèle. Tout comme le contrôle sur son réseau de distribution, un élément essentiel pour protéger sa place auprès des détaillants.

Par ailleurs, l'entreprise a tout fait pour garder un maximum d'employés au travail. Certains ont travaillé chez St-Fidèle, d'autres ont été affectés à la sécurité du chantier et d'autres, au nettoyage de l'usine après l'incendie.

«Au lieu de payer une entreprise de nettoyage, on a formé notre personnel pour le faire. Et puis, pendant l'été, on a placé des employés d'usine à notre comptoir laitier au village», explique le directeur, qui dit avoir mis beaucoup de soins à gérer l'insécurité inhérente à l'épreuve. Entretenir l'optimisme lui a toutefois permis de retenir presque tous ses employés.

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