Entrepreneuriat: les Québécois continuent d'avoir peur de l'exportation

Publié le 20/04/2010 à 10:00

Entrepreneuriat: les Québécois continuent d'avoir peur de l'exportation

Publié le 20/04/2010 à 10:00

Par Martin Jolicoeur

Ils ont beau se faire plus rares, les quelques uns qui osent se lancer en affaires au Québec présentent des ambitions similaires à ceux des autres provinces canadiennes. À l’exception d’un seul élément majeur: l’exportation.


Les résultats de l’étude de la Fondation de l’entrepreneurship du Québec viennent corroborer la croyance voulant que les entreprises du Québec sont moins actives sur le marché de l’exportation que le reste du pays. Cela est vrai, tant chez les propriétaires d’entreprises existantes que chez les aspirants entrepreneurs.


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De fait, à peine 17,9% des entrepreneurs québécois réalisent des activités d’exportation, contre 29,8% dans le reste du Canada. L’écart est immense ; presque le double.


C’est donc dire, en concluent avec dépit les chercheurs de la Fondation, que plus de 80% des propriétaires québécois «se contentent d’un marché plus petit et limitent leurs occasions d’affaires.»


Une tendance qui se poursuit


«Si on veut créer de la richesse, on ne pourra pas toujours se contenter du seul marché québécois, dit Nathaly Riverin, vice-présidente recherche, vigie et développement de la Fondation de l’entrepreneurship. Autrement, dit-elle, ce ne sera pas long avant que d’autres investissent nos marchés.»


Et, étonnament, la situation ne semblent pas prêtes de s’améliorer avec la prochaine génération d’entrepreneurs. Bien au contraire, selon les résultats de l’étude, produite avec le support de la Caisse de dépôt et placement du Québec.


De fait, on remarque que parmi les Québécois qui ont entrepris des démarches pour créer ou reprendre une entreprise depuis douze mois, seulement 24,9% ont l’intention d’exporter.


Ce résultat est supérieur à la propension à l’exportation des propriétaires d’entreprises existantes (17,9%), mais demeurent bien inférieurs aux résultats obtenus chez les «démarcheurs» du reste du pays.


Chez ces derniers, actuellement en démarche de création d’entreprise, l’étude démontre que pas moins de 32,6% des projets d’entreprise comporte une composante d’exportation. Cette propension à l’exportation des entrepreneurs du reste du Canada est supérieure du tiers à ce que l’on retrouve au Québec.


Démographie et ignorance de l’anglais


Selon Nathaly Riverin, cette situation peut s’expliquer, en partie, par la barrière de la langue ; une grande majorité de Québécois –jeunes et moins jeunes- continuant de parler peu ou pas l’anglais. « Cette situation empêche une majorité de Québécois d’être exposé à des réalités, à des expériences et à une multitude d’occasions d’affaires», dit-elle.


Mme Riverin évoque également une certaine «barrière psychologique» et la composition démographique du Québec pour expliquer cette différence de perception à l’égard des marchés étrangers.


La population du Québec étant de sources moins diverses que dans d’autres provinces canadiennes, les Québécois disposeraient de moins de contacts naturels avec l’extérieur qui leur permettraient d’y déceler et d’y exploiter efficacement de belles occasions d’affaires.


 


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