Entrepreneuriat: le retard du Québec confirmé de nouveau

Publié le 20/04/2010 à 10:00

Entrepreneuriat: le retard du Québec confirmé de nouveau

Publié le 20/04/2010 à 10:00

Par Martin Jolicoeur

La vice-présidente, recherche, vigie et développement de la Fondation de l’entrepreneurship Nathaly Riverin. Photo : lesaffaires

Le Québec n’est plus la pépinière d’entrepreneurs dont elle s’est déjà vantée. C’était vrai l’an dernier. Et tout autant aujourd’hui. En comparaison au reste du Canada, la province continue d’accuser un sérieux retard en matière d’entrepreneuriat.


En proportion, révèle la dernière étude de la Fondation de l’entrepreneurship, le Québec compte moins de propriétaires d’entreprises, moins de personne en démarche de création d'entreprise, et moins de personnes désireuses de se lancer en affaires qu’ailleurs au pays.


De plus, les aspirants entrepreneurs sont moins expérimentés au Québec, ont moins confiance en eux, ont plus recours à l’aide de l’État, et prennent systématiquement plus de temps à réaliser leur projet d’entreprises que dans le reste du Canada.


PLUS: Entrepreneuriat: appel à un changement complet de stratégie


VIDÉO : Entrepreneuriat: le retard du Québec confirmé





Ces conclusions reposent sur les résultats d’un sondage pan canadien, réalisé au moyen d’Internet par Léger Marketing, entre le 2 et le 25 mars dernier. Commandé par la Fondation de l’entrepreneurship, appuyée par la Caisse de dépôt et placement du Québec, ce sondage a été réalisé auprès de 11 829 Canadiens adultes, dont 7 450 Québécois.


Les effets pervers d’un discours ?


«Malgré quelques améliorations ici et là, le portrait de l’entrepreuriat québécois demeure sensiblement le même que celui auquel nous faisions face l’an dernier», a expliqué, en entrevue avec LesAffaires.com, Nathaly Riverin, vice-présidente, recherche, vigie et développement de la Fondation de l’entrepreneurship.


Une réalité malheureuse que Mme Riverin attribue en outres à un message dominant au Québec, qui tenderait davantage à protéger les acquis du Québec inc, par le rachat d’entreprises existantes par exemple, qu’à encourager l’émergence d’un véritable renouveau entrepreneurial.


Globalement, l’étude révèle que l’intention de se lancer en affaires est davantage ancrée dans le reste du pays, qu’au Québec. Ainsi, alors que 7,8% de la population québécoise caresse l’idée de se lancer en affaire un jour, le même projet recueille la faveur de 14,1% des Canadiens. On parle d’un écart de plus de 80%; résultat d'une amélioration de 10% au Québec par rapport à l'an dernier, comparativement à 88% dans le reste du pays.


Le projet d’entreprendre parraît également plus concret dans l’esprit des Canadiens de l’extérieur du Québec, une majorité souhaitant passer à l’action dans les trois prochaines années. C’est le cas de 74% des aspirants entrepreneurs dans le reste du Canada, comparativement à 64% d’entre-eux au Québec.


Le déséquilibre traditionnel se poursuit lorsque vient le temps de mesurer la poportion de propriétaires-dirigeants d'un territoire. Au Québec, les propriétaire-dirigeants de leurs entreprises représentent 9,4% de la population, comparativement à 17,3% dans le reste du pays. On parle donc d’une présence de chefs d’entreprises inférieure d'environ la moitié au Québec, à ce que l’on retrouve dans le reste du pays.


Moins de fermetures


Enfin, bonne nouvelle, une proportion similaire de gens d’affaires au Québec, comparativement au reste du Canada, affirment avoir entrepris une démarche de création ou de reprise d’une entreprise au cours des dernières années.


Ensuite, plus de gens au Canada ont fermé une entreprise, au cours de la dernière année, dans le reste du pays qu’au Québec, révèle l’étude. Le taux de fermeture a été de 5,9% au Québec comparativement à 7,5% dans le reste du pays. Depuis deux ans, le nombre de fermetures ont été deux fois plus importantes dans le reste du pays qu’au Québec.


Des résultats qui requièrent par contre d’être interprété avec doigté, prévient la Fondation. À ce propos, la chercheure Narthaly Riverin rappelle que la crise économique a été plus forte au centre et dans l’Ouest du pays, qu’au Québec et qu’il est normal, en conséquence, que les fermetures y aient été plus nombreuses.


 


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