Doubler l'offre de transport collectif

Publié le 24/09/2011 à 00:00

Doubler l'offre de transport collectif

Publié le 24/09/2011 à 00:00

Par Les Affaires

Le Québec s’affiche en leader international de la lutte aux changements climatiques. Néanmoins, il doit s’attaquer rapidement au transport des personnes.


par Steven GuiLbeault


Bien que nos émissions de gaz à effet de serre (GES) aient diminué de 1,2 % entre 1990 et 2008, le secteur des transports routiers a vu les siennes augmenter de façon inquiétante, de plus de 32,9 %. Il est aujourd’hui le plus grand responsable des émissions de la province. Pour inverser la vapeur, on doit investir massivement dans les infrastructures et doubler l’offre d’un transport collectif urbain !


Développement étourdissant


L’étalement urbain et l’augmentation des kilomètres parcourus en automobile sont à la source de cette croissance. Entre 2000 et 2009, alors que le nombre de voitures sur nos routes augmentait de 24 %, notre population n’avait crû que de 5,8 %. Depuis 1971, nos communautés métropolitaines ont vu leur population totale augmenter de 64 % et leur superficie, d’un étourdissant 261 %, alors que plus du quart de la population met aujourd’hui plus de 90 minutes à se déplacer entre le travail et la maison.


Pour freiner les émissions de GES du secteur des transports, il faut non seulement modifier nos politiques d’aménagement, mais augmenter radicalement l’offre de transport collectif. Perpétuer le développement fondé sur l’automobile cristallise notre dépendance au pétrole et engendre des dépenses vertigineuses et sans cesse croissantes en infrastructures routières. Afin de réduire la taille du parc automobile et de réussir le transfert modal vers le transport collectif, l’amélioration de l’offre de transport est essentielle. Pour ce faire, la vision des décideurs du transport collectif doit changer, passer de celle d’un mal nécessaire à celle d’un investissement de base à l’égard du bon fonctionnement d’une société, au même titre que la santé ou l’éducation.


Transport collectif


Le gouvernement doit doubler l’offre d’un transport collectif urbain structurant d’ici 2030, financé à même le budget des 5,5 milliards de dollars consacrés d’ici 2015 à l’amélioration du réseau routier (dont 50 % est alloué à l’augmentation de la capacité routière). Une augmentation de la redevance sur les hydrocarbures et de la taxe sur les carburants pourra aussi y contribuer.


Il faut également veiller à maintenir les actifs actuels, tant sur le plan de la qualité que sur celui de la quantité, ainsi qu’à financer leur développement, par des investissements d’un milliard de dollars par année.


Plusieurs solutions concrètes sont possibles pour développer l’offre, telles que les tramways, les trolleybus et les trains. Cependant, il faut faire évoluer les principaux parcours en site propre, et ainsi garantir leur efficacité. Grâce à Grenelle Environnement, la France s’est d’ailleurs donné les moyens de multiplier par cinq les réseaux de transport collectif en site propre sur 15 ans.


Le Québec est à l’heure des choix difficiles, mais obligés, s’il veut faire face à l’emballement des coûts en infrastructures routières et gagner son pari de réduire ses émissions de GES.


Steven Guilbeault est cofondateur d’Équiterre.


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