Construction: des règles trop sévères pour Pomerleau

Hugo Joncas . les affaires.com . 21-02-2012 (modifié le 21-02-2012 à 18:37)

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Photo : Bloomberg

Le président de Pomerleau en a gros sur le cœur. Pierre Pomerleau pense que le cadre réglementaire est devenu «exagéré» pour l'industrie des travaux civils au Québec.


«Ce matin, il y avait un déjeuner. J'étais assis à côté du gars du Parc olympique... On n'a pas le droit d'aller luncher ensemble ! Ces gens-là, avant de rencontrer un entrepreneur, il faut qu'ils parlent à un avocat», déplore le patron du plus grand constructeur québécois, dont le chiffre d'affaires vient de passer le cap du milliard de dollars. «Je ne pourrais même pas lui vendre ma salade, pour lui dire “Pomerleau est meilleur que tel compétiteur”...»


Pour lui, l'énorme majorité des entrepreneurs du secteur font pourtant tout dans les règles de l'art. «Il y a 25 000 entrepreneurs en construction au Québec. Peut-être qu'il y en a qui ne sont pas droits comme une barre, mais je pense que quand tu regardes ça globalement, c'est une bonne industrie extrêmement supervisée, extrêmement surveillée.»


Selon lui, les médias ont généralisé, et toutes les entreprises de construction sont maintenant éclaboussées par les scandales de corruption et de collusion dans l'industrie.


La Loi 33 plus utile que Charbonneau


En marge d'un dîner de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Pierre Pomerleau a estimé que la Commission Charbonneau sur l'octroi des contrats de construction publics sera utile, mais moins que la Loi 33 sur l'élimination du placement syndical. «C'est une loi qui a un impact considérable sur les coûts et la productivité au Québec, dit-il. Son impact va être plus grand que l'impact de trouver deux ou trois entreprises qui ont fraudé...»


Le président de Pomerleau a aussi affirmé que les différents paliers de gouvernement ont le devoir de faciliter le lancement et la réalisation de grands projets privés «par une réglementation plus rapide». «C'est long, lancer un projet à Montréal. C'est difficile. Les groupes de citoyens ont beaucoup de force et peuvent ralentir un projet. Et un projet qui est ralenti, c'est une économie qui n'est pas relancée.»


En outre, Québec aurait intérêt à concevoir ses appels d'offres en prenant en considération la qualité des propositions, au lieu de ne se fier qu'au prix proposé par les soumissionnaires, selon lui.


«En Ontario et dans d'autres juridictions, il y a toujours un aspect qualitatif très important, dit-il. Ici, on veut tellement que ce soit propre, bien organisé et structuré, qu'on met un peu moins d'emphase sur la qualité. C'est seulement quantitatif: les coûts.»


Pierre Pomerleau ne croit pas qu'une telle démarche ouvrirait la porte à l'arbitraire dans l'attribution des contrats. «Mettre en place des systèmes évaluant la qualité des proposants, se fait très bien partout dans le monde entier», dit-il.


Malgré la mauvaise couverture qu'a subie son industrie depuis quelques années, il croit que la construction québécoise n'a rien à envier à celle des autres pays. «La très grande majorité des projets sont sans histoire, ils se terminent bien... Les entrepreneurs d'ici sont bons, les travailleurs d'ici sont bons. La qualité de la construction est inégalée dans le monde entier.»


Échangeur Turcot


En outre, Pomerleau a l'intention de soumissionner pour la construction de l'échangeur Turcot, à Montréal, en partenariat avec un joueur international. «Pour l'instant, on n'en parle pas encore, parce que c'est pas encore officiel.»

2 commentaires

YBertrand le 22-02-2012

Bonjour. Je crois que monsieur Pomerleau parle pour sa paroisse en minimisant les effets que provoqueront la Commission Charbonneau qu'il limite à deux ou trois compagnies. Hors les enquêtes policières et du ministère du Revenu ont mené près de 150 compagnies à payer de fortes amendes et l'exercice n'est pas terminée. Si monsieur Pomerleau est contre les valeurs c'est qu'il est un individu qui a un prix, c'est fort différent. En réalité il profitait des meilleurs employés qui étaient toujours les mêmes à travailler (étant les chou-chou des syndicats) qui s'en coulaient douce aux prix des bâtiments, infrastructures et autres qui sont 20% moins dispendieuses dans l'ensemble des autres provinces. Si monsieur Pomerleau ne voit pas de problèmes et que "tout le monde il est beau, tout le monde y sont gentils" dans la construction il devrait expliquer que depuis plus de 40 ans, les scandales dans la constructions se multiplient au gré des années. C'est une industrie qui est habituée de faire comme elle l'entend et se foutant des lois et règlements. Ça s'appelle "un bordel" qui de plus, est conduite par "une mafia" très bien organisée et a des liens très clairs avec "LA mafia et les Hells". En réalité il veux remplacer les abus de ceux qui se sont fait prendre par ses propres abus. Ha bon, c'est son opinion. Pour ce qui est des contrats, il fut un temps où le prix n'était pas le seul critère de sélection, il fut enlevé parce qu'à l'époque plusieurs projets se sont retrouvés devant les tribunaux sous le prétexte que les critères de "qualité" était une norme trop subjective et plusieurs irrégularités d'ordre politique (surtout municipales) venaient de plus en plus entâcher le processus. Maintenant que nous sommes sur le point de reprendre le contrôle, il faudrait revenir à la case départ. Le véritable problème n'est pas seulement le prix le plus bas, ce sont les ajouts (addendum) sans contrôle qui en fait une véritable risée. Si les travaux seraient à prix fixe, sans possibitlité d'ajouts de tous genres, il y aurait moins d'arnaques sur les bureaux des décideurs. Le principal problème est de laisser les grandes boîtes d'ingénieurs de faire les devis et plans et de les laisser par la suite la gérance des chantiers, ce qui leur permet de faires des ajouts extrêmement coûteux pour réparer leurs erreurs. Nous voyons bien que personne dans cette industrie n'a de pattes blanches. Le bordel profite à tous les paliers d'un projet et nous nous contentons de regarder le train nous passer sur la tête. Merci et bonne journée.

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