Gaspé : Pétrolia prête à se battre en cour

Hugo Joncas . les affaires.com . 08-02-2013 (modifié le 08-02-2013 à 12:33)

Photo:Bloomberg

Le président de Pétrolia, André Proulx, est prêt à poursuivre la Ville de Gaspé pour pouvoir poursuivre l’exploration à son puits Haldimand, après l’adoption du règlement municipal interdisant les travaux. «Tous les papiers sont prêts depuis déjà deux semaines», assure-t-il.


En marge du Forum stratégique sur les ressources naturelles, André Proulx se défend cependant de servir un ultimatum au maire de Gaspé, François Roussy. Il croit que le conflit pourrait se régler sans recourir aux tribunaux.


Il assure que «la population» de la ville appuie Pétrolia. «Des gens d’affaires ont dit qu’ils feraient une sortie dans la rue le 18 février.»


Martine Ouellet, «c’est son problème»


André Proulx répète sur toutes les tribunes que le règlement de protection de l’eau potable, qui a pour effet d’interdire les travaux à Haldimand, est illégal parce qu’il empiète sur les compétences provinciales. Il affirme aussi qu’en fait, ce que souhaite vraiment le maire de Gaspé, c’est obtenir des redevances locales.


Il invite la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Martine Ouellet, à intervenir. «La question du règlement et des redevances aux municipalités, c’est son problème. Nous, on cherche du pétrole. On ne règle pas des problèmes sociaux.»


La ministre refuse cependant de trancher la question dans ses déclarations aux médias. «C'est avec le maire de Gaspé et Pétrolia que vous devez valider vos informations. Ce que j'ai eu comme information du maire de Gaspé, c'est que sa préoccupation était pour l'eau potable», a-t-elle déclaré à La Presse le 1er février.


«Oui, mais c’est une politicienne !», répond André Proulx.


Rester à Haldimand


«Jamais, au grand jamais, je ne vais laisser ce dossier aller», insiste le président de Pétrolia.


Le président et fondateur a néanmoins décidé de reporter ses travaux sur son puits Haldimand, face aux critiques du maire de Gaspé et d’une partie de la population, à cause de sa proximité des habitations. Mais quand est venu le temps de renvoyer les équipements de forage dans l’Ouest du pays, André Proulx assure cependant que les gens d’affaires de la région lui ont demandé d’attendre. «On a laissé la foreuse en place. On n’abdique pas», assure-t-il.


Il dit avoir sondé la population de la région, qui se serait déclarée «à 72%» en faveur de cette industrie.


Le président de Pétrolia s’attaque aux opposants à l'exploitation du pétrole, qui selon lui empêche le Québec de développer cette industrie. «Pendant qu’au Québec, nous tergiversons, les Américains forent, produisent, et mettent en place toute une industrie.»

1 commentaire

jpthoma1 le 08-02-2013

Ils n'ont pas le choix car le règlement de la ville sur la protection des nappes souterraines est un faux-prétexte. C'est en 1897 qu'on mentionne dans les rapports disponibles et dans les journaux de la région les premiers forages pétroliers dans ce secteur. Il y en a eu régulièrement depuis. Considérant les techniques de forages du XIXème siècle, ça ferait longtemps qu'il y aurait plus d'eau potable dans ce coin, si c'était si dangereux! Les gens qui se sont installés là auraient du être informés par la ville qu'on forait dans ce secteur DEPUIS AU MOINS 115 ANS!!!!!!!!! Ref: Rapport des opérations minières 1898, page 43, Département de la Colonisation et des Mines, Province de Québec.

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