La fermeture du Walmart de Jonquière était légale, selon la Cour suprême du Canada

La Presse Canadienne . les affaires.com . 27-11-2009

Tags : Emploi, Québec, Walmart

EN SAVOIR PLUS

SYMBOLE DERNIER VARIATION
WMT-N 61.9 -0.06$

Sur le même sujet

chapeau

Le magasin Wal-Mart de Jonquière a été fermé en 2005. Photo : Bloomberg

Le géant du commerce de détail Wal-Mart sort vainqueur de la longue saga judiciaire qui l'opposait à ses anciens employés du magasin de Jonquière.


PLUS : Le jugement de la Cour suprême du Canada


Dans un jugement partagé rendu vendredi, la Cour suprême a donné raison à la multinationale qui avait fermé sa succursale de Jonquière, quelques mois seulement après que les travailleurs du magasin saguenéen furent devenus les tout premiers à se syndiquer chez Wal-Mart en Amérique du Nord.


Six juges contre trois ont conclu que les employés du magasin ne pouvaient se prévaloir du mécanisme de recours prévu dans le Code du travail québécois _ qui interdit la discrimination pour des motifs syndicaux _, et ce, pour la simple raison que la succursale n'existe plus.


Ainsi, rien n'empêchait la compagnie de mettre à pied les 190 employés de sa succursale saguenéenne le 9 février 2005, soit le jour même où un arbitre était désigné pour imposer une toute première convention collective au géant du détail.


Et puisque la compagnie a mis la clé sous la porte, les employés ne peuvent plus retrouver l'emploi qu'ils ont perdu.


Le jugement "n'a rien à voir avec un examen général des pratiques de Wal-Mart en matière de relations du travail", a écrit le juge William Binnie, auteur du jugement majoritaire.


La question est plutôt de savoir si la présomption en faveur du salarié prévue à l'article 17 du Code du travail pouvait s'appliquer dans le cas où le magasin où il travaillait n'existe plus. Selon cette présomption, la Cour assume que c'est en raison des activités syndicales du salarié qu'une sanction, telle que la mise à pied, a été imposée. C'est à l'employeur de prouver le contraire.


Selon le juge Binnie, cette présomption ne peut cependant être possible que s'il y a "existence d'un lieu de travail encore en activité".


Les syndiqués ont toujours maintenu que la fermeture du magasin de Jonquière était directement liée aux activités syndicales des salariés. Ils affirmaient même que cela s'inscrivait dans une stratégie globale de l'entreprise pour intimider les employés des autres succursales et les inciter à ne pas se syndiquer.


Wal-Mart, pour sa part, soutient encore que le magasin a été fermé pour des raisons d'affaires.


"On était en difficulté déjà, et c'était très clair, qu'avec les demandes du syndicats, ça aurait été impossible pour le magasin de devenir rentable. Et c'est pour ça qu'on l'a fermé", a noté le porte-parole de Wal-Mart, Alex Roberton, en entretien téléphonique.


Il affirme que si l'entreprise est satisfaite de la décision de la cour, il ne s'agit pas d'une surprise pour elle, puisque la plupart des tribunaux inférieurs lui avaient déjà donné raison.


La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) croit que les motifs de la fermeture du magasin de Jonquière sont évidents.


"Ils ne diront jamais qu'ils ont fermé pour une raison antisyndicale (...), mais c'est un secret de Polichinelle", a lancé Louis Bolduc, directeur québécois des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC).


S'il se déclare déçu par le jugement de la cour, il trouve malgré tout du réconfort dans certains passages du jugement, qui selon la FTQ ouvrent la porte à la possibilité de scruter les raisons de fermeture d'une entreprise.

1 commentaire

le 27-11-2009

Je continuerai à boycotter tous les Walmart jusqu'à ce qu'ils soient tous fermer au Canada et retourner aux USA comme des "illegals aliens" fondamentalistes qui adorent leur dieu de la main invisible du marché et la religion Américan Way qui entretient la division et l'indignité humaine de son peuple qui par leur impuissance apprise comme peuple soumis à l’esclavage à une mode de vie de consommation pour soutenir leur économie d'une façon artificielle et schizophrène. De toute façon, je n'achète que des produits de travailleurs syndiqués et dans des magasins et entreprises syndiqués. Cette décision démontre encore une fois la domination des valeurs de l'Establishment fondamentaliste sur nos vies de travailleurs et travailleuses. Donc je vais continuer à faire des choix syndicaux en ce qui à trait à mes achats et laisser les 6 juges le choix de faire leurs achats à Walmart. Cette décision ne m'intéresse pas et ne fait pas évoluer les droits des humains et elle ne reflète pas la justice que symbolise le droit que les travailleurs auraient dus s'attendre de la part des juges de la cours Suprême et le gros bon sens de la coutume du peuple à savoir discerner les vérités et les réalités de leurs communautés. Naturellement les corporatistes antisyndicaux et leurs faiseux doivent en réjouir pour continuer à entretenir des salaires crèves faims et crier au meurtre quand l’économie va mal et que personne n’achète rien. Il faudrait instituer un BUY NOTHING BLACK FRIDAY, un BUY NOTHING WEEK, un BUY NOTHING MONTH et un BUY NOTHING YEAR pour passer un vrai message social à ces énergumènes de la pensée unique corporatiste qui adore cette main invisible du marché et qui manquent de respect envers les travailleurs à salaires crève-faims.

Tous les commentaires >

Suggestion de lecture

Abonnez-vous

image

Votre meilleur allié pour faire grandir votre entreprise, votre carrière et votre portefeuille !

 

Économisez 75 % sur le prix en kiosque !

Abonnez-vous