La dématérialisation est «le plus grand défi» des détaillants selon le pdg de David's Tea

Publié le 01/02/2016 à 16:56

La dématérialisation est «le plus grand défi» des détaillants selon le pdg de David's Tea

Publié le 01/02/2016 à 16:56

Par François Normand

(Photo: Courtoisie)

L'accélération des achats de biens et de denrées sur internet menace l'existence de plusieurs boutiques et de magasins entrepôts, affirme Sylvain Toutant, président et chef de la direction du détaillant de thé David's Tea (Nasdaq, DTEA).


«Cette dématérialisation des chaînes logistiques dans les prochaines années est certainement le plus grand défi des gens dans l'industrie du détail», a déclaré le patron de l'entreprise québécoise, lors d'une allocution prononcée ce lundi midi devant le Cercle canadien de Montréal.


Pour illustrer son propos, Sylvain Toutant donne l'exemple d'un service d'achat en ligne de nourriture offert par le détaillant britannique Tesco (Lon., TSCO) dans le métro de Séoul, en Corée du Sud.


À l'aide de leur téléphone intelligent, les usagers du métro peuvent faire leur épicerie alors qu'ils sont en transit (les produits sont affichés sur une photo simulant, en taille réelle, des étagères d'épicerie).


Et ils peuvent même se faire livrer leurs emplettes avant leur retour à la maison dans certains cas.


Si le Canada traîne la patte par rapport à la Corée du Sud en matière d'achat en ligne (88% des Canadiens n'ont jamais essayé de faire leur épicerie en ligne, selon un rapport de BMO Marchés des capitaux), le pays n'échappera pas à la dématérialisation des chaînes logistiques, affirme Sylvain Toutant.


«De 25-40% de la chaîne logistique d'aujourd'hui va être complètement transformée dans les cinq prochaines années», dit-il.


Pour ce qui est du nombre de magasins, il y aurait environ 25% trop de magasins, selon le patron de David's Tea. Et à ses yeux, 40% des produits seraient à risque de ne plus être vendus dans des boutiques ou des magasins entrepôts.


De plus en plus de jeunes achètent leurs chaussures sports sur internet, en choisissant par exemple le type de semelles et de lacets.


Sylvain Toutant explique qu'une foule de produits sont en train de se numériser, en donnant l'exemple des ventes en ligne qui progressent 5 fois plus vite que les ventes au détail.


«Le mouvement est inarrêtable», dit-il.


Au Canada, le matériel informatique, les jeux vidéo et les films figurent parmi les produits qui sont aujourd'hui majoritairement achetés sur internet. En revanche, les produits d'épicerie demeurent encore très majoritairement achetés dans les supermarchés.


Et au milieu se trouve «le champ de bataille» entre les magasins et internet - pour reprendre l'expression de Sylvain Toutant - où il y a des produits comme les vêtements et les chaussures.


Mais les épiceries devront un jour ou l'autre faire face à la musique, selon le patron de David's Tea.


«Tranquillement, cette chaîne d'approvisionnement sera challengée. Les consommateurs, n'ayant pas le temps, voudront avoir accès à leur produits de façon très facile», dit-il.


Pour sa part, le détaillant de thé se positionne dans les deux univers, soit en boutique et sur internet.


La clef, selon lui, c'est de faire vivre une expérience aux clients qui se présentent dans les magasins. Et cela passe principalement par l'embauche des bons employés.


«Avoir du service et de la connaissance, ce n'est plus suffisant aujourd'hui, dit-il. Si l'on veut avoir pignon sur rue, il faut avoir du personnel qui soit engageant et qui a le goût de communiquer avec les consommateurs.»


Au troisième trimestre de 2015, David's Tea a enregistré une perte de 871 000$ par rapport à 228 000$ à la période correspondante en 2014.


En revanche, pendant la même période, les revenus de l'entreprise ont bondi de 32% pour s'établir à 36,3 millions au troisième trimestre de 2015.


Pour l'ensemble de 2014, le chiffre d'affaire de David's Tea s'est établi à 142 millions de dollars canadiens, et il pourrait atteindre de 175 à 177 M$ en 2015, selon une présentation faite aux investisseurs en janvier.


Pour l'ensemble de 2014, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement s'est élevé à 22 M$CA. En 2015, il devrait osciller de 23,5 à 24,5 M$.

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