Lait de Poule: pour en finir avec les «matantes»

Publié le 21/11/2017 à 12:03

Lait de Poule: pour en finir avec les «matantes»

Publié le 21/11/2017 à 12:03

Par Martin Jolicoeur

Claudia Chassé, portant ci-haut ses propres créations, veut en finir avec la dictature des vêtements «de matantes».

À 31 ans et deux jeunes enfants, Claudia Chassé veut en finir avec la dictature des vêtements «de matantes». Profitant de son congé de maternité, l’entrepreneure de Lanaudière a décidé de s’attaquer au marché du vêtement de grossesse et d’allaitement.


«Ce n’est pas parce qu’une femme attend un bébé ou vient d’accoucher qu’elle ne doit pas se sentir belle» dit la jeune mère. Tout le monde connait Thyme Maternité, l’enseigne spécialisée de la montréalaise Reitmans. Mais en raison de la faible concurrence, explique-t-elle, l’offre demeure limitée».


Les vêtements de maternité sont souvent mal conçus et faits de tissus aux couleurs génériques, à mille lieux des imprimés plus tendance, déplore-t-elle. Bref, le confort n’y est pas et le plaisir non plus. De ce triste constat est né chez elle l’envie de changer les choses.


L’idée lui est venue véritablement en septembre 2016, au cours d’une promenade avec son conjoint. «Je ne savais pas quoi porter pour une réunion de famille en fin de journée. À la maison ou en public, l’allaitement n’est pas vraiment un problème. Mais devant la famille, c’est différent. Devant les oncles, les tantes ou son père, une mère veut souvent être plus discrète. Et ne pas être condamnée pour autant à passer ses journées à l’écart, seule avec son bébé dans une chambre d’amis.»


Aussitôt pensée, aussitôt fait. Habile en couture (elle a appris à coudre à 12 ans!), celle qui a toujours voulu étudier en mode se met à l’ouvrage et réalisera le jour même un premier prototype du chemisier imaginé, à temps pour affronter la réunion de famille.


Il n’en fallait pas plus pour que, six mois plus tard, son entreprise Lait de Poule voit le jour officiellement, avec une première collection à présenter juste à temps pour le Salon de la maternité et de la paternité, d’avril 2017 à Montréal.


 Profitant de l’aide de sa famille et d’un prêt de démarrage de la Banque de développement du Canada (BDC), Lait de Poule propose aujourd’hui une collection de vêtements originaux, entièrement faite au Québec, composés de hauts (chemisiers et camisoles) de type croptop, et de bas (robes –longues et courtes- et pantalons) assortis, tous interchangeables afin de maximiser le nombre d’ensembles.


Dans le jargon du milieu, on parle d’un concept de collection mix&match, qui plait autant aux femmes enceintes qu’à celles simplement en quête d’un maximum d’assortiments pour un minimum de vêtements, a constaté la jeune créatrice. Cette clientèle représente actuellement 10% à 15% de ses ventes. «Elles achètent pour le côté pratique, le confort de nos coupes et tissus, comme vêtements de voyage, notamment.»


Pour le moment, 70% de ses ventes se réalisent en ligne par l’intermédiaire du site web que la jeune maman a elle-même conçu. Le 30% restant est écoulé au moyen de boutiques éphémères (pop up shops) un peu partout en province et d’un réseau grandissant de boutiques indépendantes spécialisées.


À Montréal, entre autres, les boutiques Melons & Clémentines, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce, et Câlins & Popotin, dans Rosemont, tiennent ses vêtements. Ces derniers sont aussi disponibles à Québec (Rosalice), en Beauce (La Maisonnette), à Amos (Isabelle & Coccinelle) en Abitibi, de même qu’à Terrebonne (Bedons & Poupons) et Rivière-du-loup (Bébé Loup).


Ce faisant, la jeune mère entrepreneure diplômée en communication et marketing de l’Université de Montréal, a trouvé le moyen de remporter des prix, notamment celui de Femme Essor dans Lanaudière, et de se hisser à titre de finaliste provinciale au défi OSEntreprendre, un concours d’entrepreneuriat.


Plus récemment, Lait de poule a aussi été sélectionnée pour faire partie d’un groupe de douze jeunes entrepreneurs (18 à 35 ans) qui accompagneront le Réseau M, associé à la Fondation de l’entrepreneurship, dans une mission d’exploration en France.


«J’en suis excessivement heureuse, réagit Claudia Chassé. J’ai eu l’audace d’oser me lancer en affaires. J’ai certainement l’audace de continuer de faire avancer mon idée. Si cela se traduisait par la découverte de nouveaux marchés, je serais la fille la plus comblée qui soit.»

À suivre dans cette section

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