Élus et entreprises s'élèveront contre les tarifs sur les voitures à Washington

Publié le 19/07/2018 à 06:23

Élus et entreprises s'élèveront contre les tarifs sur les voitures à Washington

Publié le 19/07/2018 à 06:23

Par La Presse Canadienne

Après avoir lancé une guerre commerciale avec la Chine et semé la colère de plusieurs alliés des États-Unis avec des tarifs sur l'acier et l'aluminium, le président Donald Trump est prêt pour son prochain combat. Il prend pour cible un produit au coeur de l'identité américaine: l'automobile.


Le plus récent projet de M. Trump est d'envisager l'imposition de tarifs douaniers sur les voitures et les pièces automobiles importées _ un geste qui aiderait selon lui les travailleurs aux États-Unis, mais qui pourrait faire grimper les prix des voitures, réduire la compétitivité des constructeurs américains et susciter des mesures de représailles de la part d'autres pays, dont le Canada.


Ce projet dans le secteur automobile fait l'objet d'oppositions encore plus vives au Congrès que les précédentes décisions de l'administration Trump, qui contrastent avec l'approche américaine des dernières décennies en matière de commerce.


Jeudi, des constructeurs automobiles, des fournisseurs, des concessionnaires et des diplomates étrangers se relayeront pour témoigner lors d'une audience à Washington, et tenteront de convaincre l'administration Trump d'abandonner son plan sur les tarifs dans le secteur automobile. Après l'audience, le département du Commerce décidera s'il accole aux véhicules et aux pièces automobiles importés la notion de menace à la sécurité nationale et s'il recommande au président l'imposition de tarifs.


En annonçant l'enquête dans le secteur automobile en mai, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, avait affirmé: «Il y a des éléments montrant que, pendant des dizaines d'années, les importations de l'étranger ont érodé notre industrie automobile intérieure.»


Malgré tout, même General Motors, qui bénéficierait apparemment de droits imposés à ses rivaux étrangers, est opposé au plan du président Trump.


Et même si on les compare à la guerre commerciale avec la Chine dans les secteurs de haute technologie et aux tarifs sur l'acier et l'aluminium contre les principaux alliés des États-Unis, les tarifs dans le secteur automobile relèveraient la barre considérablement. L'an dernier, les États-Unis ont importé des véhicules pour une valeur de 192 milliards $ US et des pièces automobiles pour 143 milliards $ US — des chiffres qui surpassent largement les 29 milliards $ US dans l'acier, les 23 milliards $ US dans l'aluminium et les 34 milliards $ US en biens chinois qui font l'objet de tarifs par l'administration Trump.


«Il s'agit vraiment de relever le tout d'une gigantesque coche. Je crois effectivement que c'est peut-être aller un peu trop loin», a affirmé Mary Lovely, une économiste de l'Université Syracuse spécialisée en commerce.


Au Sénat, le démocrate Doug Jones, de l'Alabama, et le républicain Lamar Alexander, du Tennessee, ont annoncé leur intention de présenter des mesures législatives pour s'opposer à la volonté du président Trump d'imposer des tarifs de 25 pour cent sur les automobiles. Les deux politiciens soutiennent que ces tarifs menacent des dizaines de milliers d'emplois dans leurs États.


«Les automobiles et les pièces automobiles étrangères ne sont pas une menace à notre sécurité nationale. Mais vous savez ce qui constitue une menace? Une taxe de 25 pour cent sur le prix de ces biens étrangers», a fait valoir M. Jones.


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