Auto: le salon de Détroit manque de panache pour son dernier millésime hivernal

Publié le 16/01/2019 à 06:52

Auto: le salon de Détroit manque de panache pour son dernier millésime hivernal

Publié le 16/01/2019 à 06:52

Par AFP

Des espaces exceptionnellement alloués à des restaurateurs, des exposants tuant l'ennui collés à leur smartphone, des allées clairsemées: le dernier salon automobile de Detroit organisé en hiver manque du panache qu'a connu cette Mecque de l'automobile mondiale pendant trente ans.


Le Cobo Center, parallélépipède en béton gris abritant les exposants au bord de la rivière Détroit, est étonnamment calme pour cette ultime édition hivernale. À compter de 2020, le salon se tiendra en juin.


Des espaces entiers ont été loués à des groupes de restauration, faute d'avoir trouvé preneur auprès d'acteurs de l'industrie automobile. Cette année, Mercedes, BMW, Jaguar, Land Rover, Volvo, Audi, Lamborghini, Ferrari, Rolls Royce brillent par leur absence.


Par endroits, les organisateurs en ont même été réduits à occuper l'espace en installant simplement quelques tables et chaises.


Les voitures présentées manquent d'admirateurs. Les «ambassadeurs des marques» et hôtesses d'accueil tentent tant bien que mal de s'occuper.


Au stand d'Infiniti (groupe Nissan), le nouveau concept de véhicules électriques truffés de technologies qui fait ses premiers pas dans le monde trône sur un podium désert. Il y a encore peu, la foule se serait bousculée pour l'immortaliser avec un selfie.


Le programme des deux jours consacrés à la presse est mince, et les petits fours et coupes de champagne proposés sur certains stands restent souvent en plan.


Le sud-coréen Kia Motors a transformé une partie de son emplacement d'exposition en route de campagne cabossée pour démontrer la résistance de son SUV Telluride. Mais peu de visiteurs se pressent pour tenter l'expérience.


Les absences de Sergio Marchionne, l'ancien PDG de Fiat Chrysler décédé en 2018, et de Carlos Ghosn, patron déchu de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi en détention au Japon, résonnent dans l'immense salle de presse.


Visionnaires aux ambitions parfois démesurées, ces deux voix influentes de l'automobile pouvaient l'un comme l'autre, par un jeu de mot, imprimer le ton à un salon.


«À bout de souffle»


«Le salon est à bout de souffle», en conclut Michelle Krebs, experte chez AutoTrader.


Ce célèbre événement de l'automobile, qui a pris des accents internationaux en 1989, n'a pas résisté à la Silicon Valley, qui bouscule et chamboule la plupart des pans de l'économie.


Au fil des années, Détroit a ainsi été forcé de devenir le lieu où sont exposées les grosses voitures (pickups, SUV et crossovers) que conduiront les consommateurs américains dans l'année, cédant l'innovation (voitures autonomes et électriques) et la fantaisie à Las Vegas, le luxe et le haut de gamme à New York, Los Angeles et Miami, voire Pebble Beach (Californie).


C'est en 2008 au salon de Détroit que Dodge a révélé un gros SUV en pleine rue au milieu de taureaux et de cowboys qui ont interrompu la circulation. Mais ces dernières années, rien de tout cela.


Le changement de calendrier a pour but affiché de replacer ce salon au centre de l'échiquier automobile mondial dans la renaissance économique en cours de la ville dont il porte le nom.


«L'influence de Détroit demeure importante», insiste Yu Jun, président du groupe chinois GAC Motor.


«Avec un temps plus clément, on peut imaginer tout type d'expositions, des événements dans la rue. C'est la possibilité pour les constructeurs de faire à l'extérieur ce qu'ils ne pouvaient pas en intérieur», avance Doug North, patron de l'association organisant le salon, qui se tient jusqu'au 27 janvier.


«Ça va être l'occasion de tenter de nouvelles expériences», souscrit Bill Ford, président exécutif de Ford, tandis que Patrick Morrissey (General Motors) y voit une chance pour «réimaginer le salon».


Détroit pourrait séduire les entreprises technologiques. Elles se sont contentées jusqu'ici d'une présence symbolique dans la capitale de l'automobile américaine, alors même que leurs ambitions dans les transports sont élevées.


Philippe Schricke, chef de projet au sein du fabricant de détecteurs laser Velodyne, explique que si la grand-messe de l'électronique de Las Vegas (CES) reste la «priorité», son entreprise aura dorénavant davantage de temps pour se préparer en vue de Detroit.


«Détroit était secondaire pour nous, mais comme ça va arriver six mois maintenant après le CES, au lieu de quelques jours, on peut imaginer qu'on y présente des nouveautés», confie-t-il à l'AFP.


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