Pauline Marois dénonce le "gâchis" libéral

La Presse Canadienne . les affaires.com . 11-11-2008

Mme Marois a passé sa journée, mardi, à faire un bilan du gouvernement de Jean Charest, qu'elle juge incapable de gérer des grands projets. Pour ce faire, elle s'est d'ailleurs présentée à la presse devant l'îlot Voyageur de l'Université du Québec à Montréal, un projet qui s'est transformé en un gouffre financier et qui reste inachevé.



Plus tard dans la journée, elle a visité une fromagerie du Marché Jean-Talon, à Montréal, pour dénoncer la gestion de la crise de la bactérie listeria dans les fromages par le gouvernement Charest. Des milliers de kilogrammes de fromage avaient alors été détruits de manière préventive, causant d'importants ennuis financiers aux fromagers.



"Nous, ça nous fait mal au coeur ce qui vous est arrivé", a-t-elle lancé à une préposée de la fromagerie qui se plaignait de cette "journée noire".



Fouettée par le sondage, Mme Marois a monté d'un cran les attaques, multipliant les épithètes contre le chef libéral Jean Charest et son gouvernement sortant. Elle a parlé de "comédie d'erreurs", de "gâchis libéral" que le PQ devra "encore" nettoyer, d'"amateurisme", d'"incompétence", de dépassements de coûts pour le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et, selon elle, de non-respect de plusieurs promesses.



Mardi, un sondage Léger marketing paru dans le Journal de Montréal suggérait que le PQ prend maintenant la tête dans les intentions de vote des francophones et que le taux de satisfaction envers le gouvernement Charest a diminué de 62 à 53 pour cent, entre octobre et novembre 2008.



Selon ce sondage, le Parti libéral aurait récolté 41 pour cent des votes, le PQ 35 pour cent et l'Action démocratique du Québec (ADQ) 14 pour cent. Le sondage a été réalisé du 7 au 9 novembre auprès de 1001 répondants et a une marge d'erreur de 3,4 pour cent.



Interrogée à ce sujet, Mme Marois a expliqué sa tranquille remontée par le fait que les électeurs perçoivent que le PQ peut être une vraie solution de rechange au gouvernement libéral.



Elle a admis qu'elle avait eu quelques journées difficiles depuis le début de sa campagne électorale, il y a sept jours, avec la fuite d'un document interne la décrivant comme snob, la contestation entourant le rejet de la candidature de Jean-Caude St-André dans L'Assomption ainsi que les vidéos de mauvais goût de l'ADQ la dépeignant comme une femme hautaine. "C'est vrai que ma fin de semaine a été un peu difficile mais, vous savez, on mesure parfois les gens dans l'adversité."



Mme Marois ignore pratiquement l'ADQ depuis le début de sa campagne, même quand elle visite des circonscriptions actuellement représentées par l'ADQ, comme lundi dans Masson, Prévost et Blainville. Elle a expliqué son attitude face à l'ADQ par le fait que c'est Jean Charest qu'elle veut remplacer.



Elle s'est d'ailleurs trouvée aux côtés du chef adéquiste Mario Dumont, mardi midi, lors d'une cérémonie pour commémorer le Jour du souvenir au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.



Sur la question du CHUM, Mme Marois s'est simplement engagée à se donner trois mois pour examiner le dossier et voir s'il y a moyen de le faire à coût raisonnable là où les libéraux le projettent, au 1000 St-Denis, soit le site actuel de l'Hôpital St-Luc.



Les coûts, qui devaient à l'origine être de 1,1 milliard $, sont maintenant évalués à 1,7 milliard $, incluant la démolition de l'hôpital St-Luc, que le gouvernement libéral envisage maintenant.



"La gestion du CHUM, c'est pathétique", s'est-elle exclamée.



Le PQ, lui, préférait l'option du 6000 St-Denis, dans le quartier Rosemont. Mais Mme Marois se dit prête à poursuivre l'aventure du 1000 St-Denis si l'examen du dossier démontre qu'il y a moyen de construire le nouvel hôpital à coût raisonnable.



Interrogée sur la façon dont elle financerait son plan de relance économique de 400 à 600 millions $ ainsi que son plan de 800 millions $ pour les familles, Mme Marois a été catégorique: "non, nous ne comprimerons pas" les organismes et les dépenses de façon générale. Elle a toutefois admis que, comme tout gouvernement, il y a parfois des programmes à revoir, à réévaluer.



Elle a répété que sa priorité serait celle d'"un enfant une place" dans les services de garde, dès la première année, et que ses autres mesures pour la famille ne verraient le jour que lorsque la situation financière serait rétablie.



Mme Marois s'est déjà dite prête à envisager un déficit ponctuel, si la situation financière précaire le nécessitait. Elle s'est toutefois engagée à maintenir l'équilibre budgétaire sur une période de cinq ans, soit un mandat.

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