Les locataires mauvais payeurs sont plus nombreux

La Presse Canadienne . les affaires.com . 30-06-2009

Selon les données obtenues par le Journal de Montréal, pas moins de 46 148 plaintes de non-paiement ont été enregistrées par la Régie du logement en 2008-2009. Ce sont 450 de plus que l'an dernier et 4500 de plus qu'en 2001-2002.



"On voit une progression constante, mais il est certain que la crise économique peut jouer un rôle, tout comme les augmentations de loyer ", a expliqué le porte-parole de la Régie, Jean-Pierre Leblanc.



Selon lui, le délai moyen de traitement d'une plainte est de 30 jours, mais certains locataires réussissent à étirer les délais.



Lorsqu'un locataire refuse de payer, le propriétaire peut entreprendre des procédures d'éviction ou de saisie. " Nos avocats chargés des saisies sont plus occupés depuis l'automne dernier ", a confirmé Martin Messier, président de l'Association des propriétaires du Québec.



Pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), il faut des mesures plus coercitives pour dissuader les mauvais payeurs. " On devrait exiger un dépôt de sécurité de loyer équivalent à 50 pour cent ou 100 pour cent d'un mois ", a dit le responsable des communications, Hans Brouillette. On estime à 200 millions $ les pertes encourues annuellement.



On souhaite aussi réduire les délais de traitement des plaintes à la Régie. " Comme les propriétaires savent qu'ils ne récupéreront pas les loyers impayés, ils devraient pouvoir récupérer le logement plus rapidement ", a-t-il fait valoir.



A la Régie du logement, on indique que l'on donne des séances d'information aux locataires, notamment aux nouveaux arrivants. " On leur rappelle que leur première obligation, c'est de payer leur loyer ", a soutenu Jean-Pierre Leblanc.



La crise économique ne doit pas devenir un prétexte pour se désister de ses obligations, selon la CORPIQ. " Pour les problèmes passagers, par exemple une perte d'emploi, les propriétaires peuvent être tolérants et soutenir un locataire, mais les propriétaires ne doivent pas supporter le poids social de la crise ", a conclu Hans Brouillette.



Le nombre de propriétaires qui évincent leur locataire pour récupérer le logement est lui aussi en hausse. En mars dernier, on a dénombré pas moins de 1210 demandes de reprises de logement.


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