Jean-Paul Gagné : Faut-il scinder la Caisse ?

Publié le 09/02/2009 à 00:00

Jean-Paul Gagné : Faut-il scinder la Caisse ?

Publié le 09/02/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

C’est pourtant ce que nous avons fait au Québec en confiant à la Caisse de dépôt et placement les fonds de 25 déposants institutionnels. L’avoir net de ces déposants était de 155 milliards de dollars à la fin de 2007.



Le secteur privé n’agit pas de cette façon. Toutes les caisses de retraite privées confient la gestion de leur actif à plusieurs gestionnaires.



Un peu d’histoire



La Caisse de dépôt a été créée en 1965 pour administrer les fonds du Régime des rentes du Québec. Ensuite, on a ajouté à sa responsabilité la gestion de l'actif du régime de retraite des employés du gouvernement (le RREGOP), qui est maintenant le plus gros déposant (46 milliards à la fin de 2007).



La Caisse gère aussi les fonds de plusieurs autres régimes de retraite d’employés du gouvernement (Sûreté du Québec, Université du Québec, etc.), d’autres organismes publics (élus municipaux, techniciens ambulanciers, enseignants de la Commission scolaire de Montréal, employés de Ville de Laval, etc.) et de sociétés d’État (SAAQ, CSST, Financière agricole, Autorité des marchés financiers, etc.).



La Caisse gère même la caisse de retraite des employés syndiqués de l’industrie de la construction, qui est pourtant purement privée, et celle des employés des centres de la petite enfance. Elle gère aussi le Fonds de générations.



Une catastrophe



Si le récent reportage de La Presse (6 février) sur le rendement attendu de la Caisse pour 2008 est vrai, et rien de permet de douter du contraire, les déposants de la Caisse ont subi une baisse de leurs avoirs de l’ordre de 25 % en 2008. Cette performance ramènerait à 4 % le rendement moyen de la Caisse sur une période de 10 ans.



C’est une catastrophe qui nécessitera ou des hausses de cotisations, ou une révision des bénéfices attendus, ou les deux à la fois.



Mais c’est aussi un gâchis qui aurait pu être évité en partie si les déposants avaient eu la possibilité de confier une partie de leurs avoirs à d’autres gestionnaires ou, encore, si leur propre caisse de retraite ou leur propre fonds avait été géré par d’autres gestionnaires.



Aucun autre gouvernement au Canada et aux États-Unis ne semble avoir centralisé à ce point la gestion de leurs caisses de retraite. Au niveau fédéral, on a créé un organisme et un fonds pour gérer le Régime des rentes du Canada et on a fait de même pour la caisse de retraite des fonctionnaires. En Ontario, Teachers ne gère que la caisse de retraite des enseignants. Les employés municipaux ont leur propre caisse, OMERS.



En Californie, Calpers gère le régime et la caisse de retraite des fonctionnaires de l’État et Calstrs fait de même pour les enseignants.



Débat à ouvrir



Les risques pris par les gestionnaires de la Caisse de dépôt dans le papier commercial et les devises et les pertes importantes qui en ont découlé nécessitent non seulement une révision de la gouvernance de la Caisse de dépôt, mais aussi un débat sur l’opportunité de revoir sa taille et même de la scinder, pour diminuer le risque des déposants.



Certains observateurs avaient suggéré, il y a une vingtaine d’années, de séparer la Caisse en deux, justement pour réduire les risques d’une mauvaise gestion sur l’ensemble de la société québécoise. Cette idée fut combattue avec vigueur par des ténors nationalistes, qui y avaient vu une tentative de rapetisser le Québec. Selon eux, il fallait voir grand. Il ne fallait pas toucher à la Caisse dépôt, un des plus beaux fleurons de la Révolution tranquille. Il fallait même la faire grossir davantage pour lui donner la possibilité de faire de plus gros placements et un pouvoir accru d’intervention dans l’économie. Malheureusement, la Caisse a connu sa bonne part de déboires.



Le moment est venu de débattre de l’opportunité de conserver tel quel ce monopole, qui, à cause de sa taille immense, porte en lui le risque d’appauvrir l’ensemble la société québécoise quand les affaires tournent mal, comme cela vient de se produire.



Qu’en pensez-vous ?



Estimez-vous que la Caisse de dépôt est trop grosse ?

Croyez-vous qu’il faille la séparer ?

Pensez-vous qu’on devrait permettre à certains déposants de mettre la Caisse en concurrence et de faire gérer une partie de leur fonds par d’autres gestionnaires ?

Jugez-vous démesuré le risque de confier à un seul organisme le monopole de la gestion des avoirs de toutes les caisses de retraite du secteur public et de tous les organismes d’assurance du gouvernement québécois ?


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