Fini la nostalgie, demande le PDG de Bombardier

Publié le 20/10/2017 à 11:34

Fini la nostalgie, demande le PDG de Bombardier

Publié le 20/10/2017 à 11:34

Par Martin Jolicoeur

Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier. Photo: Getty

Les sentiments de nostalgie n’ont plus leur place au Québec. Et plutôt que de regretter la prise de contrôle du CSeries par Airbus, les Québécois devraient au contraire en être fiers.


C’est le message que le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a tenté de communiquer ce vendredi matin, à l’occasion d’une conférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.


M. Bellemare partageait la tribune avec son homologue, Thomas Enders, le président et chef de la direction d’Airbus. C'est ce conglomérat européen qui a hérité, plus tôt cette semaine, du contrôle du programme de fabrication de la gamme d’avions CSeries, de Bombardier.


«Nous devrions être fiers de ce que l’on a réalisé. Fiers de l’avion spectaculaire que nous avons développé. (...) Fiers enfin quune entreprise comme Airbus ait accepté de se joindre à notre programme», a déclaré M. Bellemare devant un auditoire évalué à plus de 500 personnes, réunis dans un hôtel du centre-ville de Montréal.


La réalité, a-t-il expliqué, est que Bombardier a su développer un grand avion et que l'entreprise avait «besoin de ressources supplémentaires afin que les investissements, l'avion que nous avons fabriqué puisse prendre son envol». Et en tant que «plus important avionneur civil au monde, Airbus est le meilleur partenaire que nous aurions pu espérer.»


Voilà pourquoi, a poursuivit M. Bellemare, «je pense que les éléments de nostalgie, on devrait tasser ça de côté et regarder le positif. Nous sommes en train de mettre en place des mécanismes, des outils, pour faire de ce programme un grand succès. (...) Un succès dont les Québécois et Canadiens seront fiers.»


Le contrôle à Airbus


Le grand patron d’Airbus n’a pas caché sa satisfaction devant d’accueillir le nouvel appareil, développé par Bombardier, dans son catalogue. «En plus d’avoir la capacité de vendre cet appareil, nous aurons les moyens de stabiliser et de renforcer l’industrie aéronautique québécoise.»


«Nous allons travailler fort, a-t-il poursuivi, pour que les fournisseurs québécois puissent profiter d’un meilleur accès à nos contrats (ceux d’Airbus) et ainsi dynamiser encore davantage les relations que nous avons déjà avec l’industrie canadienne.»


Lundi soir dernier, les représentants de Bombardier et du gouvernement du Québec ont annoncé avoir cédé le contrôle du programme CSeries au géant Airbus. Au terme de cette entente, Airbus hérite d’une participation de 50,01% dans le CSeries, tandis que 31% des parts seront détenues par Bombardier et 19% par Investissement Québec.


À la création de la société chapeautant le projet en 2015,  la participation Bombardier dans le CSeries s’élevait en 2015 à 50,5% et celle de Québec à 49,5%. Entre temps, à la faveur de nouvelles injections de capitaux par Bombardier, la part de Québec avait fondu à quelque 38%.


Réduire les coûts et doubler les ventes


Forte d’une présence mondiale et d’un vaste réseau de fournisseurs, Airbus saura réduire les coûts de production, rassurer les clients qui s’inquiétaient de la solidité de Bombardier et ainsi doubler les perspectives de vente du CSeries, a déclaré M. Bellemare.


Ce dernier, s’est aussi félicité au passage d’avoir réussi à attirer au Québec un donneur d’ordre de l’envergure d’Airbus. «Une chance», estime-t-il, qui pourrait profiter au Québec, aux fournisseurs d’ici et aux travailleurs.


S’exprimant uniquement en anglais, le grand patron d’Airbus en a profité pour vanter l’écosystème aéronautique canadien et annoncer qu’il prévoyait, avec le CSeries, s’accaparer d’au moins la moitié (50%) du marché mondial des avions de 100 à 150 places.


Des emplois aux États-Unis


Questionné sur le niveau d’emploi qui sera maintenu à Mirabel, où sont actuellement assemblés les avions CSeries, les deux pdg ont rappelé une clause de leur entente voulant que le principal lieu de production de l’appareil demeurera au Québec jusqu’en 2041, soit pour encore 24 ans. «On va renforcer l’industrie (…) On a besoin d’alliés en Amérique.


Certes, des emplois liés à la gamme CSeries seront créés aux installations d’Airbus à Mobile, en Alabama, a reconnu M. Enders, qui s’est réjoui de pouvoir ainsi répondre aux vœux (America first) de l’administration du président Trump. Ces installations américaines devraient, à terme, embaucher quelque 5 000 travailleurs.


Le président d’Airbus a cependant cherché à rassurer. Les emplois créés aux États-Unis ne se feront pas au détriment de ceux d’ici. «Nous n’enlèverons pas d’emploi au Canada. La même inquiétude s’est présentée en Europe lorsque nous nous sommes implantés en Asie. Nous leur avons fait comprendre qu’au contraire, l’ouverture d’usines à l’extérieur nous permettait de demeurer concurrentiels».


Sky is not the limit


Est-ce que l’engagement d’Airbus vis-à-vis le Québec est suffisant élevé pour que l’avionneur en vienne à décider d’assembler à Montréal ou Mirabel d’autres de ses appareils?, a demandé Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain (CCMM).


Évitant habillement d’en prendre l’engagement formel, le grand patron d’Airbus a répondu: «Sky is not the limit. Tout est possible. Mais commençons d’abord par le CSeries. On verra par la suite.»


Et qu’adviendra-t-il de la participation de Bombardier dans le CSeries au-delà de 2024? Est-ce que Airbus entend bien prendre le contrôle total (100%) des activités du CSeries? Sur ce point, M. Enders s’est montré vendredi beaucoup moins affirmatif que d’autres représentants d’Airbus l’on été au cours des derniers jours.


Quant à M. Bellemare, ce dernier a précisé que l’objectif de Bombardier était de demeurer impliqué dans le programme aussi longtemps que possible. Mais que si d’aventure, les choses devaient se passer autrement, «le CSeries aura au moins réussi à attirer un nouveau maître-d’œuvre au Québec».


Peu après 14 :30 aujourd’hui, l’action de Bombardier avait gagné un autre 0,06$ aujourd’hui, une hausse de 2,16%, pour atteindre un pris de 2,84$ l’action. En 30 jours, à la Bourse de Toronto, la valeur de l’action de l’avionneur a progressé de 15,83%.


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