Bourget: Ottawa brille par son absence

Publié le 16/06/2015 à 10:47

Bourget: Ottawa brille par son absence

Publié le 16/06/2015 à 10:47

Par Martin Jolicoeur

Photo: Shutterstock

PARIS– Aucun ministre du gouvernement du Canada n’est présent cette année au Salon de l’aéronautique et de l’espace Paris–Le Bourget. Une absence aussi rarissime que remarquée par les membres de l’industrie. 


«Personnellement, je vous dirais que je n’ai jamais vu cela. Depuis dix ans que je ne manque pas un salon et vraiment cette absence est exceptionnelle», a confié un des membres de la délégation canadienne avant de vite demander l’anonymat. «Dans notre industrie, vous comprenez, un peu tout le monde a besoin du fédéral un jour ou l'autre.»


Au cours des dernières années, les ministres du gouvernement fédéral se faisaient effectivement un devoir d’être sur place, a reconnu Jim Quick, président-directeur général de l’Association de l’industrie aérospatiale du Canada (AIAC). L’an dernier par exemple, trois ministres d’Ottawa s’étaient rendus en Grande-Bretagne à l’occasion du Salon aéronautique de Farnborough. Et l’année précédente, au Salon du Bourget de 2013, jusque quatre ministres fédéraux avaient trouvé le moyen de se rendre dans la région parisienne pendant les quelques jours que durent le salon français.


En leur absence, se sont les ministres provinciaux du Québec et de l’Ontario qui ont volé la vedette. Au Québec, Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations a été sous les projecteurs. Lorsque questionné sur le sujet, cet ancien président d'Investissement Québec s'est montré surpris. Pour l’Ontario, c’est Brad Doguid, ministre du Développement économique, de l’Emploi et de l’Infrastructure, qui a multiplié les rencontres de démarchage.


Du bout des lèvres


Mais jouant de prudence, ce n'est que du bout des lèvres que les représentants de l’industrie ont osé commenter l’absence d’Ottawa.«On aurait aimé qu’un ministre soit là, c’est certain. Mais les gens comprennent la situation a dit Suzanne Benoît, présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, organisme en partie financé par Ottawa. Étant donné le contexte, j’imagine que leur chef leur a demandé de rester au pays cette année.»


Même prudence de la part de l’industrie ontarienne. «Habituellement, ils sont là. Mais c’est plus difficile cette année, en raison probablement des élections qui approchent», affirme Moira Harvey, directrice générale de l’Ontario Aerospace Council.


«En cette période électorale, leur absence est compréhensible. Et malgré leur absence, on continue de sentir le support du gouvernement envers notre industrie», a insisté Jim Quick, pdg de l’AIAC.


«Et puis, d'ajoutee Suzanne Benoit, d’Aéro Montréal, même si une présence ministérielle est toujours appréciée, la diplomatie économique peut parfois aussi être accomplie par l’intermédiaire de sous-ministres et autres haut-fonctionnaires.»


À ce chapitre, furent dépêchés au nom d’Ottawa, entre autres, le sous-ministre d’Industrie Canada, John Knubley, la présidente de Développement économique Canada, Marie Lemay, ainsi que la sous-ministre associée de Travaux publics et Services Canada, Lisa Campbell.


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