Analyse : peut-on parier sur la résilience de CAE ?

Anne Robert . les affaires.com . 16-02-2009

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Le secteur militaire tient la route. Photo: CAE

Des entreprises qui livrent des résultats supérieurs aux attentes des analystes ne sont pas monnaie courante en période de récession. Et pourtant CAE, l’entreprise montréalaise qui fabrique des simulateurs de vols civils et militaires et qui forme les pilotes, annonçait la semaine dernière des bénéfices de 21 sous par action, contre des estimations des analystes de 18 sous en moyenne.



Cette performance lui vaut les approbations positives des analystes qui sont séduits par la résilience émanant en premier lieu de son modèle d’affaires diversifié.



En dépit de la crise, le chiffre d’affaires de son secteur militaire continue de progresser au rythme de 10% par an et ses marges opérationnelles se tiennent à 15%. Un rythme que CAE s’estime en mesure de maintenir, «les grandes puissances militaires n’ayant pas l’intention de réduire leurs budgets de défense, du moins jusqu’en 2010», selon la direction de l’entreprise.



Le deuxième facteur de résilience est le taux de change. CAE vend pour l’essentiel en dollars américains avec des coûts de production largement dominés par le dollar canadien. La chute du dollar canadien contribue à soutenir ses marges bénéficiaires.



Facteur cyclique



Restent les activités dans le domaine civil, dont la nature cyclique demeure la crainte des investisseurs. Pour l’immédiat, doté d’un carnet de commandes solide, CAE n’entrevoit pas de baisse dans ses livraisons de simulateurs civils. La compagnie compte toujours sur des ventes de 34 simulateurs en 2009.



L’inquiétude se situe plutôt sur les ventes de 2010 et au-delà. «Les observations historiques nous amènent à penser que le plancher dans le secteur aéronautique sera atteint en 2012», dit Benoit Poirier.



Les analystes anticipent soit des annulations, soit un recul des commandes. Les clients de CAE sont confrontés à la fois à la baisse de leur volume d’activité et à la crise du crédit qui rétrécit l’accès au financement.



Selon Benoit Poirier, analyste chez Desjardins, les ventes de simulateurs pourraient tomber à 20 unités en 2010, soit un recul de 39%. Chez UBS, Fadi Chamoun table sur des ventes de 25 simulateurs en 2011.



Les analystes émettent aussi des réserves sur la résilience des marges dans le secteur civil, tant pour les ventes de simulateurs que pour les revenus émanant de la formation. Même si le taux de change favorable dopera les marges, l’analyste David Tyerman de Scotia Capital estime que «les prévisions sur les marges doivent être traitées avec prudence».


Élan de reprise?



Ces menaces, toutes inquiétantes soient-elles, «sont déjà incorporées dans le prix de l’action», pensent les analystes Benoit Poirier et Fadi Chamoun. Ce dernier estime en outre que «les risques à la baisse sont limités».



De là à anticiper un élan de reprise, certains y croient, d’autres pas. Dans le camp des optimistes, Benoit Poirier de Desjardins table sur une cible à un an de 11 dollars, alors que Richard Stoneman de Dundee Securities vise 11,30 dollars.



Plus modérés, les cibles des autres analystes sont de 8 dollars pour UBS, 8,75 dollars pour Scotia Capital, 9 dollars pour la RBC et 9,50 dollars pour la BMO. Pour ces analystes, la morosité ambiante ne se prête pas à une remontée en flèche de l’action de CAE.





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