Airbus: les employés de Bombardier croisent les doigts

Publié le 17/10/2017 à 03:46

Airbus: les employés de Bombardier croisent les doigts

Publié le 17/10/2017 à 03:46

Par Martin Jolicoeur

À quoi ressemblera la vie des travailleurs du CSeries de Bombardier, maintenant que l’appareil est passé sous contrôle du géant Airbus?


À défaut de pouvoir le dire hors de tout doute, le représentant du Syndicat des Machinistes (AIMTA) préfère s’accrocher à l’espoir que ce dernier rebondissement puisse être porteur de sérénité pour tous ceux qui, depuis des années au pays, travaillent à son développement.


« La priorité pour nous est que nos membres puissent se coucher ce soir en se disant que ce programme va continuer, qu’il ne mourra pas, et qu’ils pourront enfin rassurer leur famille en leur disant qu’ils ont encore pour plusieurs années de travail devant eux», a déclaré David Chartrand, au cours d’une conférence de presse conjointe organisée par Bombardier et Airbus, lundi soir à Montréal.


M. Chartrand représente à lui seul 15 000 travailleurs syndiqués au Québec, et plus de 50 000 membres au Canada, dont 16 000 dans l’industrie aérienne et aérospatiale. Ce dernier s’est dit heureux à l’idée d’entreprendre une nouvelle relation avec les dirigeants d’Airbus et «réconforté» par l’engagement de l’européenne de conserver la fabrication et l’assemblage de l’avions CSeries au Québec «au moins jusqu’en 2041».


Des inquiétudes... et de l'optimisme


Tout n’est pas parfait. La décision communiquée en conférence de presse par exemple, de faire fabriquer dorénavant les avions destinés au marché américain par des travailleurs d’Airbus en Alabama soulève des questions graves pour le syndicat.


En outre, est-ce à dire que le tiers des emplois qu’on espérait initialement pour le Québec se retrouveront plutôt en Alabama? Quelle garantie les travailleurs d'ici auront-ils que les installations d’Airbus aux États-Unis n’en viendront pas éventuellement à produire le gros des appareils vendus? Et puis, pourquoi envisager un tel scénario alors que subsiste encore une possbilité que les dernières décisions rendues par Washington à l'endroit du CSeries puissent être renversées? 


En attendant de trouver réponse à ces questions, et bien d’autres encore, David Chartrand a dit choisir d’accueillir ce changement avec «optimisme», curieux de voir comment le CSeries saura profiter de la nouvelle force de vente, de l’expertise et de la renommée d’un géant comme Airbus.


À court et moyen termes au moins, les emplois seront maintenus, se dit le représentant syndical. «Je pense qu’on ne pouvait pas en dire autant hier. On ne pouvait pas non plus le dire la semaine dernière, constamment sous la menace d’une épée de Damoclès»


«Ce qui est sûr, est que demain, on va aller voir nos membres à l’ouvrage pour parler avec eux et nous assurer que tout le monde comprend bien ce qui arrive. (…) Pour le reste, nos relations avec Airbus, j’ai bon espoir que tout ira pour le mieux. On le saura avec le temps.»


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