Il y a des années, la chanteuse Dalida lançait
à son amoureux, qui lui faisait des promesses sans passer
à l'action : " Paroles ! Paroles ! Paroles ! " J'ai
l'impression d'entendre aujourd'hui le même refrain. On parle
beaucoup, on forme beaucoup de commissions qui remettent de
volumineux rapports, on organise beaucoup d'ateliers de
réflexion, on promet... mais on ne fait rien. " Faute
d'argent ", dit-on. " Faute d'audace ", c'est ce que j'en
dis.
Nous serions bien inspirés si nous prenions le temps de
réfléchir à ce que disait John E. Kelly,
directeur de la recherche chez IBM, en parlant de ses plans
d'avenir pour son service dans la revue Business Week du 10 mars
2008 : " Il faut poser des gestes osés, plus importants que
par le passé. Si nous ne ratons pas plus du tiers de nos
essais, c'est que nous n'avons pas essayé suffisamment.
C'est là une règle d'or ". Dans la
société québécoise, essayer et
échouer est difficilement pardonné. On a peur des
erreurs, et surtout, on ne pardonne pas à celui qui s'est
trompé. C'est ce qui explique ce manque d'audace, cette
audace que nous devrions pourtant au contraire cultiver en ces
temps diffi-ciles. Par exemple, qu'arriverait-il si...
... les patrons osaient investir dans la formation de leurs
employés pour les rendre meilleurs encore et plus efficaces
?
... les agriculteurs et les éleveurs de boeufs osaient faire
des gestes significatifs pour expliquer à nous,
Québécois, que leurs boeufs élevés dans
les terres nordiques produisent une chair de très grande
qualité qui justifie un prix plus élevé que la
viande hachée sans goût venant de chez nos amis du Sud
?
... le grossiste en fournitures électriques expliquait mieux
que les disjoncteurs qu'il vend ne sont pas de dangereux produits
contrefaits mais qu'ils sont " Made in Québec ", et que la
sécurité justifie un prix légèrement
plus élevé ?
Je sais d'expérience que tôt ou tard, il faudra passer
à l'acte. Pourquoi attendre ? Cessons les belles paroles,
les beaux plans de " Marketing, keting, keting " qui, trop souvent,
ne servent absolument à rien. Il faut AGIR. Voilà le
mot de passe ! Il y aura certainement des erreurs, des pertes
quelquefois substantielles. Mais c'est en essayant que l'on
progresse. Le directeur de la recherche chez IBM cité plus
haut a tout à fait raison. Et c'est un point de vue auquel
adhère aussi le chroniqueur du journal Les Affaires,
René Vézina, qui écrivait dans
l'édition du 22 mars 2008 : " Mais que c'est
compliqué, chez nous ! Si vous voulez voir ce que donne une
collectivité qui regarde droit devant sans pleurer sur son
passé glorieux ou sans décrier les méchants
promoteurs immobiliers, allez faire un tour dans le nord de
l'Angleterre ". Il ne parlait pas de business : il parlait de la
revitalisation de la ville de Manchester. Mais le message reste le
même : l'avenir appartient à ceux qui osent, à
ceux qui agissent.
Alors, que ce soit dans notre administration publique, dans nos
municipalités, à Québec, à Ottawa, mais
aussi et surtout dans nos PME, retroussons nos manches et posons
des gestes concrets, même au risque de nous tromper et
d'être obligés de recommencer. Nous serons au moins
passés à l'action !