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Assez parlé : agissons !

  • par JEAN-MARC CHAPUT


Il y a des années, la chanteuse Dalida lançait à son amoureux, qui lui faisait des promesses sans passer à l'action : " Paroles ! Paroles ! Paroles ! " J'ai l'impression d'entendre aujourd'hui le même refrain. On parle beaucoup, on forme beaucoup de commissions qui remettent de volumineux rapports, on organise beaucoup d'ateliers de réflexion, on promet... mais on ne fait rien. " Faute d'argent ", dit-on. " Faute d'audace ", c'est ce que j'en dis.

Nous serions bien inspirés si nous prenions le temps de réfléchir à ce que disait John E. Kelly, directeur de la recherche chez IBM, en parlant de ses plans d'avenir pour son service dans la revue Business Week du 10 mars 2008 : " Il faut poser des gestes osés, plus importants que par le passé. Si nous ne ratons pas plus du tiers de nos essais, c'est que nous n'avons pas essayé suffisamment. C'est là une règle d'or ". Dans la société québécoise, essayer et échouer est difficilement pardonné. On a peur des erreurs, et surtout, on ne pardonne pas à celui qui s'est trompé. C'est ce qui explique ce manque d'audace, cette audace que nous devrions pourtant au contraire cultiver en ces temps diffi-ciles. Par exemple, qu'arriverait-il si...

... les patrons osaient investir dans la formation de leurs employés pour les rendre meilleurs encore et plus efficaces ?

... les agriculteurs et les éleveurs de boeufs osaient faire des gestes significatifs pour expliquer à nous, Québécois, que leurs boeufs élevés dans les terres nordiques produisent une chair de très grande qualité qui justifie un prix plus élevé que la viande hachée sans goût venant de chez nos amis du Sud ?

... le grossiste en fournitures électriques expliquait mieux que les disjoncteurs qu'il vend ne sont pas de dangereux produits contrefaits mais qu'ils sont " Made in Québec ", et que la sécurité justifie un prix légèrement plus élevé ?

Je sais d'expérience que tôt ou tard, il faudra passer à l'acte. Pourquoi attendre ? Cessons les belles paroles, les beaux plans de " Marketing, keting, keting " qui, trop souvent, ne servent absolument à rien. Il faut AGIR. Voilà le mot de passe ! Il y aura certainement des erreurs, des pertes quelquefois substantielles. Mais c'est en essayant que l'on progresse. Le directeur de la recherche chez IBM cité plus haut a tout à fait raison. Et c'est un point de vue auquel adhère aussi le chroniqueur du journal Les Affaires, René Vézina, qui écrivait dans l'édition du 22 mars 2008 : " Mais que c'est compliqué, chez nous ! Si vous voulez voir ce que donne une collectivité qui regarde droit devant sans pleurer sur son passé glorieux ou sans décrier les méchants promoteurs immobiliers, allez faire un tour dans le nord de l'Angleterre ". Il ne parlait pas de business : il parlait de la revitalisation de la ville de Manchester. Mais le message reste le même : l'avenir appartient à ceux qui osent, à ceux qui agissent.

Alors, que ce soit dans notre administration publique, dans nos municipalités, à Québec, à Ottawa, mais aussi et surtout dans nos PME, retroussons nos manches et posons des gestes concrets, même au risque de nous tromper et d'être obligés de recommencer. Nous serons au moins passés à l'action !

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