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Tics et éthique

Réformons la gouvernance du CIO !

  • par FRANÇOIS REBELLO

Voici venu le temps des Jeux olympiques. Ils en auront fait couler de l'encre, ces Jeux ! On a beaucoup parlé, entre autres, du fait que les athlètes ont été pris en otage. En fait, ce n'est qu'à moitié vrai. La vérité est qu'on fait erreur sur les vilains. Ce ne sont pas ceux qui ont réclamé que les chefs d'État boycottent la cérémonie d'ouverture qui ont pris les athlètes en otage. Non. Ce sont plutôt les décideurs du Comité international olympique (CIO). Après tout, ce sont eux qui, en juillet 2001, ont attribué les Jeux à la Chine sans penser à la situation impossible dans laquelle ils plongeraient les athlètes. Une situation dont aucun de ces sportifs n'avait besoin. En choisissant Toronto, le CIO aurait évité que nos athlètes soient confrontés à un dilemme moral. Cela étant dit, quand on s'attarde à la gouvernance du CIO, on comprend pourquoi cette décision a été prise. Cet organisme est une aristocratie, le dernier vestige d'une époque révolue.

Le CIO réunit 115 membres cooptés parmi lesquels se trouvent quelques Canadiens, dont l'avocat Dick Pound. Comme les membres sont admis par cooptation, ils ne sont pas élus par les gouvernements. Ils doivent plutôt gagner l'appui de membres qui siègent déjà au comité. Seul un système de ce genre - lire : un système fermé - a pu nommer, en 1980, Juan Antonio Samaranch président, malgré son passé de ministre sous la dictature du général Franco. Faut-il ajouter que personne n'a été étonné lorsque des accusations de corruption ont été lancées contre certains membres du CIO ?

Quel processus a mené au choix de la Chine comme terre d'accueil des Jeux olympiques de 2008 ? Le rapport d'évaluation réalisé par la commission du CIO afin de comparer les candidatures révèle qu'aucun critère relatif au respect des droits de la personne n'a été pris en compte lors de l'analyse, laissant à chacun des 115 membres du CIO le soin de " parvenir à leurs propres conclusions " sur " certaines questions politiques telles que les droits de l'homme ". Aucune évaluation des avantages et des inconvénients présentés par le choix de la Chine sur le plan de l'amélioration des droits de la personne n'a donc été faite par les membres du CIO. Pas plus qu'ils n'ont tenu compte du point de vue des athlètes.

Les grandes organisations internationales ne fonctionnent pas ainsi. Qu'il s'agisse du Conseil de sécurité de l'ONU, du Fonds monétaire international (FMI) ou de la Banque mondiale, ces organisations sont gouvernées par des représentants élus par des pays souverains. Par exemple, pour conserver son siège au Conseil de sécurité, le Canada devra gagner l'appui des autres pays souverains et non celui d'une petite aristocratie. Il est temps de nettoyer le CIO en réformant sa gouvernance.

On dit que l'attention que reçoit la Chine depuis plusieurs mois, parce qu'elle accueille les Jeux, fera progresser ce pays sur la route des droits de la personne. Nous pourrions en débattre longtemps... Mais une chose est sûre : le choix de ce pays est loin de profiter aux athlètes.


François Rebello s'intéresse aux questions d'investissement responsable et a été PDG du Groupe investissement responsable jusqu'en mars 2007. En 2005, il a voté dans plus de 500 assemblées d'actionnaires.  

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