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Une porte toujours plus ouverte
Les équipes multiculturelles procurent à l’entreprise un regard élargi.
La diversité ethnoculturelle représente un atout considérable pour les organisations qui traitent avec l’étranger. La maison de production Tortuga Films mise sur cet attribut pour la création et pour ses rapports avec des partenaires à l’international.

L’apport de la diversité ne se mesure pas qu’au point de vue économique. Elle contribue entre autres au développement de l’intelligence culturelle et à faciliter l’ouverture vers les marchés extérieurs. La maison de production Tortuga Films, établie à Rimouski, table justement sur de tels avantages en favorisant la diversité ethnoculturelle au sein de ses équipes.
Il faut dire que sa cofondatrice affiche un parcours l’ayant menée aux quatre coins de la planète. En effet, Viveka Melki, présidente de Tortuga Films, est originaire de la Gambie, en Afrique de l’Ouest, et sa famille est d’origine libanaise. Elle est diplômée de l’Université Simon Fraser de Vancouver et du British Columbia Institute of Technology. L’un de ses derniers films, Campesinos... la terre va nous rester, raconte des histoires se déroulant au Guatemala, au Nicaragua et au Costa Rica.
Un monde sans frontières
Avec une telle feuille de route, il n’est pas étonnant que la diversité fasse partie des valeurs intrinsèques de l’organisation. Sa dirigeante refuse d’ailleurs de définir le monde par les frontières qui le composent, d’autant plus que les sujets abordés dans ses productions les dépassent largement. En effet, Tortuga crée des films et des séries documentaires dont l’objectif est de sensibiliser, d’éduquer et d’amorcer la réflexion sur des thèmes sociaux, politiques et environnementaux.
Des valeurs communes
Pour Viveka Melki, il est donc logique et avantageux de s’entourer de gens aux expériences diverses et avec des connaissances d’autres régions du globe. « Nos films n’ont pas de frontières et nos histoires reflètent bien cette nouvelle réalité. Donc, il est naturel pour nous de nous construire autour de personnes aux expériences diversifiées. De fait, nous incorporons ces différences à nos politiques organisationnelles. »
Cela se traduit notamment par une grande souplesse quant aux horaires de travail, par exemple lors des congés religieux ou des diverses fêtes nationales étrangères. Viveka Melki explique qu’étant passée par la grande entreprise, elle comprend la nécessité de rendre son personnel heureux et de permettre à chacun de concilier la vie personnelle et le travail.
Cela dit, l’entrepreneure reconnaît que la nature humaine rend parfois difficile la réussite d’une telle aventure. « Nous sommes et serons toujours l’autre pour une autre personne, estime-t-elle. Cela est accentué par le fait que notre entreprise est située à Rimouski, une région où l’intégration fait moins partie du paysage que dans les grands centres »
Il n’en reste pas moins que ces deux dernières années, Tortuga a notamment accueilli une stagiaire belge d’origine rwandaise en plus d’avoir engagé une coordonnatrice de production d’origine française. À l’occasion du tournage d’un documentaire, la compagnie a bénéficié, pour le sous-titrage, de l’aide d’un professionnel d’origine marocaine ayant principalement travaillé en Allemagne, ainsi que d’une traductrice canadienne originaire du Guatemala. Enfin, Tortuga développe présentement divers projets avec une Canadienne ayant des origines ivoiriennes de même qu’avec une Française ayant la nationalité canadienne.
« Nous fonctionnons toujours en équipe quand nous élaborons des projets. Comme nous souhaitons raconter aux gens d’ici des histoires d’ailleurs, la variété des profils et des origines des gens avec lesquels nous travaillons devient vite un attribut. » L’attribut est d’autant plus important que par ses activités et sa mission, l’entreprise oeuvre constamment avec des collaborateurs de partout. « Pour sensibiliser les jeunes à la solidarité et à l’écologie, nous oeuvrons avec des ONG dans le but de développer des ressources éducationnelles en milieu scolaire. Par conséquent, il est dans nos habitudes de travailler avec des producteurs locaux et des créateurs des régions que nous identifions. »
Paradoxalement, alors que les diplômes obtenus à l’étranger sont encore souvent difficilement reconnus au Canada et que, par conséquent, les compétences acquises sont remises en question, Tortuga voit les choses d’un autre oeil. « Ces expériences sont un réel bagage. Regroupées, elles nous aident à progresser et à aborder les situations avec différentes perspectives. »
Enrichissement personnel
L’apport de gens de diverses origines dépasse clairement le contexte professionnel puisqu’il enrichit aussi le quotidien de l’équipe de Tortuga. « Les membres de notre équipe ont souvent des discussions qui apportent à chacun un apprentissage personnel. Le tout permet d’élargir les horizons et, même, d’ouvrir des pistes pour d’éventuels projets. Cela devient même une nécessité puisque nous évoluons dans un milieu assez homogène. »
La vision internationale de Tortuga ne se limite toutefois pas à accueillir et intégrer du personnel de diverses origines dans ses projets. En effet, touchés par des situations observées lors de tournages en Amérique centrale, Viveka Melki et Adam Pajot Gendron (cofondateur de Tortuga, réalisateur et scénariste) ont mis sur pied une fondation destinée à permettre aux enfants de pays en voie de développement de poursuivre des études postsecondaires. Pour y parvenir, l’entreprise verse 100 % de ses revenus nets de distribution éducationnelle afin de remettre des bourses d’études et distribuer du matériel scolaire et informatique aux jeunes dans le besoin.
À ce jour, la Fondation Tortuga Films a ainsi aidé des étudiants d’une école du Guatemala par la distribution de matériel informatique. Elle a aussi octroyé trois bourses d’études à des jeunes d’Amérique centrale en plus de donner du matériel scolaire à la communauté d’Yorkin, au Costa Rica.
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