Poussée hors du nid, elle revient en force

Publié le 24/09/2011 à 00:00, mis à jour le 15/12/2011 à 14:03

Poussée hors du nid, elle revient en force

Publié le 24/09/2011 à 00:00, mis à jour le 15/12/2011 à 14:03

Par Aude Marie Marcoux

Marcelin Chaumont voulait que sa fille Mylène fasse ses preuves ailleurs avant de joindre l'entreprise familiale. [Photo : Sébastien Lavallée]

Reprendre les rênes de l'entreprise familiale n'a pas été facile pour Mylène Chaumont : elle a dû essuyer deux refus successifs de la part de son père avant de pouvoir prendre la relève du Groupe Sentinelle Santé. Qu'à cela ne tienne : en attendant son heure, elle est partie faire ses armes ailleurs. C'est donc en étant plus expérimentée qu'elle assume la présidence depuis plus d'un an.


"Dès le début, je voulais que ma fille aille faire ses classes ailleurs. Je pensais qu'ainsi, lorsqu'elle reviendrait chez nous, elle serait encore meilleure", dit Marcelin Chaumont, qui a fondé la première clinique de santé privée du Groupe Sentinelle Santé à Gatineau, en 1996. Deux ans plus tard, la PME qu'il possède avec sa femme, Raymonde Paquin, ouvrait une deuxième clinique à Ottawa.


Première tentative


À la fin de son baccalauréat en droit, Mylène Chaumont fait une première tentative pour entrer dans l'entreprise familiale, mais se heurte à une porte close. Elle part donc à "l'école de la vie" et occupe à la chaîne plusieurs emplois dans le secteur communautaire. Elle y acquiert diverses compétences, notamment en gestion des ressources humaines et budgétaires.


Parallèlement, elle complète une maîtrise en gestion de projet, au cours de laquelle elle fait porter tous ses travaux sur l'entreprise familiale. Jusqu'à son mémoire qui traite de la relève... appliquée au cas du Groupe Sentinelle Santé.


Bien décidée à se créer une place dans le groupe, Mylène Chaumont s'interroge sur les faiblesses qu'elle pourrait combler dans son profil : elle s'arrête sur les ventes. Elle oriente ses recherches dans ce secteur et décroche un poste en développement des affaires au Service de formation en entreprise de la Cité collégiale. Son optique : un jour, mettre au service de l'entreprise familiale ces nouvelles cordes à son arc.


Second essai


Au retour d'un congé de maternité, elle tente une seconde approche auprès de son père : deuxième rebuffade. "Il fallait tellement que je prouve ma motivation ! Mon père voulait presque que j'aille lui arracher l'entreprise des mains !" lance-t-elle en riant.


Loin de se laisser décourager, elle entre alors dans le groupe par la petite porte... comme représentante bénévole. Quand l'entreprise perd un important client qui représente près de 75 % du chiffre d'affaires de sa clinique d'Ottawa, elle saisit tout de suite l'occasion de faire ses preuves. Elle parvient à trouver de nouveaux partenaires, prouvant du même coup son utilité. Ce succès lui ouvre la porte : elle fait officiellement son entrée dans l'entreprise familiale en septembre 2006 à un poste rémunéré. "Il fallait que je fasse doublement mes preuves. Je ne voulais pas être considérée juste comme la fille des patrons ."


Prix de la relève


Dès lors, elle insiste pour entamer le processus de relève : évaluer l'entreprise, trouver les outils, les ressources et les spécialistes utiles à la transition. Elle concocte un plan, qui l'amène à racheter 51 % des parts de ses parents, aidée par la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs. En 2010, elle accède à la présidence de l'entreprise et remporte les honneurs au Gala de la Chambre de commerce de Gatineau, en décrochantle prix dans la catégorie relève.


"Il n'y a ni manuel ni mode d'emploi pour le processus de relève. Il faut réinventer la roue à chaque fois ; cela m'a fascinée", précise la jeune femme de 34 ans.


Avec le recul, la nouvelle présidente comprend mieux pourquoi son père lui a mis des bâtons dans les roues. "Il me disait toujours qu'il ne savait pas tout, que je devais aller voir ailleurs et transmettre ce savoir pour en faire bénéficier l'entreprise", dit-elle.


"Au début, j'ai pris cela comme un rejet, mais j'ai compris que c'était pour le bien de l'entreprise. Je n'aurais jamais pu reprendre les rênes et l'amener plus loin si je n'avais pas acquis de l'expérience auparavant."

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