Les Cris chercheurs d'or

Publié le 31/01/2009 à 00:00

Les Cris chercheurs d'or

Publié le 31/01/2009 à 00:00

Par Hugo Joncas

"J'en ai trouvé une fois, mais la mine est fermée aujourd'hui", dit Sam Bosum, un vieux routier de la prospection qui a participé à la découverte de la mine de cuivre et d'or Selbaie, au nord de La Sarre, en Abitibi.


Les prospecteurs, chaussés de raquettes, cherchent courageusement un filon, malgré le froid intense de - 30o Celsius, avec leurs Beep Mat, nom donné au détecteur de métal qu'ils traînent derrière leur dos et qui ressemble à un drôle de traîneau. C'est la méthode la moins coûteuse pour chercher des métaux.


Quand le détecteur passe au-dessus d'un gisement, il émet un signal. "Ça sonne une fois par jour, mais parfois, c'est une cannette d'aluminium", explique Nicodemus Bosum, un chercheur d'or cri (sans lien de parenté avec Sam) employé par Native Exploration Services.


Tribu sans terre


Le patron, Sam Bosum, est né en 1942, dans une famille de trappeurs nomades, au nord-est de Chibougamau. À l'époque, le poste de traite des fourrures de la Compagnie de la Baie d'Hudson était le seul établissement permanent de la région. Mais les minières venaient de plus en plus explorer la Baie-James, et les Cris du clan de M. Bosum devenaient embarrassants. "Il y avait beaucoup d'activité. Nous avons dû nous déplacer sept fois avant d'aboutir sur le bord de la route, près de Chibougamau, dans des abris de fortune", dit-il. Le village d'Oujé-Bougoumou a été construit en 1992 pour les Cris sans terre de son clan.


Son frère est maître de trappe, ou taliman : il contrôle une aire de chasse. M. Bosum, lui, a toujours gagné sa vie dans l'exploration minière, comme de nombreux Cris de la région. "J'ai travaillé pour Inco, Falconbridge et d'autres", dit-il.


Il a été le deuxième chef de son village. Mais, en 1984, il a d'abord fondé Native Exploration Services, une société de services miniers. "Je travaille pour les mêmes compagnies qu'avant, mais comme sous-traitant", dit le chercheur d'or.


Par les temps qui courent, il travaille plutôt avec Nimsken. Cette compagnie d'exploration appartient à la communauté d'Oujé-Bougoumou et cherche des métaux dans la région. Nimsken a reçu l'appui du Conseil cri sur l'exploration minérale (CCEM), mis sur pied par l'Autorité régionale crie pour trouver des gisements dans la Baie-James.


Quant aux sociétés non cries, elles ont bien du mal à se financer par les temps qui courent. Les contrats de services techniques sont rares. "Ça va plutôt mal. Les compagnies ne nous appellent pas", dit M. Bosum.


En ce moment, il se rabat sur le travail d'exploration que lui a confié Nimsken. Cet hiver, les employés de Native Exploration cherchent des métaux entre Chapais et Waswanipi pour l'entreprise d'Oujé-Bougoumou.


Mais comme tous les prospecteurs, ils doivent être patients. Les chercheurs d'or dénichent rarement des mines. "J'espère qu'un jour, nous trouverons quelque chose", dit Sam Bosum, les yeux rivés sur ses cartes minières.


Investissement et exploration autochtones


Après la signature de la Paix des Braves, l'Autorité régionale crie et Québec ont créé le Conseil cri sur l'exploration minérale (CCEM) en 2002 pour éviter que les Cris ne se retrouvent encore en marge du développement minier.


Le Conseil reçoit 300 000 $ par année pour ses projets. Depuis sa création, il a versé 1,3 million de dollars à des projets d'exploration. "Nous finançons toutes les étapes, jusqu'au forage", dit Jack Blacksmith, président du CCEM. L'organisme se réserve des redevances de 1 ou 2 % dans l'éventualité de la découverte d'une mine... ce qui ne s'est pas encore produit. Si l'occasion se présentait, "nous pourrions participer aussi à l'exploitation", dit M. Blacksmith.


Le Conseil a investi dans deux sociétés d'exploration non autochtones, Ressources d'Arianne et NioGold. "Il y a trois ans, ils sont devenus actionnaires de notre entreprise pour apprendre comment ça fonctionnait", dit Bernard Lapointe, président de Ressources d'Arianne, qui possède Opinaca [aucun lien avec Mines Opinaca], une propriété aurifère prometteuse à l'ouest de la Baie-James.

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