Rona soutient ses jeunes repreneurs

Publié le 02/04/2011 à 00:50, mis à jour le 08/04/2011 à 15:16

Rona soutient ses jeunes repreneurs

Publié le 02/04/2011 à 00:50, mis à jour le 08/04/2011 à 15:16

Par Claudine Hébert

[Photo : Gilles Delisle]

Puisqu'il compte plus de 54 000 établissements au Québec, le commerce de détail est le secteur qui connaîtra le plus grand nombre de transferts d'entreprise au cours des prochaines années. Rona prend le problème au sérieux.


À 38 ans, Sergio Di Fruscia réalisera un rêve d'enfance : acquérir sa première quincaillerie à Montréal. Et ça tombe bien, car le Groupe Rona souhaite aider de jeunes leaders à faire comme lui.


" Rona a été mon école de vie. Depuis mon premier boulot, à 16 ans, qui consistait à remplir des sacs de poussière de roche, cette entreprise a toujours cru en moi. Et aujourd'hui, elle me fournit le soutien financier nécessaire pour passer à l'étape ultime : devenir moi-même un marchand ", explique le directeur commercial du Rona l'Entrepôt, à Anjou.


M. Di Fruscia a présenté l'un des quatre premiers projets de relève qui se partageront près de 4 millions de dollars (M$) de prêts mis à leur disposition par le Groupe Rona. En 2009, le détaillant a constitué un fonds de développement de 100 M$ pour aider à financer les projets de rachat de la prochaine génération qui surviendront d'ici 2019.


" Il fallait bouger. Notre réseau de marchands affiliés reflète le vieillissement de la population ", souligne Jean-Luc Meunier, vice-président au développement affaires chez Rona. Plus de 65 % des 700 succursales du Canada appartiennent à des propriétaires marchands, et la majorité n'avait pas encore de plan de relève en 2008.


Susciter l'engagement


En plus d'instaurer ce fonds de relève, Rona organise depuis 2009 une activité annuelle réunissant une soixantaine de candidats âgés de moins de 35 ans pressentis pour former la relève. Cette initiative, qui constitue une première au pays pour une chaîne de cette envergure, vise à stimuler l'engagement des participants envers le commerce de détail.


" Chaque commerçant a des intentions différentes. On ne peut pas standardiser le processus de relève. Mais on peut faire notre part en leur fournissant outils et conseils ", poursuit M. Meunier. Il est d'avis que Rona a tout intérêt à promouvoir davantage les possibilités de carrière qu'elle offre au sein du groupe. " Notre industrie souffre en général d'une méconnaissance des perspectives de carrière qu'elle peut fournir aux jeunes. C'est à nous de mieux les faire connaître. "


Passer à l'action


Gaston Lafleur, président du Conseil québécois du commerce de détail salue les initiatives liées à la relève chez Rona. Depuis cinq ans, il constate que la plupart des 54 000 établissements québécois sont davantage conscientisés à cet enjeu.


Au Québec, comme dans la plupart des autres provinces, certains commerces de franchise ont profité d'une croissance exponentielle au cours des années 1980. " Plusieurs de ces commerces sont arrivés à maturité et doivent aujourd'hui préparer le transfert de leur entreprise. Dans leur cas, le processus de relève s'avère plus complexe que lorsque le transfert compte un seul établissement ", souligne M. Lafleur.


Selon lui, ce ne sont pas les jeunes avec détermination et leadership qui manquent à l'appel pour reprendre le flambeau. " Ce qui fait défaut, c'est du capital pour que ces jeunes puissent passer à l'action ", soutient-il. D'où l'importance, comme Rona, de proposer de l'aide et des outils pour les amener à déployer leurs ailes.


Déjà équipés pour recruter


Les commerçants possèdent un avantage non négligeable : ils ont déjà en poche des outils marketing de séduction pour attirer la clientèle. Ils savent comment présenter leurs produits et quels messages employer pour toucher leur clientèle cible. " Des outils qu'ils n'ont qu'à transposer auprès des jeunes pour recruter leur relève ", explique Patricia Lapierre, directrice générale du comité sectoriel Détail Québec.


Cependant, les commerçants ne peuvent plus organiser leurs entrevues comme avant. Ils doivent trouver les mots justes pour bien présenter leur entreprise et répondre aux questions des candidats qui s'interrogent sur la raison d'accepter les postes proposés. " Ceux qui ne sont pas suffisamment préparés vont voir filer les meilleurs éléments chez leurs concurrents ", rapporte Mme Lapierre. Et la concurrence ne se limite pas au commerce voisin. L'ensemble des secteurs économiques éprouve d'importants besoins de main-d'oeuvre. Les commerçants doivent donc demeurer à l'affût des jeunes talents qui arrivent dans leur entreprise le temps d'un stage ou d'un emploi d'été.

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