Faire entrer les investisseurs dans la danse

Publié le 17/09/2011 à 00:00, mis à jour le 16/09/2011 à 14:37

Faire entrer les investisseurs dans la danse

Publié le 17/09/2011 à 00:00, mis à jour le 16/09/2011 à 14:37

Jacques Mombleau est devenu copropriétaire de Spectra Premium en 2007. [Photo Rachel Côté]

La formule gagnante de Jacques Mombleau, pdg de Spectra Premium pour devenir calife à la place du calife : un bon plan d'affaires, une dette bien maîtrisée et... de longues nuits blanches.


Jacques Mombleau est devenu copropriétaire de Spectra Premium en 2007, à la suite du départ du fondateur et actionnaire principal Denis Charest, qui a vendu sa participation. À l'emploi de l'entreprise de Boucherville depuis 1993, le releveur a été successivement vice-président en 1999 et président et chef de la direction en 2002.


Ce rachat n'allait cependant pas de soi. Le dirigeant de 49 ans se souvient encore de ses nuits blanches lors d'un processus de transfert qui n'avait rien d'une évidence.


En effet, Spectra Premium était devenu un géant nord-américain de la fabrication de réservoirs d'essence, de radiateurs et de pièces d'automobiles avec des ventes, en 2006, de 266 millions de dollars (M$).


Effectué pour une somme de 97 M$, le rachat a concerné l'équipe de direction de l'entreprise. Jacques Mombleau, Denis Poirier et Kerry Best détiennent aujourd'hui 40 % des actions. "On y a mis nos billes, mais c'était insuffisant. Il fallait avoir le soutien de groupes financiers", rapporte M. Mombleau.


Deux sociétés de capital de risque se sont mises de la partie : le Fonds de solidarité FTQ avec des investissements de 19,1 M$ (dont 10 M$ en actions, le reste en prêts, obligations et avances) ainsi que Capital régional et coopératif Desjardins. Le Groupe Camada, de Placide Poulin, était déjà présent au capital-actions. La Banque BMO a pris la direction d'un syndicat bancaire qui a octroyé une marge de crédit et GE Capital a consenti un prêt à terme.


Un bon plan d'affaires


"Si vous voulez convaincre des investisseurs d'entrer dans la danse, vous devez avoir un bon plan d'affaires et une équipe de gestionnaires pouvant le mettre en oeuvre", signale M. Mombleau.


Les hauts dirigeants avaient déjà beaucoup d'expérience et d'autorité morale, puisque le fondateur de l'entreprise avait quitté son fauteuil de président et chef de la direction en mai 2002, conservant celui de président du conseil.


Le plan de match portait entre autres sur la vente du réseau américain de distribution et la diversification des sources de revenus.


"Notre réseau de distribution aux États-Unis entrait en concurrence frontale avec d'importants clients comme NAPA", se rappelle M. Mombleau.


Entamée en 2001, la production de pièces neuves pour les grands équipementiers, GM, Ford et Chrysler représente aujourd'hui le quart du chiffre d'affaires de l'entreprise. De plus, l'équipe de direction s'était rapidement intéressée au marché des véhicules hybrides.


"Nous avons relevé le défi de la diversification tout en restant des spécialistes", résume M. Mombleau.


Une dette sous contrôle


Mais la qualité de l'équipe de direction ne suffit pas, car le rachat de grandes entreprises par les cadres dirigeants suppose le recours à des instruments de dette. Et c'est là que le bât blesse.


"Pour toute transaction semblable à la nôtre, la question qui se pose est de trouver un niveau d'endettement acceptable à la fois pour l'entreprise et pour les partenaires financiers", constate M. Mombleau.


Autrement dit, le ratio d'endettement ne doit pas nuire aux futures capacités d'investissement de l'entreprise.


La solution ? Que les cadres dirigeants acceptent de limiter leur participation au capital-actions de l'entreprise, car plus leur poids y sera élevé, plus ils auront recours à des instruments de dette.


"Il ne faut pas être gourmands ! Grâce à de nouveaux partenaires au capital-actions, nous avons pu continuer à investir dans les usines", dit M. Mombleau.


La société a ainsi triomphé de la terrible crise de 2008 qui en a laissé plusieurs sur le carreau, à commencer par certains de ses clients les plus connus. Les ventes ont dépassé le cap des 300 M$, et Spectra Premium emploie aujourd'hui 1 200 personnes, dont près de 750 à Boucherville.


Et l'aventure est loin d'être terminée. L'objectif consiste à atteindre des ventes de 500 M$ d'ici cinq ans. Soit d'autres nuits blanches en perspective...

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