Bois Laurentides veut suivre les billots à la trace

Publié le 14/02/2009 à 00:00

Bois Laurentides veut suivre les billots à la trace

Publié le 14/02/2009 à 00:00

Par André Dubuc

Son entreprise, Les Industries de sous-traitance, située à Saint-Jérôme, était jusqu'alors connue pour ses moulures et composants de pièces de bois qu'elle livrait à des manufacturiers de produits finis.


Raymond Paquette destine 90 % de ses meubles de style ancien au marché de la Nouvelle-Angleterre.


"Pour pouvoir exporter à l'avenir, on n'aura pas le choix. Ça nous prendra du bois ayant obtenu une certification environnementale. Sinon, les marchés se fermeront", dit-il au cours d'une visite d'usine.


Certification de la forêt


M. Paquette pratique ce qu'il prêche en sa qualité de président de Signature Bois Laurentides, un organisme sans but lucratif mettant en réseau les entreprises de l'industrie du bois de la région.


L'organisme agit comme coordonnateur du créneau Forêt dans le cadre du programme Action concertée de coopération régionale de développement (ACCORD).


Créé le 11 mars 2008, Signature Bois Laurentides a pour objectif de présenter aux donneurs d'ordres une offre intégrée de produits du bois en provenance des Laurentides et dotés d'une certification environnementale.


Cet été, 85 % du territoire public des Laurentides sera certifié selon la norme du Forest Stewardship Council (FSC). "Nous deviendrons la plus grande superficie de forêt certifiée FSC au Québec, la norme la plus exigeante", souligne Denise Julien, directrice générale de Signature Bois Laurentides, dont le bureau est à Mont-Laurier.


La norme FSC confirme que la forêt est gérée selon les principes du développement durable. "Pour chaque arbre coupé, un arbre est replanté", résume M. Paquette.


Pour pouvoir garantir le caractère environnemental, l'industrie établit une chaîne de traçabilité dans ses usines de transformation. "Le consommateur pourra savoir précisément dans quelle forêt le bois a été coupé", dit Mme Julien.


La forêt, poids lourd de l'économie locale


Cette stratégie suscite beaucoup d'intérêt dans une région mise à mal par la crise forestière qui s'éternise.


La forêt couvre 85 % du territoire des Laurentides. Dans les Hautes-Laurentides, 80 % du produit intérieur brut dépend de l'industrie du bois. "Nous avons perdu près de 1 800 emplois depuis 2004", rappelle Stéphane Lapointe, directeur du CLD de la MRC d'Antoine-Labelle, territoire où se trouve Mont-Laurier.


Dans la région, l'industrie forestière compte 240 entreprises, surtout des PME, regroupant 5 800 salariés, présentes en aménagement forestier, en première, deuxième et troisième transformations.


La forêt laurentienne, forêt mixte composée de feuillus et de résineux, est répartie à 75 % sur des terres publiques et 25 % sur des lots privés.


Objectif : la construction non résidentielle


Les efforts de la région s'inscrivent dans la stratégie du gouvernement du Québec, qui cherche à augmenter l'utilisation du bois dans la construction non résidentielle.


Si le bois détient 98 % du marché des structures des constructions résidentielles, sa part dans la construction non résidentielle se limite à 5 %. Son potentiel se situe à 60 %, d'après les normes du Code du bâtiment. À ce sujet, la gare de Saint-Jérôme, construite en 2004, donne l'exemple. Son élément dominant est son ossature de bois, structure composée d'éléments lamellés-collés.


D'après Denise Julien, le bois présente de multiples avantages. Sa transformation dégage moins de gaz à effet de serre que celle de l'acier ou du béton. Il est plus performant sur le plan énergétique. La ressource est disponible localement.


La certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), système d'évaluation des immeubles verts, récompense d'ailleurs l'utilisation du bois certifié FSC comme matériau de construction.


D'ici 2010, Signature Bois Laurentides engagera un démarcheur qui informera les donneurs d'ordres des avantages du bois. Un expert en marketing sera aussi mis au service des membres du réseau.


Finalement, l'organisme caresse le projet d'ouvrir un Centre d'exposition et de commercialisation des produits du bois portant un label Laurentides à l'intention des clients d'ici et d'ailleurs. Parions qu'on y verra les meubles à l'ancienne de Raymond Paquette.

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