Cométal, un quatuor bien accordé

Publié le 21/06/2011 à 00:05, mis à jour le 23/06/2011 à 09:25

Cométal, un quatuor bien accordé

Publié le 21/06/2011 à 00:05, mis à jour le 23/06/2011 à 09:25

Alain Pouliot s'est entouré de trois cadres de l'entreprise pour assurer la relève de son père. Photo : Yan Doublet

Réjean Pouliot a passé 46 ans à bâtir Cométal, un fabricant et de distributeur d’équipements architecturaux et mécaniques pour bâtiments commerciaux, institutionnels et industriels basé à Lévis. « C’est mon bébé. Je voulais le laisser entre de bonnes mains pour assurer sa continuité. Ma relève, je l’ai préparée depuis très longtemps. Lorsqu’on est arrivé à la croisée des chemins, tout s’est fait en douceur », souligne ce passionné de golf.


M.Pouliot peut dormir sur ses deux oreilles. L’équipe en place est dynamique, compétente et passionnée. Son fils Alain a rapidement démontré de l’intérêt pour l’entreprise familiale. Il a fait ses preuves et gravi les échelons depuis 1992. « J’ai été plus exigeant envers Alain qu’avec les autres. Je ne voulais pas que les gens disent que, parce qu’il était le fils du boss, il avait des privilèges. J’ai trouvé parfois difficile de faire ça », dit l’homme de 70 ans.


Réjean Pouliot avait une autre préoccupation : s’assurer que sa relève était bien acceptée par les employés en place. « Une entreprise, c’est d’abord du capital humain et c’est ce qui fait sa force. »


Alain Pouliot, pour sa part,  est convaincu que son père ne l’aurait pas laissé prendre la direction de l’entreprise s’il ne s’était pas bien entendu avec ses collègues de travail.


« Je suis heureux de dire qu’il n’y a eu aucune démission ou mise à pied depuis la transition. Perdre des employés ou des cadres qui sont là depuis longtemps peut faire très mal à une entreprise », souligne le jeune homme de 41 ans.


Des forces complémentaires


Le processus de relève s’est échelonné sur une période de 12 ans. Réjean Pouliot a minutieusement tracé le plan de match. La passation des pouvoirs et la vente des actions se sont faites graduellement.  L’ultime transaction a été conclue en juin 2009. Son fils, actionnaire depuis 1997, est devenu à cette date président et actionnaire majoritaire.


Les trois autres partenaires sont Guylaine Gagnon, 46 ans, vice-présidente Ventes produits mécaniques, Nicolas Girard, 37 ans, vice-président Ventes produits architecturaux et Jean-Michel Deblois, 38 ans, directeur de production.


La préparation à long terme et les conseils de spécialistes sont essentiels à la réussite d’un transfert d’entreprise, estime Alain Pouliot. « Il faut aussi que la relève se fasse dans le respect des employés et de l’actionnaire sortant. C’est primordial », souligne le technicien en mécanique du bâtiment.


Développement soutenu


Depuis la transition, Cométal a poursuivi son développement. Une dizaine d’emplois ont été créés. La nouvelle direction a implanté des horaires variables pour faciliter la conciliation travail-famille.


Elle a aussi développé de nouveaux produits et importé des technologies européennes. Tout cela a permis de gagner de nouvelles parts de marchés. Enfin, l’usine a été reconfigurée l’année dernière, permettant d’augmenter la capacité de production de 30 %. Un investissement de 250 000 $. En outre, l’ouverture d’une cinquième succursale au Québec se concrétisera sous peu.


L’entreprise a le vent dans les voiles. Le développement de nouveaux produits combiné à l’expansion géographique devraient faire progresser le chiffre d’affaires de 15 à 20 % par an au cours des cinq prochaines années.


Défi de la croissance


Maintenir la croissance et la santé financière de l’entreprise représente le grand défi de la relève. « L’entreprise s’est toujours auto-financée. Du jour au lendemain, à cause de la transaction, il a fallu l’endetter et refaire un montage financier complet. Il fallait aussi minimiser l’impact fiscal pour mon père. C’est un autre gage de succès que de se faire bien conseiller par des comptables, des fiscalistes et des avocats. Cela prend des papiers en bonne et due forme ! »


Le plan de match fiscal, mis en place dès 2005, a permis de trouver le financement nécessaire. Le Fonds de Solidarité FTQ a consenti un prêt sans garantie aux jeunes releveurs ainsi que du support sous formes de conseils et de maillage avec d’autres entreprises.


Quelques faits


Date de rachat de l’actionnaire principal : juin 2009
Âge du vendeur : 70 ans
Âge des repreneurs : 41 ans, 46 ans, 38 ans et 37 ans
Raison de la vente : départ à la retraite du fondateur
Chiffre d’affaires au moment de la vente : environ 20 M$
Chiffre d’affaires aujourd’hui : en progression de 15 %
Marché : le Québec
Nombre d’employés  aujourd’hui: 75
Nombre d’employés  au moment de la vente : 65
Entreprise située à : Lévis (4 bureaux satellites : Drummondville, Jonquière, Laval et Rimouski)

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