Le défi de la main-d'oeuvre

Publié le 15/04/2010 à 00:00, mis à jour le 13/02/2011 à 22:04

Le défi de la main-d'oeuvre

Publié le 15/04/2010 à 00:00, mis à jour le 13/02/2011 à 22:04

[Photo : Société du parc industriel et portuaire de Bécancour]

L'inquiétude augmente dans le Centre-du-Québec. La récession a masqué le problème numéro un de la région : le manque de main-d'oeuvre.


En octobre dernier, le directeur général du Groupe Soucy, Éric Ellyson, affirmait que son entreprise avait annulé un contrat dans les sept chiffres à cause de la pénurie de travailleurs spécialisés...


" À part la fermeture de Camoplast, survenue en janvier 2009 à Princeville, les avis de licenciement ont été peu nombreux ", dit Éric Lampron, analyste du marché du travail à Emploi Québec.


Malgré la récession, les entreprises de la région n'ont pas mis à pied leurs employés, de peur qu'ils n'aillent travailler ailleurs.


Certaines d'entre elles ont eu recours au temps partagé, mesure grâce à laquelle Ottawa compense le salaire perdu. " Nous voulions garder nos employés, particulièrement les plus jeunes ", confirme Alexis Boulanger, directeur de Roland Boulanger & Cie, un manufacturier de moulures de Warwick.


D'autres ont fait appel à des programmes de subventions à la formation de la main-d'oeuvre. " Dans le Centre-du-Québec, 800 employés ont ainsi été formés, au lieu d'être mis au chômage ", précise M. Lampron.


Recruter à l'étranger


Certaines entreprises ont dû recruter à l'étranger. Vertisoft, par exemple, vient d'embaucher un programmeur en Inde et elle embauchera bientôt en France.


" D'autres entreprises n'auront pas le choix et feront la même chose ", croit René Thivierge, directeur de la Corporation de développement économique des Bois-Francs.


Mario Couture, économiste principal au Mouvement Desjardins, craint le pire si la situation perdure. " Le risque, c'est d'en venir à délocaliser la production, faute d'employés ", dit-il.


Il faut dire que, contrairement aux régions de Lanaudière et des Laurentides, le Centre-du-Québec attire peu de nouveaux résidents. Moins de 500 par an au cours des années 2000, avec un pic de 990 en 2008.


À Drummondville, on tente de prendre les devants. La Société de développement économique de Drummondville (SDED) a créé un poste de commissaire à l'emploi il y a un an. " Nous aidons les entreprises à recruter la main-d'oeuvre manquante à l'extérieur de la région ", dit Martin Dupont, directeur de la SDED.


Dans la MRC d'Arthabaska, on veut encourager le maillage d'entreprises. " Il faut favoriser le partage des ressources. Par exemple, une entreprise qui a moins de contrats pourrait vendre du temps-machine à une autre entreprise qui a, elle, un surplus de contrats ", dit M. Thivierge.

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