La fourrure, l'avenir des Grenier

Publié le 15/10/2011 à 00:00, mis à jour le 19/10/2011 à 15:33

La fourrure, l'avenir des Grenier

Publié le 15/10/2011 à 00:00, mis à jour le 19/10/2011 à 15:33

Par Claudine Hébert

Jeanne, Francine et Claude Grenier ont pris la relève de leurs parents, Robert et Rita. [Photo : Claudine Hébert]

Il faut du cran pour oser prôner les vertus de la fourrure. Et, en plus, convaincre le père qu'il est temps de passer le flambeau... Un exploit signé Jeanne, Francine et Claude Grenier, trois des enfants de Robert et de Rita Grenier, qui sont devenus propriétaires de la PME familiale Fourrures Grenier, à Barraute, près de 25 ans après avoir acquis leurs premières actions dans l'entreprise. Le tout s'est réglé à l'automne 2010.


Ménage à cinq


Deux raisons expliquent l'attente. La première est d'ordre fiscal. La famille espérait que l'iniquité des lois fiscales québécoises et fédérales envers le transfert familial finirait par être corrigée. Or, ce n'est toujours pas fait...


La seconde raison : Robert Grenier, âgé de 70 ans, n'avait pas du tout envie de quitter son commerce, démarré dans la cuisine de la maison familiale, à Lamorandière, au début des années 1970.


Une quinzaine d'années plus tard, la famille, installée à Barraute, diversifie ses activités avec l'ajout d'une manufacture et d'une boutique. Cette année-là, trois des enfants commencent à participer aux profits sans détenir d'actions votantes. Les deux soeurs travaillent avec leur mère, Rita, à la manufacture, et Claude collabore au commerce de la fourrure brute avec son père.


Jeanne et Francine Grenier, qui s'occupent de l'administration, commencent à implorer leur père de consacrer plus d'espace à leurs activités, devenues beaucoup plus lucratives. «Il disait oui sur le coup. Mais dès qu'on venait pour déplacer un meuble, c'était un refus total», rapporte Francine Grenier, directrice des ressources humaines.


En 2010, Fourrures Grenier bénéficie des conseils d'experts en coaching d'entreprise. «Leur évaluation a montré qu'on avait une mine d'or, mais qu'on n'avait pas les outils pour l'exploiter au maximum», explique Jeanne Grenier. Elle en vient à poser un ultimatum : on changeait les méthodes ou les deux soeurs se cherchaient un nouvel emploi. Robert accepte finalement de céder ses parts.


Nouvelle boutique


Ces jours-ci, Fourrures Grenier prépare l'inauguration de sa boutique qui a été rénovée et dont la superficie a été doublée. Le père la trouve si jolie qu'il la fait visiter à tous ses amis... L'entreprise profite d'une solide notoriété dans la région et des retombées de son réseau Facebook. Elle attire des clients de Rouyn-Noranda, de Val-d'Or et d'Amos, qui viennent acheter bottes, mitaines, chapeaux et pantoufles. L'été, on vendra des chaussures et manteaux estivaux. Les activités de la PME, qui emploie 16 personnes et dispose d'un réseau de 600 trappeurs, étaient concentrées de septembre à février. «La nouvelle boutique permettra de prolonger les heures de trois employés», souligne Jeanne Grenier.


Motivé par le boom minier, Fourrures Grenier compte développer le marché du cadeau d'entreprise. Une société lui a récemment commandé plus de 600 mitaines en cuir et fourrure pour ses employés. La conception de bottes pour bébés et la fabrication de sacs à main sont également dans la mire de l'entreprise.


Les Grenier sont convaincus que leur chiffre d'affaires doublera d'ici cinq ans. Mais au-delà des premières retombées positives, Jeanne, Francine et Claude savent qu'ils viennent d'assurer leur propre relève. «En raffinant et en augmentant la plus-value de l'entreprise, celle-ci devient plus alléchante pour la personne qui sera intéressée à en prendre les commandes», conclut Jeanne Grenier.

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