Macron: la «porte toujours ouverte» pour le Royaume-Uni dans l'UE

Publié le 13/06/2017 à 15:34

Macron: la «porte toujours ouverte» pour le Royaume-Uni dans l'UE

Publié le 13/06/2017 à 15:34

Par AFP

Le président français Emmanuel Macron a estimé mardi que «la porte (était) toujours ouverte» pour que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne «tant que la négociation du Brexit n'est pas achevée», mais qu'une fois commencée, il est beaucoup plus difficile de revenir en arrière.


De son côté, la Première ministre britannique Theresa May a indiqué, lors d'un point de presse aux côtés du président français, que les négociations du Brexit démarreraient avec l'UE "la semaine prochaine".


Bruxelles inquiète Londres


Bruxelles a ouvert un nouveau front jeudi contre le Royaume-Uni, évoquant, au grand dam de la City, de nouvelles règles qui obligeraient à déménager dans l'UE les activités de compensation en euros, actuellement à Londres.


Alors que les négociations sur le Brexit entre les 27 et le gouvernement britannique vont bientôt commencer, la Commission européenne a jeté un pavé dans la mare des chambres de compensation, qui sont des rouages incontournables de la finance et mannes non négligeables.


Ces sociétés s'intercalent entre un vendeur et un acheteur pour sécuriser une transaction et se rémunèrent pour ce service. Elles participent ainsi à la stabilité du système financier et à la réduction du risque systémique. Or la très grande majorité des produits dérivés libellés en euros sont compensés à Londres.


Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a décrit les différentes options possibles à l'avenir concernant les activités des chambres de compensations.


«Il y a des chambres de compensation de certains pays tiers qui jouent un rôle systémique clé (...) Il faut que notre cadre de supervision tienne compte de ces situations spécifiques», a déclaré M. Dombrovskis.


«Dans le contexte du Brexit, nous voyons que la situation est en train de changer car l'essentiel des instruments dérivés libellés dans des monnaies de l'UE sont traités par des chambres de compensation au Royaume-Uni et, par conséquent, nous devons évaluer les implications que cela a pour la stabilité financière», a dit le commissaire letton.


Tout en soulignant que la Commission européenne n'avait pas encore rendu ses conclusions, il a présenté deux options possibles.


La première, selon lui, serait "d'améliorer les pouvoirs de supervisions pour les autorités de l'UE concernant les entités d'un pays tiers".


Et la seconde serait de "demander à des chambres de compensation dont l'importance systémique est clé pour l'UE d'être relocalisées dans l'UE", a-t-il dit.


La question de savoir si la compensation des transactions en euros pourra rester dans la capitale britannique sera une des plus épineuses à traiter quand commenceront les discussions entre la Grande-Bretagne et l'UE sur un futur accord commercial.


La City a déjà sauvé une première fois en 2015 ses chambres de compensation, lorsque la Cour européenne de Justice avait éconduit la Banque centrale européenne (BCE) qui prônait la relocalisation en zone euro des plus grosses compensations de transactions en euros.


Des perturbations


La menace de la Commission européenne a en tout cas irrité le principal lobby financier britannique. Bien que le «pire scénario» ait été évité, Miles Celic, directeur général de TheCityUK, a estimé dans un communiqué que cette politique «pourrait mener à moins de concurrence, des coûts plus élevés et une fragmentation du marché».


Ces «dangers, également soulignés par les régulateurs américains et des organismes internationaux, ne devraient pas être ignorés», conclut-il.


Le groupe boursier britannique London Stock Exchange (LSE) s'est montré plus diplomate. "Nous comptons nous engager auprès des autorités européennes durant le processus de consultation pour mettre en lumière les bénéfices du système actuel, qui profite à l'économie européenne et soutient l'attrait et la pertinence de l'euro au sein de l'économie mondiale", a déclaré à l'AFP un de ses porte-parole.


A la Bourse de Londres, l'action du London Stock Exchange a clôturé en très forte hausse de 5,38% à 3.582 pence. Ce bond reflète le soulagement des investisseurs qui craignaient une décision de la Commission forçant l'ensemble du marché de la compensation à se déplacer sur le continent, a commenté un analyste auprès de l'AFP.


La proposition de la Commission européenne devrait en tout cas plaire au régulateur boursier français, l'Autorité des Marchés Financiers (AMF).


Dans un document publié cette semaine, cette dernière plaide indirectement et sans nommer Londres pour une localisation dans l'UE des chambres de compensation, estimant qu'elles «ne doivent pas devenir demain un foyer du risque systémique».


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