Le Portugal, la prochaine Grèce?

Publié le 27/01/2012 à 12:18, mis à jour le 16/10/2013 à 08:25

Le Portugal, la prochaine Grèce?

Publié le 27/01/2012 à 12:18, mis à jour le 16/10/2013 à 08:25

Par François Normand

Les pays de la zone euro devront-ils encore aider financièrement le Portugal? Beaucoup d’analystes le croient à la lumière de l’augmentation des coûts d’emprunt du pays.


Ce qui les inquiètent, c’est que les taux d’intérêt sur les obligations portugaises à court terme sont maintenant plus élevés que ceux sur la dette du pays à long terme.


Ainsi, le marché demande respectivement un rendement de 16,7% et 20% sur les emprunts de deux et cinq ans du gouvernement portugais. Or, le taux sur la dette portugaise venant à échéance en 2021 s’établit à 15,21% (à la clôture des marchés le 26 avril).


Ce qui signifie que les investisseurs perdent confiance dans le Portugal et demandent par conséquent d’être payés plus cher pour prêter de l’argent au pays.


Il y a deux semaines, l’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé la cote de crédit de 15 pays de la zone euro, incluant le Portugal, reléguant le pays au niveau d’obligation de pacotille, comme la Grèce.


De plus, les taux à long terme sur la dette du Portugal sont à la hausse (8,2 points depuis un an et 1,75 point depuis un mois), alors que ceux de l’Irlande - un autre pays qui a été secouru par les pays de la zone euro - sont à la baisse.


L’Irlande est clairement sur le chemin de la reprise économique, ce qui n’est pas le cas du Portugal, aux yeux des investisseurs. Il faut dire que le pays de la péninsule ibérique est dans une situation difficile.


En fait, seul le secteur agricole va relativement bien au Portugal. La croissance sera nulle cette année, et elle ne sera que d’un mince 0,4% en 2013, selon l’Economist Intelligence Unit (EIU).


Pour leur part, les secteurs de l’industrie et des services afficheront respectivement un recul de 4% et 4,4% cette année. En 2013, le repli ne sera que de 2% et de 2,3%.


Tout n’est toutefois pas sombre. Les exportations du pays (biens et services) continueront toutefois d’augmenter : 1,6% cette année et 1,4% en 2013.


Cela dit, cette mauvaise conjoncture économique, qui affecte négativement les revenus fiscaux du gouvernement, mine la capacité du Portugal à rembourser sa dette.


En 2010 (l’année la plus récente pour faire des comparaisons internationales), elle représentait 88% du PIB portugais, en forte hausse par rapport à 2009 (78,7%), selon l’OCDE.


En 2010, par rapport au PIB, le Portugal était le troisième pays le plus endetté de la zone euro après la Grèce (147,8%) et l’Italie (109%). À titre comparatif, la dette de l’Irlande ne s’élevait qu’à 60,7%.


 


Avec Reuters


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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