JO de Sotchi: les milliards de fonds publics sous l'emprise de la corruption

Publié le 22/02/2013 à 06:45, mis à jour le 22/02/2013 à 06:52

JO de Sotchi: les milliards de fonds publics sous l'emprise de la corruption

Publié le 22/02/2013 à 06:45, mis à jour le 22/02/2013 à 06:52

Par AFP

Photo: Bloomberg

Indemnités d'expropriation non versées, enquêtes pour détournements de fonds publics: les milliards alloués par l'Etat russe pour les Jeux Olympiques d'hiver à Sotchi en 2014, déjà les plus coûteux de l'histoire, alimentent la corruption qui gangrène le pays.


Les gigantesques travaux en cours dans cette zone située entre la mer Noire et les montagnes du Caucase ont entraîné l'expropriation de nombreux habitants à Sotchi pour lesquels l'Etat a débloqué des fonds de compensation.


Mais «nous avons répertorié des situations où les habitants n'ont tout simplement pas reçu d'indemnisation», indique à l'AFP une responsable de l'ONG Human Rights Watch en Russie, Ioulia Gorbounova.


La corruption est un mal endémique en Russie, et les sommes astronomiques dépensées pour les préparatifs et infrastructures de Sotchi -- 36 milliards d'euros dont 24 milliards de fonds publics -- alimentent ce fléau.


Des dizaines d'enquêtes ont été ouvertes pour corruption au sein des structures publiques et des entreprises de Sotchi. Plusieurs concernent la société publique russe Olympstroï, qui gère l'ensemble des travaux sur les sites olympiques.


Depuis l'attribution en 2007 à la Russie des JO de Sotchi, les dépenses prévues pour l'organisation de cet événement, dont le président Vladimir Poutine a fait une priorité, ont presque quintuplé.


Les travaux de construction d'un complexe de saut à ski dans les montagnes de Kranaïa Poliana, qui accusent deux ans de retard mais surtout une facture passée de 1,2 milliard de roubles (30 millions d'euros) à 8 milliards (200 millions d'euros), ont valu au vice-président du comité olympique, Akmed Bilalov, responsable du site, d'être limogé par Vladimir Poutine le 7 février, à un an jour pour jour de l'ouverture des JO.


Un habitant de Sotchi, Evgueni Mzokov, a raconté à l'AFP avoir été expulsé manu militari de sa maison ensuite rasée par des bulldozers en septembre, sans percevoir la moindre compensation.


«Nous n'avons pas reçu un kopeck»


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