Subprime: 10 ans après la crise, Wells Fargo paye son amende

Publié le 01/08/2018 à 16:26

Subprime: 10 ans après la crise, Wells Fargo paye son amende

Publié le 01/08/2018 à 16:26

Par AFP

[Photo: 123rf.com]

La banque californienne Wells Fargo a accepté mercredi de payer une amende de 2,1 milliards de dollars américains pour avoir accordé des prêts immobiliers douteux, signe que les grandes banques n’ont pas encore tourné définitivement la page des subprimes près de dix ans après la crise financière.


Cette forte amende, annoncée mercredi par le département de la Justice américain (DoJ), survient à un mois et demi du dixième anniversaire de la banqueroute de la banque d’affaires Lehman Brothers, dont la surexposition au marché immobilier américain a déclenché en septembre 2008 la plus grave crise financière depuis la Grande dépression.


Les autorités reprochent à Wells Fargo d’avoir commencé à émettre en 2005 et ce jusqu’en 2007 des RMBS, titres financiers adossés à des prêts hypothécaires risqués subprime, vendus ensuite à de grands investisseurs dont des agences fédérales garantissant les prêts.


Sa production de crédits « subprime » a ainsi doublé à l’époque, alors même que Wells Fargo « savait qu’ils contenaient des informations erronées sur les revenus (des emprunteurs) et que ces crédits ne répondaient pas aux critères de qualité mis en avant ».


Des données internes montrent qu’un nombre « substantiel » d’emprunteurs avaient fourni des données fausses sur leurs revenus, ce qui n’a pas empêché Wells Fargo de leur accorder les prêts demandés, accuse le régulateur.


Ce silence a conduit à « des milliards de dollars de pertes » pour les investisseurs ayant investi dans des produits financiers adossés à ces prêts, précise le département de la Justice.


« Ruiné »


L’établissement avait accordé au moins 73 529 prêts RMBS entre 2005 et 2007 dont « près de la moitié ont débouché sur des défauts de paiement » des ménages les ayant contractés, enfonce le DoJ, ajoutant que Wells Fargo s’était en revanche arrangée pour ne pas avoir ces crédits toxiques dans son portefeuille d’investissements afin de se prémunir des pertes éventuelles.


« Les abus dans l’industrie des produits financiers adossés à des prêts immobiliers a conduit à la plus grande crise financière ayant ruiné des millions d’Américains », fustige Alex Tse, procureur fédéral en Californie.


S’il a accepté de s’acquitter de l’amende, l’établissement n’a pas admis sa culpabilité et est apparu soulagé d’éviter des poursuites judiciaires.


« Nous sommes heureux de mettre derrière nous les problèmes juridiques liés aux RMBS survenus il y a plus de dix ans », a déclaré Tim Sloan, le PDG de Wells Fargo, banque octroyant près d’un crédit immobilier sur cinq aux États-Unis.


Les litiges autour des RMBS ont concerné certains des plus grands noms de la finance mondiale, qui ont vendu à de grands investisseurs et d’autres établissements financiers de petite et moyenne tailles ces actifs financiers adossés à des crédits immobiliers accordés en masse dans les années 2000 à des ménages fragiles.


Les défauts de paiement de ces emprunteurs ont conduit à une cascade de charges et de provisions dans le secteur financier mondial et, in fine, à la crise de 2008.


En mai, les autorités américaines ont conclu un accord avec la banque britannique RBS, portant sur une amende de 4,9 milliards de dollars pour son rôle dans les RMBS. Fin 2016, c’est Deutsche Bank qui avait accepté de payer 7,2 milliards pour éviter des poursuites judiciaires.


Quatre grandes banques américaines - JPMorgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley et Bank of America - se sont, elles, acquittées d’amendes d’un montant cumulé de 40 milliards de dollars pour solder des poursuites liées aux RMBS.


Cette affaire vient écorner encore un peu plus l’image de Wells Fargo, qui s’est toujours présentée comme une banque proche des consommateurs. L’établissement a écopé récemment d’un carton rouge sans précédent de la banque centrale américaine (Fed) pour avoir ouvert, à l’insu de ses clients, des millions de comptes en leur nom. Il fait également l’objet d’enquêtes sur ses pratiques commerciales dans les primes d’assurance auto ou encore les frais prélevés à ses clients fortunés.


Elle met par ailleurs en évidence le fait que les grandes banques n’ont pas encore soldé l’héritage des subprimes même si elles ont assaini leurs bilans et limité leurs prises de risques sous la pression des régulateurs.


 


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

Sur le même sujet

L'inflation avance de 0,3% aux États-Unis

Sur les 12 derniers mois, l’inflation américaine s’est établie à 2,5 %.

Les pros prévoient un dernier élan de 12% pour le S&P 500

BLOGUE. Le sondage de Bank of America Merrill Lynch révèle que les pros ont acheté pendant la dernière correction.

À la une

Les pros prévoient un dernier élan de 12% pour le S&P 500

BLOGUE. Le sondage de Bank of America Merrill Lynch révèle que les pros ont acheté pendant la dernière correction.

Bourse: Apple fait flancher Wall Street

Mis à jour le 14/11/2018 | lesaffaires.com

REVUE DES MARCHÉS. L'exercice avait pourtant commencé dans le vert, les investisseurs étant encouragés par l'inflation.

Titres en action: Canada Goose,Canopy, Premium Brands, Alstom, Tencent, Samsung...

14/11/2018 | LesAffaires.com et AFP

Voici une sélection d'annonces qui ont fait (ou vont faire) bouger les cours de ces entreprises.