Égypte: plus de 460 morts après la dispersion des pro-Morsi

Publié le 15/08/2013 à 10:07, mis à jour le 17/10/2013 à 06:34

Égypte: plus de 460 morts après la dispersion des pro-Morsi

Publié le 15/08/2013 à 10:07, mis à jour le 17/10/2013 à 06:34

Par AFP

Les Égyptiens commençaient jeudi à revenir timidement dans les rues au lendemain de la journée la plus meurtrière de l'histoire récente du pays, marquée par la mort de plus de 460 personnes, notamment dans la dispersion des manifestants pro-Morsi au Caire.


Après que les violences ont rapidement gagné l'ensemble du pays, un couvre-feu nocturne a été décrété dans la moitié du pays et l'état d'urgence, dont la levée avait été un des acquis de la révolte populaire de 2011, a été déclaré pour un mois.


Aucun incident n'a été signalé dans la nuit et le trafic reprenait doucement dans la matinée -- bien loin toutefois de l'agitation habituelle de la mégalopole égyptienne --, mais les Frères musulmans, l'influente confrérie dont est issu le président islamiste déchu Mohamed Morsi, ont appelé à maintenir la mobilisation, faisant craindre une nouvelle flambée de violences.


Les autorités intérimaires, installées par les militaires après la destitution et l'arrestation de l'ex-chef de l'État islamiste le 3 juillet, ont prévenu qu'elles ne toléreraient aucun nouveau sit-in ou nouvelles violences, après avoir salué « la très grande retenue » de la police.


Preuve de leur détermination, des images aériennes ont montré le village de tentes des pro-Morsi sur la place Rabaa al-Adawiya en feu, une scène impressionnante et totalement inédite dans la capitale égyptienne.


Jeudi matin, la mosquée Rabaa, épicentre de la contestation et QG des derniers dirigeants des Frères musulmans n'ayant pas encore été arrêtés par les autorités, avait en grande partie brûlé, a constaté un photographe de l'AFP.


L'intervention des forces de l'ordre a toutefois suscité l'indignation à travers le monde. La communauté internationale, qui avait tenté une médiation pour éviter ce bain de sang, a condamné un « massacre » et un recours « lamentable » à la force.


Le bilan officiel fait état de 464 morts -- 421 civils et 43 policiers -- et de 3 572 blessés dans tout le pays, mais le nombre de victimes pourrait être bien plus élevé car sur la seule place Rabaa al-Adawiya, principal point de rassemblement des pro-Morsi au Caire, un journaliste de l'AFP a dénombré 124 cadavres, la plupart portant des impacts de balles. Les Frères musulmans, eux, évoquent 2 200 morts et plus de 10 000 blessés.


Dans le pays, où les Égyptiens étaient descendus en masse dans les rues fin juillet pour « donner mandat » à la toute-puissante armée afin d'en finir avec le « terrorisme », en référence aux milliers de manifestants pro-Morsi qui occupaient deux places du Caire depuis un mois et demi, plusieurs figures d'importance se sont toutefois désolidarisées de l'opération meurtrière.


Le vice-président Mohamed ElBaradei, prix Nobel de la paix qui avait apporté sa caution au coup de force des militaires, a démissionné, disant refuser « d'assumer les conséquences de décisions avec lesquelles il n'était pas d'accord ». Avant lui, l'imam d'Al-Azhar, plus haute autorité de l'islam sunnite, avait condamné les violences expliquant n'avoir pas eu connaissance des méthodes que les forces de l'ordre comptaient employer.


La presse, largement acquise à l'armée, saluait cependant, à l'image du quotidien gouvernemental Al-Akhbar, « la fin du cauchemar Frères musulmans », le journal indépendant Al-Chourouq évoquant la « dernière bataille des Frères », aux côtés de photos montrant des manifestants armés.


À l'étranger, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à se réunir « rapidement » pour évoquer l'Egypte, fustigeant l'« hypocrisie » de l'Occident face à ce « très grave massacre ». À Paris, le président François Hollande a convoqué l'ambassadeur égyptien, après avoir saisi la veille l'ONU.


Autre sujet d'inquiétude à l'étranger, l'attaque de plusieurs églises durant les violences mercredi, les militants accusant les pro-Morsi de mener « une guerre de représailles » contre les coptes, dont le patriarche avait lui aussi soutenu la décision de l'armée de destituer M. Morsi, toujours retenu au secret.


Avant la journée de mercredi, les violences entre pro et anti-Morsi et entre pro-Morsi et forces de l'ordre avaient déjà fait plus de 250 morts depuis le début de la contestation anti-Morsi fin juin, qui a conduit à sa destitution.


Au lendemain de la dispersion, les autorités ont par ailleurs annoncé fermer le point de passage vers Gaza pour une durée indéterminée.


 


 


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