Difficile percée canadienne des vins sud-africains

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Novembre 2014

Difficile percée canadienne des vins sud-africains

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Édition du 08 Novembre 2014

Par Martin Jolicoeur

L'industrie du vin sud-africaine paie pour ses erreurs du passé, estime le jeune producteur Eben Sadie. (Photo: Martin Jolicoeur, Les Affaires)

CAPE TOWN - Les soupirs d’Eben Sadie, 41 ans, jeune producteur de vin de la région du Swartzland, en Afrique de Sud, parlent d’eux-mêmes lorsque nous lui parlons du Canada...


« J’aime le Canada. Ne vous méprenez pas. Mais c’est vraiment très difficile de faire le commerce de vin chez vous. D’abord c’est loin ; il faut vous visiter souvent. Et pour aggraver les choses, il nous faut encore nous munir chaque fois d’un visa pour entrer dans votre pays. »


Considéré comme le viticulteur sud-africain le plus novateur de sa génération, Eben Sadie illustre en peu de mots le défi que représente la conquête du Canada pour un nouvel acteur comme l’Afrique du Sud. Après des années d’efforts, le nombre de bouteilles que le vignoble de Malmesbury, contrée semi-aride située à une centaine de kilomètres au nord de Cape Town, réussit à écouler au Canada, demeure pour le moins modeste.


Les difficultés de M. Sadie ne sont pas un cas exceptionnel. Malgré une croissance exponentielle des exportations des vins d’Afrique du Sud dans plusieurs pays ces dernières années, le Canada et le Québec restent des marchés encore difficiles à percer pour la plupart des producteurs de ce pays.


À ce jour, moins de 5 % de sa production prend la route du Canada, le septième pays d’exportation de l’Afrique du Sud. Le Canada arrive loin derrière le Royaume-Uni, qui représente plus de 20 % des exportations de vin sud-africain, suivis de l’Allemagne (18,4 %), de la Russie (7,1 %) et de la France (6,6 %).


En 2013, le Canada a importé 22,2 millions (M) de litres (4,2 % des exportations) de vin de ce pays, derrière les États-Unis (32 M de litres, ou 6,1 %). « Mais au Canada, le Québec est un client majeur. Près de la moitié des vins et des spiritueux importés d’Afrique du Sud au pays s’écoule au Québec », dit Siobhan Thompson, ancienne responsable des communications d’Amarula, aujourd’hui chef de la direction de Wines of South Africa (WOSA), l’association des producteurs de vin d’Afrique du Sud.


Le défi reste important, si l’on en croit Bevan Newton Johnson, du vignoble du même nom, à Hermanus, à quelque 140 km à l’est de Cape Town. « Nous avons beaucoup de succès dans les pays scandinaves. Au Canada, avec la SAQ et la LCBO [Liquor Control Board of Ontario], c’est moins facile. Et en vérité, je ne saurais vraiment pas vous dire pourquoi... »


M. Sadie a sa petite idée sur la question. À son avis, l’Afrique du Sud paie encore pour les erreurs du passé. Il faut savoir, rappelle-t-il, que jusqu’au milieu des années 1970, l’industrie était l’affaire d’agriculteurs davantage que de viticulteurs à proprement parler. « C’était des fermiers, qui malgré toute leur bonne volonté, manquaient probablement de connaissances. »


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