Retraite : entre rêve et réalité

Publié le 21/12/2015 à 09:28

Retraite : entre rêve et réalité

Publié le 21/12/2015 à 09:28

Un Canadien sur deux estime qu’il lui faudra au moins un million de dollars pour couler une retraite confortable. Mais la très grande majorité des travailleurs est à des années-lumière d’atteindre cet objectif. Qu’est-ce qui cloche ?


Grands rêves, petits coussins : la très grande majorité des Canadiens (76 %) ont amassé moins du quart du pécule dont ils estiment avoir besoin pour leur retraite. Cette proportion est d’ailleurs en hausse de 2 % par rapport à la moyenne des trois dernières années.


C’est ce qui ressort d’un sondage publié en septembre 2015 par l’Association canadienne de la paie, un organisme défendant les intérêts des employeurs qui mène annuellement ce genre d’étude.


On pourrait croire que la situation s’améliore au fur et à mesure qu’approche le moment d’accrocher ses patins. À peine : près de la moitié des travailleurs âgés de 50 ans et plus n’avait pas atteint sa cible d’épargne-retraite. Pourtant, tous âges confondus, un répondant sur deux estime qu’il aura besoin de plus d'un million de dollars pour sa retraite.


Comment expliquer cet écart entre le rêve et la réalité ? Beaucoup de gens n’établissent pas leurs objectifs de retraite sur la base d’une analyse sérieuse, mais sur des estimations approximatives, soutient l’actuaire Nathalie Bachand, fondatrice du Groupe conseil Bachand Lafleur et présidente du conseil d'administration de l’Institut québécois de la planification financière (IQPF).


« La majorité des gens ont des perceptions de leur épargne qui ne sont pas exactes. Ils voient la retraite comme un horizon très lointain et se basent sur des généralités. Soit ils n’épargnent pas suffisamment, soit ils sont inquiets quant à la perspective de manquer d’argent à la retraite. »


Analyser les besoins


Un objectif raisonnable d’épargne-retraite varie d’un individu à l’autre, ajoute la planificatrice financière. Pour éviter de rêver en couleurs, la meilleure façon de l’établir est d’examiner ses besoins actuels. « Regardez combien il vous en coûte pour vivre actuellement. Ensuite, demandez-vous quelles dépenses risquent de s’ajouter à la retraite [voyages ou dépenses de santé, par exemple] et lesquelles peuvent disparaître, comme l’hypothèque. »


À la Régie des rentes du Québec (RRQ), on prône toujours l’utilisation de la bonne vieille règle du pouce pour fixer la cible d’épargne-retraite : pour maintenir son niveau de vie à la retraite, le travailleur aura besoin d’environ 70 % de ses revenus annuels bruts. « C’est sûr qu’il faut moduler cette règle en fonction du salaire et des besoins, nuance Renaud Bourget, actuaire à la RRQ. Mais c’est un point de départ. Plus on avance dans la vie, plus on peut préciser l’objectif de retraite. »


Fait surprenant, alors que l’espérance de vie augmente, un nombre croissant de Québécois encaisse la rente de la RRQ avant 65 ans, alors qu’il est beaucoup plus avantageux d’attendre quelques années. En 1994, ils étaient 69 % à le faire ; vingt ans plus tard, cette proportion a grimpé à 85 %. « On constate que plusieurs personnes sous-estiment leur espérance de vie, dit Pierre Turgeon, porte-parole de la RRQ. Mais la réalité, c’est que les gens vivent vieux. »


À une paie du gouffre


En outre, le sondage de l’Association canadienne de la paie révèle que nombre de travailleurs canadiens vivent d’une paie à l’autre : près de la moitié d’entre eux auraient du mal à respecter leurs obligations financières si leur chèque de paie tardait d’une semaine. Le quart d’entre eux ne pourraient pas débourser 2 000 $ si une urgence survenait.


Ce qui n’étonne guère Nathalie Bachand. Les publicités nous conditionnent à quantifier les dépenses en termes mensuels, voire hebdomadaires, selon elle. « Plusieurs personnes regardent leur chèque de paie en disant : 20 $ de plus par mois pour ce nouveau cinéma maison, ça rentre dans mon budget. La réalité est tout autre. Avant de planifier la retraite, il faut financer les imprévus. »


Ajoutez à cela l’augmentation de l’espérance de vie, une conjoncture économique en dents de scie et l’effritement des régimes de retraite, et vous avez la recette de la bombe à retardement, conclut-elle.


 

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