Lancer son plus beau projet à 75 ans

Publié le 01/08/2009 à 10:46

Lancer son plus beau projet à 75 ans

Publié le 01/08/2009 à 10:46

Par Dominique Froment

Bloomberg

 


Alors que les adeptes de "Liberté 55" travaillent leur jeu sur le terrain de golf, des entrepreneurs rentrent encore au bureau régulièrement. Ils ont des étincelles dans les yeux lorsqu'ils parlent de leur entreprise. Et ils sont âgés de 75, 80 ans, ou même plus ! Qu'est-ce qui peut les faire courir encore ? Nous vous présentons des portraits de passionnés. Cette semaine, Roger Gagnon, de Fibre de verre Sherbrooke.


"Chaque fois que je vois mes gendres, ils me rappellent combien il leur reste de temps avant de partir à la retraite. Ça me rend malade : même à mon âge, j'ai besoin de me sentir utile. Si je restais chez moi, ma vie n'aurait pas de sens."


 


 


Roger Gagnon est au bureau tous les jours, dès 7 heures. À 78 ans, le président de Fibre de verre Sherbrooke travaille avec son fils, Réal, et son petit-fils, Luc, au plus beau projet de sa vie : un pédalo en fibre de verre, un vrai bolide.


Bref, ce n'est pas encore cette année qu'il travaillera son élan au golf...


À 64 ans, âge où plusieurs sont à la retraite, M. Gagnon a fait construire une usine pour son entreprise de fibre de verre. À 69 ans, il l'a fait agrandir. Et à 76 ans, il a loué un local, parce que l'usine était trop petite.


"Je ne serais pas capable de rester chez moi, c'est trop routinier. Ici, on fait seulement du sur-mesure. Je suis toujours en train de chercher un truc pour que ça fonctionne. C'est très stimulant !", lance M. Gagnon.


"Quand il y a un problème à résoudre, ça roule 24 heures sur 24 dans ma tête; je ne peux pas arrêter d'y penser."


De l'adrénaline pure


Depuis un an, ça tourne vite dans sa tête, soit depuis qu'il a racheté d'un inventeur du Saguenay les moules pour produire en fibre de verre le CycloPal, un pédalo révolutionnaire qui permet même de remonter le courant, assure M. Gagnon, actionnaire majoritaire de l'entreprise d'une vingtaine d'employés.


"On s'en va sur le marché mondial avec ça ! C'est la plus belle chose qui me soit arrivée sur le plan professionnel. Je ne vais quand même pas laisser ça maintenant. C'est de l'adrénaline pure !"


De toute évidence, Roger Gagnon devra encore repousser son projet de réduire sa semaine de travail à quatre jours. "Ma femme a renoncé à me demander de prendre ma retraite. Si je suis encore en santé dans cinq ans, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas à l'usine tous les matins."


Sept enfants, deux jobs


À 20 ans, M. Gagnon a acheté une épicerie. Mais travailler de 8 à 22 heures, tous les jours de la semaine, c'était trop. Il l'a revendue trois ans et demi plus tard pour devenir mécanicien. Il a ensuite été propriétaire d'un restaurant, puis a exploité une entreprise de livraison de pain pendant 32 ans. En même temps, il a vendu des motos, des motoneiges et des tondeuses à gazon dans son garage. Jusqu'à ce que la municipalité l'oblige à mettre fin à ses activités.


"J'ai presque toujours eu deux jobs, raconte-t-il. Ma femme et moi sommes assez religieux; il n'était pas question d'empêcher la famille, et je me suis dit que je ne ferais pas des enfants pour qu'ils soient dans la misère. Si j'avais été salarié, je n'aurais pas pu avoir sept enfants."


C'est aussi dans son garage qu'il a commencé à travailler la fibre de verre, d'abord pour aider un voisin qui voulait construire... une gondole ! Ayant aimé l'expérience, il a refait son balcon en fibre de verre. "Comme mes voisins voulaient avoir un balcon semblable, j'ai créé Fibre de verre Sherbrooke en 1982."


La PME fabrique aujourd'hui divers moules et produits qu'elle développe pour son compte ou en sous-traitance pour des clients industriels.


dominique.froment@transcontinental.ca

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