Entrepreneurs : planifiez votre retraite!

Publié le 24/08/2018 à 07:30

Entrepreneurs : planifiez votre retraite!

Publié le 24/08/2018 à 07:30

Par Institut québécois de planification financière

On nous répète depuis plusieurs années que la génération des baby-boomers arrive à la retraite et que de nombreuses entreprises changeront de propriétaire. Il y a pourtant un frein important pour que les entrepreneurs puissent accéder à leur retraite, et c'est le manque de préparation personnelle pour cette étape importante de la vie.


Plusieurs professionnels, des comptables, des avocats, ou des fiscalistes, prennent bien soin de l'entreprise. Ils s'assurent avec compétence et diligence que les finances de la société se portent bien, que les structures comprenant les sociétés par actions et les fiducies sont maximisées. Les entrepreneurs ont en effet tendance à prioriser leur entreprise et à y concentrer leurs investissements, au détriment de leur propre sécurité financière. Peu importe, se disent-ils, puisque les profits réalisés lorsqu'ils vendront leur " bébé " leur permettront de maintenir leur coût de vie après leur retrait des affaires. 


Cette présomption ne tient pas compte des aléas de la vie, comme la perte de valeur de l'entreprise. On n'a qu'à penser à l'effet du commerce par internet sur les profits des boutiques ayant pignon sur rue, ou encore, aux modifications à la fiscalité qui viennent réduire les avantages fiscaux des PME, comme celles que nous avons vécues depuis juillet 2017.


Ces changements devraient inciter les gens d'affaires à commencer à s'occuper tôt de leurs finances personnelles et à investir dans des outils financiers à l'extérieur de l'entreprise. C'est ici que la planification financière intégrée prend toute son importance. Ainsi, même si les planificateurs financiers ne le recommandent pas nécessairement, la rémunération de l'entrepreneur se fait le plus souvent sous la forme de dividendes. Bien entendu, cela réduit les charges sociales de l'entreprise et le taux d'imposition de l'actionnaire, mais ça ne permet pas aux individus d'avoir accès à la couverture des régimes sociaux, comme le Régime de rentes du Québec, ou de créer des droits de cotisations REER.


Le Régime de retraite individuel (RRI) constitue, lorsqu'il est approprié, un outil très efficace pour planifier la retraite d'un entrepreneur. Il s'agit d'un régime de retraite à prestations déterminées, mis en place pour le propriétaire de l'entreprise, certains membres de sa famille ou pour des employés essentiels. C'est un abri fiscal qui permet d'accumuler des revenus à l'abri de l'impôt, au même titre que le REER, sauf que c'est la société par actions qui cotise et qui assume le déficit actuariel, s'il en est. Le terme « prestations déterminées » signifie que le régime versera une rente déterminée au moment de la retraite ou quand le bénéficiaire atteindra l'âge de 71 ans. L'élément de prévisibilité est alors important. Certains calculs actuariels permettent d'y investir des montants plus importants que la limite de cotisation annuelle des REER. De ce fait, cette solution est tout indiquée pour les propriétaires d'entreprise plus âgés, soit ceux qui ont dépassé le cap des 50 ans, et qui n'ont plus autant de temps devant eux pour amasser un pécule leur permettant de se retirer confortablement, quelles que soient les circonstances financières de l'entreprise.


Les avantages sont intéressants, mais ce type de régime comporte aussi certains irritants. Il s'agit d'un régime de retraite, son administration est donc plus importante. Il y a des frais de gestion qui sont appliqués et les rendements sont soumis à des règles particulières, selon la Loi de l'impôt sur le revenu. Il faut aussi faire une évaluation actuarielle triennale. Si le régime est déficitaire par rapport aux exigences de la loi, l'entreprise doit combler le déficit. L'entreprise assume les coûts d'administration. Par ailleurs, comme le RRI n'appartient pas à l'entreprise, sa valeur ne fait pas partie de ses actifs, ce qui pourrait procurer à l'actionnaire une protection contre les créanciers, les siens propres et ceux de l'entreprise, si les choses tournaient. De plus, en retirant des actifs liquides de la société, le RRI aide à maintenir l'admissibilité des actions à l'exemption du gain en capital sur les actions de petites entreprises. Enfin, un RRI pourrait éventuellement protéger le plafond des affaires de 500 000 $ contre l'application des nouvelles règles relatives aux revenus de placements passifs gagnés dans une PME admissible à la déduction pour petite entreprise (DPE).


Il n'y a pas de solution uniforme pour tous, bien sûr. Plusieurs variables font partie de l'équation. La décision d'implanter un RRI doit être fondée sur l'analyse approfondie des éléments suivants : l'âge de l'entrepreneur, le moment prévu pour la retraite, les droits inutilisés de cotisations REER, la capacité de l'entreprise de payer les cotisations et les frais d'exploitation du régime (dont les évaluations actuarielles et les frais de gestion des actifs). Les entrepreneurs ont tout intérêt à travailler avec un planificateur financier pour les aider à déterminer la stratégie idéale selon leurs circonstances.


Hélène Marquis, LL. L., D. Fisc., Pl. Fin., TEP


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